‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 127 sur 146 · La Photographie française, déc · texte numérisé non relu

La Photographie française, déc

(JHROMOlJHuTO(iRAI»HIK.

Dans ce cas, M. Bertillon1 prend deux photographies, l'une de face et l'autre de profil. La photographie «le face est éclairée de gauche à droite, ce dernier côté étant le moins éclairé; le profit est éclairé par un jour tombant perpendiculairement à la figure du sujet. L'échelle de réduction est de un septième. A la Préfecture de police de Paris, l'emplacement du modèle et de la chambre noire sont réglés d'une façon fixe, de manière à éviter toute erreur et à opérer très rapidement.

Les agrandissements photographiques de papiers suspects permettent de reconnaître les falsifications d'écriture ; on reconnaît de même la falsification des pièces de monnaies, des poinçons de garantie apposés sur les bijoux, etc. Ces applications sont des plus nombreuses.

§ 8. — Chromophotographir.

1507. Anciens procédés. — Les méthodes de chromophotographie peuvent se diviser en deux catégories : la méthode directe ou méthode Interférentielle dans laquelle on peut faire rentrer quelques anciens procédés, et la méthode indirecte par synthèse des couleurs à l'aide de trois négatifs; grâce aux perfectionnements réalisés dans la sensibilisation chromatique, on peut, ;'i l'aide de celte seconde méthode, obtenir des représentations suffisamment approchées et les multiplier.

Les anciens procédés, utilisant la couche de chlorure d'argent violet, fournissent des images à coloration faible, coloration qui ne se conserve que dans l'obscurité. M. de Baint-Florenl ■ emploie les papiers au gélatinochlorure et au gélatino-bromure d'argent du commerce. 11 a obtenu des images par remploi des sels de fer. Il sensibilise une plaque couverte de gélatine dans un bain contenant 1<> -ranimes de perchlorure de fer. ."> grammes d'acide tartrique et 100 c. c. d'e;oi : il l'ait sécher et expose à la lumière derrière une plaque colorée ; il lave à l'eau tiède et il fait sécher. M. Kopp* a légèrement modifié le procédé Poitevin sans arriver au fixage des couleurs. Dans ces derniers temps. M. de Saint-Florent a indiqué le procédé suivant 4 : une feuille de papier à la celloïdine est exposée à la lumière de façon à obtenir une teinte noir rougeàtre : on plonge le papier pendant dix minutes dans un bain contenant : alcool, lu i c. c.j glycérine, 7 c. c; teinture d'iode ;'i 1 » ,,. 7 c. c: ammoniaque caustique. <'» -ouïtes. On sèche, on expose au soleil sous une image colorée pendant une heure, on tixe à l'hyposulfite à 0 °/o : les couleurs semblent disparaître; on lave et on fait sécher au soleil ou à un feu vif : les couleurs apparaissent de nouveau.

M. le capitaine Golson a découvert que l'encre à écrire ordinaire jouit de la propriété d'insensibiliser les plaques photographiques par suite des phénomènes d'oxydation qu'elle provoque lentement. Il a utilisé cette propriété à la fixation des couleurs en insensibilisant la surface sensible lorsque les' couleurs ont été obtenues5. On applique sur l'épreuve terminée un papier bien imprégné d'encre et sec, on laisse le contact s'opérer pendant deux

l, A. Bertillon. Identification* anthropométriques. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 18!l\>. p. m\. — 3. Bulletin de V Association belge de photographie, 1888, p. 845. L. Bulletin delà Société française de photographie, 1896, pp. 963, isu. — 5. Ibid., 15 juillet et 15 décembre 1895.

jours; au besoin, on renouvelle le contact avec un nouveau papier trempé dans l'encre et séché : les épreuves ainsi traitées sont peu altérables à la lumière du jour. L'affaiblissement des images est moins prononcée pour celles sur collodion que pour celles sur gélatine.

1508. Méthode interférentielle de Lippmann *. — MM. Lumière préparent l'émulsion en mélangeant une solution gélatineuse de bromure de potassium avec une solution gélatineuse de nitrate d'argent. Ils font dissoudre : A) eau distillée, 400 c. c; gélatine, 20 grammes; B) eau distillée, 25 c. c; bromure de potassium, 2gr3; G) eau distillée, 25 c. c; nitrate d'argent, 3 grammes. On ajoute à la solution G) la moitié de A), puis l'autre moitié de A) est ajoutée à B) ; on mélange les deux solutions gélatineuses qui en résultent en versant la solution de nitrate d'argent dans celle de bromure; on additionne ensuite d'un sensibilisateur coloré convenable (cyanine, violet de méthyle, érylhrosine, etc.). L'émulsion filtrée est étendue sur les glaces en employant la tournette afin d'obtenir une couche très mince. Lorsque la couche à fait prise, on immerge les plaques dans l'alcool pendant un temps très court, on lave à l'eau, opération qui s'effectue rapidement à cause de la faible épaisseur de la couche, et on fait sécher. Avant d'employer les plaques, on les traite par un bain de 200 c. c. d'eau, 1 gramme de nitrate d'argent et 1 gramme d'acide acétique ; on fait sécher et on expose à la chambre noire, dans le châssis à mercure (A, 1283). On place sur le trajet des rayons lumineux dans la chambre noire une cuve à faces parallèles contenant une solution jaune convenable : jaune Victoria, uranine, ou mieux priinuline. Le révélateur qui convient le mieux est celui à l'acide pyrogallique préparé avec trois dissolutions : A) eau, 200 c. c; acide pyrogallique, 1 gramme ; B) eau, 200 c c; bromure de potassium 10 grammes; G) ammoniaque caustique de densité 0,96 à 18°; ce degré de concentration est très important. On mélange 10 c. c. de A), 15 c. c. de B) et 5 c c. de G); on ajoute 70 c. c. d'eau. Après développement, la plaque est lavée; on la fixe par immersion dans un bain de cyanure de potassium à 5 °/0 : l'immersion dure quinze secondes au maximum ; on lave et on sèche 2.

Les images peuvent être développées par l'emploi d'une dissolution de chlorure cuivreux ammoniacal.

Le Dr Neuhauss a essayé, mais sans succès, de remplacer le mercure comme surface réfléchissante par des feuilles d'étain ou par des glaces argentées. Le châssis à mercure donne les meilleurs résultats. M. Richard3 a construit un châssis contenant un réservoir à mercure. Pour faire passer ce métal derrière Ja couche sensible, il suffit d'incliner Je châssis dans un sens déterminé. Le mercure passe dans le réservoir lorsqu'on pose à plat le châssis pour changer la plaque sensible.

M. Fritsch a construit un appareil spécial permettant d'examiner facilement les chromophotographies.

1509. Méthode indirecte. — Cette méthode, inventée simultanément par Gros et par Ducos du Hauron, a été publiée en 1869. Elle consiste à

1. Comptes rendus , 15 janvier 1891. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1895. — 3. Ibid., 1891, p. 528.

CHROMOPHOTOGRAPHIE.

faire trois négatifs en interposant trois écrans colorés : rouge orangé pour le premier, \ert pour le second, bleu violet pour le troisième. De ces négatifs, on imprime des positifs sur feuilles de gélatine bichromatée étendue sur collodion, imprégnées de matières colorantes insolubles dont les couleurs sont complémentaires de celles des écrans correspondants. Ces trois positifs sont superposés par transfert sur un même support pour obtenir l'image polychrome définitive.

Le triage des couleurs, c'est-à-dire l'analyse du sujet coloré qu'il s'agit de reproduire, se fait à l'aide d'écrans convenables et de plaques photographiques dont la sensibilité a été considérablement et exclusivement exaltée pour les radiations particulières qu'on laisse arriver jusqu'à elles.

MM. Lumière frères et Seyewetz ont utilisé pour réaliser la synthèse des couleurs les propriétés de quelques diazo et tétrazosulfites alcalins. Feer avait constaté1 que des mélangea de combinaisons diazoïquos sultitées avec des aminés et des phénols se colorent lentement à la lumière en donnant une couleur identique à celle que fournit le composé diazoïque non sulfité avec ces mêmes aminés ou phénols. 11 a basé sur cette propriété un procédé photographique limité à un petit nombre de diazo et de tétrazosulfites alcalins. Il imprègne des papiers du mélange de diazosulfite et d'amine ou de phénate alcalin, fait sécher dans l'obscurité et imprime sous un négatif. Lorsque l'image est suffisamment intruse on fixe à l'eau pure ou à l'eau additionnée d'acide chlorhvdrique qui dissout la combinaison non décomposée.

Ces propriétés ont été utilisées par MM. Lumière frères et Seyewetz pour obtenir les monochromes simples : ils ont constaté qu'on peut produire la réaction colorée en imprégnant Le papier du mélange diazoïque sulfité et d'amine ou de phénate alcalin, puis exposant à la lumière, soit en imprégnant le papier de la combinaison sulfitée, exposant à la lumière, puis faisant former la matière colorante en plongeant le papier dans une solution d'amine ou de phénate alcalin. On obtient Le jaune avec le bain suivant: diazoorthotoluidine sulfite de soude. 2 grammes: niétamidophénol (base). 1 grttmme; eau, 100 c. c. : le papier est plongé dans cette solution, puis séché dans l'obscurité. Le rouge s'obtient par L'action de deux bains : A) tétrazotolylsulfite de soude, 1 gramme; oau, 126 c. c; 13) 6-naphtylamine éther chlorhydrate, 8gi5; eau, 125 c. c. On plonge d'abord le papier dans la première solution, puis dans la seconde; on fait sécher dans l'obscurité. Le bleu violacé s'obtient en plongeant successivement le papier dans deux bains : A) tétrazoethoxybenzidine sulfite de soude, 1 gramme; eau, 125 c. c; 15) «naphtylamine éther chlorhydrate, 2ï»5; eau. 1-25 c. c. on fixe ces couleurs par l'emploi «le l'eau chauffée vers 50 ou 60°; on dissout ainsi le composé sullité non însolé9.

Dans La méthode indirecte on emploie les écrans colorés. On peut les obtenir à l'aide de dissolutions placées dans des cuves à faces parallèles. L'écran violet s'obtient avec 7 c. c. de solution concentrée de chlorure de cuivre, 17 c. c. d'eau distillée et 5 c. c. d'ammoniaque; on filtre et on ajoute 3 c. c. de solution concentrée de violet de méthyleB, 5 c. c. de solution

1. Photographia Xews, 1891, p. 96. — SJ. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 196.

concentrée de fuchsine S. L'écran orangé se prépare avec 15 c. c. de solution concentrée de chlorure de cobalt. 35 c. c. d'eau distillée, 25 c. c. de solution à 5 °/o de bichromate d'ammoniaque et 2 à 3 c. c. d'ammoniaque; on filtre avant l'emploi. L'écran vert est constitué par une solution de sulfate de nickel.

MM. Lumière ont réalisé la superposition des monochromes à l'aide d'un procédé nouveau : la colle-forte bichromatée, soluble à froid, qui ne donne pas d'images photographiques avec leurs demi-teintes lorsqu'elle est employée seule, acquiert cette propriété lorsqu'on l'additionne de substances insolubles dans certaines conditions. Si Ton ajoute, par exemple, à une solution de colle-forte à 10 °/0, 5 °/o de bichromate d'ammoniaque et 5 à 10 °/o de bromure d'argent émulsionné, qu'on étende sur verre, qu'on sèche et qu'on insole [sous le négatif, on obtient par insolation suffisante, suivi de lavage à l'eau froide, une image très légère que l'on peut colorer avec des teintures convenable^ par imbibition. On se débarrasse du bromure d'argent par un dissolvant approprié tel que l'hyposulfite de soude. Pour obtenir les épreuves polychromes, on procède à l'obtention successive sur une même plaque de trois images monochromes rouge, jaune et bleu, provenant de trois négatifs correspondants, en ayant soin d'isoler chaque image de la précédente par une couche imperméable, de collodion par exemple. Pour obtenir une grande exactitude et toute l'intensité désirable, il faut partir de couleurs rouge, jaune et bleue, extrêmement vives et pures, et, dans ces conditions, la moindre prédominance de l'un des monochromes compromet le résultat.

M. Nachet a construit une chambre appelée trichromatique, ou chromographe, destinée à obtenir en une seule pose les négatifs nécessaires aux impressions en trois couleurs1. Supposons une chambre noire placée horizontalement, avec deux glaces platinées et translucides, formant entre elles un angle droit, et inclinées à 45° sur l'horizontale; leur intersection est perpendiculaire aux faces verticales de la chambre et à une parallèle à l'axe de l'objectif. Les rayons émanés de l'objectif rencontrent le premier miroir, se réfléchissent partiellement vers le haut de la chambre où ils forment une première image. Une autre portion des rayons traverse la première glace platinée et, après réflexion sur le second miroir, vont former une image sur la face inférieure de la chambre noire; la portion des rayons qui a traversé la seconde glace platinée va former une troisième image sur le fond de la chambre noire. En avant de chaque châssis, sur la partie fixe et aussi près que possible de la place à occuper par les plaques sensibles se trouve le milieu coloré correspondant à l'affectation de ce châssis, soit tout au moins à celui du jaune et à celui du rouge. Ces écrans, retenus par de petits tourniquets, peuvent être enlevés, changés, remis à volonté2. Dans le maniement de cet appareil, il faut que les deux plaques qui posent le moins arrivent à recevoir l'impression dans le même temps que celle qui pose le plus ; l'instrument est utilisable pour l'obtention des portraits à la condition d'employer un objectif â grande ouverture.

Les négatifs étant obtenus, il faut vérifier s'ils donneront par leur super-

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 312. — 2. lbid., 1895, p. 564.

CHROMOPHOTOGRAPHIE.

position une image polychrome dont les teintes sont aussi semblables que possible à celles de l'original. M. Nachet a construit dans ce but le chromoscope 1 qui permet d'examiner simultanément au travers de trois verres colorés les trois positifs imprimés d'après les négatifs. M. Ducos du Hauron avait, dès 1869, indiqué comment on pouvait, au moyen de réflexions sur glace transparente, faire recevoir par l'œil les trois images monochromes qui constituaient ainsi la synthèse de l'image. Gros fit construire, en 1879, un appareil consistant en une caisse noircie à l'intérieur, dans laquelle étaient disposées parallèlement l'une à l'autre trois glaces sans tain : ces trois réflecteurs obliques transmettaient à l'œil et faisaient coïncider les trois dispositifs d'une polychromie, ces dispositifs étant teintés en vert, en violet et en orangé au moyen d'écrans colorés-. Ch. Cros appelait cet appareille chromomètres. Zinck, Nadar, L. Vidal3, Ives'», de Philadelphie, ont construit des appareils permettant d»« voir les photographies en couleur. Dans l'instrument de M. Zink, les trois diapositives sont placées horizontalement; au-dessous d'elles, trois miroirs parallèles inclinés à 'iô<> et disposés suivant une ligne horizontale en donnent à l'œil, placé sur cette ligne, des images virtuelles; les hauteurs des trois épreuves au-dessus des miroirs correspondants sont réglées de telle sorte que les trois images virtuelles se fassent dans le môme plan; les deui premiers miroirs sont des glaces sans tain, le troisième n'est pas translucide; une pellicule violette est appliquée contre la première épreuve, une pellicule verte contre la seconde, une pellicule rouge contre la troisième. Cette disposition est très simple de construction ; d'autres appareils mit été proposés mais ne donnent pas en pratique de bons résultats.

On peut obtenir les images polyrhromes par plusieurs procédés. On utilise les mixtions colorées comme l'a fait, en 1869, M. Ducos du Hauron pour des polychromies transparentes et M. L. Vidal pour «les images vues par réflexion, ou bien l'on opère par le procédé d'imhihition imaginé par C. Gros: on peut, enfin, utiliser les procédés «l'impression mécanique à l'aide des négatifs tramés.

M. Ducos du Hauron a fait connaître un procédé permettant d'obtenir des épreuves Btéréoscopiques en couleur en utilisant trois teintes : le jaune et le rouge servent pour la perspective de l'œil droit, le bleu pour la perspective de l'œil gauche. L'impression en jaune se fait sous le phototype fourni par la lumière violette ; le rouge et le bleu sont fournis parle négatif du vert et celui du rouge orangé, pour obtenir ces négatifs on place dans ta chambre noire binoculaire, en regard de l'objectif de la perspective de droite, une plaque au lac ta te d'argent de Guilleminot. Le côté verre de la plaque doit être bien nettoyé, recouvert d'un enduit bleu-violet au chlorure d'or et tourné veçs l'objectif. Contre cette couche sensible de lactate d'argent est appliquée une mince pellicule jaune servant d'écran pour une seconde plaque sensible (panchromatique Lumière) disposée de façon que le gélatino-bromure d'argent ne soit séparé de La couche de gélatino-lactate d'argent que par le mince écran jaune : les deux phototypes s'impriment donc en même temps. Le troisième est obtenu à travers l'écran rouge

1. Les couleurs en photographie. — 3. Moniteur de la photographie, mars 1879. — 3. La Nature, 1804, p. 0!.— 4. Revue scientifique, 1895, p. 172.

orangé par l'objectif de la perspective de gauche. On place dans le châssis et en face cet objectif une glace nue ayant même épaisseur que la glace portant la couche de gélatino-lactate d'argent; entre cette glace nue et la plaque panchromatique destinée à fournir le troisième phototype on intercale un écran rouge orangé obtenu par la superposition de deux pellicules, l'une jaune, l'autre rouge pourpre. Les trois négatifs doivent être de même intensité. On emploie des diaphragmes de diamètres différents dans les deux objectifs; le plus étroit, si l'on use des plaques panchromatiques, doit être celui de la lumière verte (objectif de droite); la plaque au lactate d'argent donnerait une image surexposée pendant ce temps de pose, si l'on n'employait pas un révélateur très faible. lie révélateur est obtenu par le mélange de trois solutions : A) eau, 1,000 c. c; sultite de soude anhydre, 150 grammes; hydroquinone, 20 grammes ; B) eau, 1,000 c. c; soude caustique, 20 grammes ; G) eau, 1.000 c. c; bromure de potassium, 10 grammes. Les plaques panchromatiques se développent dans un bain contenant 20 c. c. de A), 10 c. c. de B), 1 c. c. de G) et 20 c. c. d'eau. La plaque au lactate d'argent est développée avec 10 c. c. de A), 5 c. c. de B), 5 c. c. de G) et 30 c. c. d'eau.

Les pellicules colorées employées dans ce procédé de M. Ducos du Hauron sont obtenues de la manière suivante. La pellicule bleu-violet est obtenue par l'action du chlorure d'or sur l'acide pyrogallique; on prépare un collodion avec 50 c. c. d'éther à 65°, 50 c. c, d'alcool à 96°, Qsr8 de cotonpoudre, 0g''8 de chlorure d'or, 0ôrr8 d'acide pyrogallique ; après douze heures de contact on ajoute 1 à 2 décigrammes de noir d'aniline B); on recouvre de ce collodion la plaque au lactate d'argent.

Les pellicules jaune et rouge se préparent en dissolvant la matière colorante dans du collodion à l'acétate d'amyle. On fait macérer 40 grammes de curcuma en poudre dans 1 litre d'acétate d'amyle, on filtre au papier et on ajoute 25 grammes de coton-poudre ; ce collodion est filtré au coton ordinaire et on étend 00 ce. de cette liqueur sur une glace du format 18 X 24, nettoyée, talquée et placée sur un trépied à vis calantes; la couche est abandonnée à la dessiccation à-l'abri des poussières pendant un jour ou deux; quand elle est sèche on la détache de son support et l'on obtient ainsi une pellicule jaune. La pellicule rouge se prépare avec : acétatate d'amyle, 1,000 c. c; acide acétique cristallisable, 60 c. c; fuchsine rouge, 3sr05 ; après filtration au papier on ajoute 25 grammes de coton-poudre. Quand la solution est limpide, on étend 50 c. c. de ce liquide sur une glace 18 X 24, talquée et mise de niveau, on laisse sécher. Ces pellicules s'altérant facilement sous l'influence de la lumière, il convient de les conserver dans l'obscurité.

Pour éviter le halo, on enduit le côté verre des plaques orthochromatiques avec un collodion contenant : éther à 65°, 50 c. c; alcool à 96°, 50 c. c; coton-poudre, 1 gramme; noir d'aniline B, 1 gramme. Les divers enduits qui recouvrent le revers des plaques doivent être enlevés avant de développer; il suffit de promener à leur surface une touffe de coton très légèrement imbibé d'alcool additionné d'un peu d'éther.

Pour l'impression en rouge on emploie la laque de garance, le bleu de Prusse pour le bleu et le jaune de chrome pour le jaune s'il s'agit d'images destinées à être vues par réflexion; si les images doivent être vues par

« H I i< iMOPHOTOGRAPHIE.

transparence on remplace le jaune de chrome par le picrate d'ammoniaque

M. Ducliochois a fait connaître sous le nom de tégéotypie un procédé d'impression qui est une variante du procédé par imbibition de Gros. Les images sont obtenues sur pellicules de gélatine bichromatée; on les fait ensuite virer au violet avec une solution de bois de campêche, au bleu avec du bleu de Prusse ou de l'indigo, etc.; on peut aussi employer les couleurs d'aniline. Au lieu de gélatine bichromatée, on peut employer la gomme et l'albumine bichromatées en utilisant des négatifs tramés. La couche d'albumine et de gomme doit être bien régulière et assez épaisse pour fournir une image assez intense.

M. E. Vallot utilise trois couleurs : jaune, rouge et bleu, se décomposant à peu prés simultanément à la lumière; il étend ces couleurs sur papier et expose à la lumière derrière un écran coloré. La couche sensible est obtenue avec trois solutions : A) pourpre d'aniline, alcool, 50 c. c; B) bleu

Victoria, 0k':20; alcool, 50 c. c; C) curcuma, 10 grammes; alcool, 50 c. c. Ces trois dissolutions sont mélangées et on fait tlotter le papier sur le mélange; lorsque 1»' papier est sec, il est exposé au soleil, sous un écran coloré, pendant trois ou quatre jours : l'épreuve est terminée au sortir du chàssis-presse sans autre opération2.

M. Joly, do Dublin8, emploie comme écran coloré une glace tramée tricolore : une des faces de la glace est entièrement recouverte de lignes très lines, de même sens, très serrées et tracées avec des pigments transparents dont chacun ne laisse passer qu'une des trois couleurs fondamentales, rouge, vert et bleu indigo; toutes les lignes de même couleur sont équidistantes, car les mêmes colorations se succèdent toujours dans le même ordre. Ce réseau est appliqué contre la glace sensible dans la chambre noire pendant la pose; au développement, L'image correspondant aux rayons rouges est constituée par une sorte de réseau de lignes parallèles qui, dans le diapositit' tiré par contact, sera transparent. Si on applique alors le dispositif obtenu en le repérant de façon précise sur une glace présentant rigoureusement la même disposition que La première, puis qu'avec une lanterne à projection on projette le tout sur un écran bleu, on obtiendra une image colorée vue 6 travers ans grille constituée par Le réseau. L'aspect de ces images est un peu monotone : elles peuvent être comparées à des pastels faits par un artiste qui ne se serait servi que de crayons rouge, vert et bleu, en procédant par hachures parallèles régulièrement enchevêtrées.

BIBLIOGRAPHIE

MICROPHOTOGRAPHIE.

Stein (!)'• S.). Daè mikroskop and die mihrographische Technick zum Zwecke pliotograpltisclter Darslellang .

1. Bulletin de la Société française de photogràphie, 1890, p. 480. — 2. Photo- Gazette p. 98. — :5. Moniteur de la photographie, 18i>.>.

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