‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 16 sur 146 · L. Aide-mémoire de photographie 1890, p. L · texte numérisé non relu

L. Aide-mémoire de photographie 1890, p. L

tir d'une position qui correspond au plan du micromètre, c'est-à-dire de la mise au point optique. Au développement on trouve disposées circulairement sur cette plaque une vingtaine d'images correspondant à des plans équidistants s'écartant régulièrement, de part et d'autre, du foye-r optique; en les examinant, il est facile de constater si le maximum de netteté correspond à ce foyer optique, et, par suite, si l'objectif a un foyer chimique. On peut constater aussi les différences de netteté de part et d'autre du maximum. En répétant la même opération pour divers axes secondaires, on réunit tous les éléments nécessaires pour déterminer réellement le volume focal, et même, grâce aux traits rectangulaires dessinés sur la mire, les deux volumes focaux d'astigmatisme l.

1316. Remarques sur les essais des objectifs. — Pour comparer divers objectifs, les essais faits à la mire, et en particulier par le procédé de Zcshoke, sont ceux que l'on doit préférer : on obtient par ce procédé une section droite des surfaces focales dans le cas où l'objectif travaille en réduisant l'image au dixième de sa grandeur; on n'est donc pas très éloigné des conditions dans lesquelles travaillera réellement l'objectif s'il s'agit d'instruments destinés à reproduire des paysages, monuments, etc. L'essai des objectifs des' tinés aux reproductions de cartes, plans, etc.. peut fort bien être fait à l'aide de la mire.

L'essai à l'aide de mires placées à grande distance, et par mires à grande distance il faut entendre celles qui sont situées à 30 mètres au moins de l'appareil et qui sont constituées par les objets les plus divers (tiges de paratonnerre, girouettes, enseignes, joints de briques, persiennes de fenêtre, etc.), ne fournissent pas toujours des résultats absolument comparables; de plus, ces essais ne peuvent être effectués par tous les temps. Ils ne fournissent des résultats bien concluants que si l'on opère par un temps calme et a l'abri des rayons solaires. Lorsque les objets visés sont chauffés par le soleil, l'air est en mouvement au voisinage de ceux-ci. Par suite de la différence de densité de l'air chaud et de l'air froid, les images formées au foyer des objectifs sont plus ou moins ondulantes; les épreuves que l'on obtient sont plus ou moins floues, surtout s'il s'agit d'images dites instantanées. L'examen à la loupe du négatif peut alors faire rejeter comme mauvais un objectif qui en réalité est fort bon.

Cette cause d'erreur se produit particulièrement lorsque d'un point élevé d'une ville on vise au-dessus des toitures des maisons : l'exa-

1. E. Wallon, Annuaire international de la photographie, 1895, p. 27.

ESSAI DES OBJECTIFS

meii de diverses épreuves faites avec un même objectif, à des heures différentes de la journée, montre combien ce genre d'essai est défectueux dans certains cas. Ces essais ne sont pas toujours possibles: aussi vaut-il mieux employer la mire qui, dans tous les cas, fournit des chiffres à l'aide desquels on obtient une notion suffisamment précise de la valeur de l'objectif.

Parmi les diverses causes qui font varier la qualité d'un objectif, surtout lorsqu'il s'agit d'instruments fabriqués avec les nouvelles matières, il convient de citer la flexibilité du verre : il faut donc éviter de visser trop fortement les objectifs dans leurs rondelles ; la pression que les lentilles éprouveraient de ce chef pourrait non seulement modifier leur forme, mais encore l'état moléculaire du verre [.

Les brusques variations de la température sont aussi très préjudiciables à certains objectifs fabriqués en verre d'Iéna. Indépendamment de la buée qui se dépose sur les verres quand la température s'élève brusquement, ces verres peuvent éprouver le phénomène de la trempe par un brusque refroidissement; ce sont surtout les bons objectifs qui sont sujets à ces accidents, qu'il est d'ailleurs facile d'é viter.

BIBLIOGRAPHIE

HOUDAILLK. Méthode d'essai des ohjecti/'s.

Féry et Burais. Traité de photographie industrielle. {, Veuteche Photographes Zeitung, 1895, ir 22.

CHAVJTRE IV.

DESCRIPTION DES NOUVEAUX OBJECTIFS PHOTOGRAPHIQUES i

| 1. — Généralités.

1317. Perfectionnements apportés à la fabrication des objectifs. — Le nombre des objectifs photographiques s'est considérablement accru dans ces dernières années : cela tient aux matières récemment mises à la disposition des opticiens et, en particulier, des verres à la baryte, verres qui ont été obtenus pour la première fois en France, mais dont l'application aux instruments d'optique n'a pu être faite d'une façon sérieuse qu'en 1884 en Allemagne, grâce aux subsides du gouvernement allemand. La construction des objectifs de microscope a été entièrement modifiée par l'apparition de ces nouvelles matières, et, dès 1886, nous avons signalé l'importance que présentaient ces verres pour la construction des objectifs de photographie1. Ces verres à la baryte modifiaient tellement les résultats antérieurement obtenus, que peu de fabricants les adoptèrent. C'est grâce aux travaux du Dr Rudolph que les opticiens produisant des objectifs photographiques ont reconnu tout le parti que l'on peut tirer des matières qui, ayant même indice de réfraction, ont des dispersions différentes. Le succès obtenu parles anastigmats (A, 1065) a décidé les plus hésitants à entrer dans la voie nouvelle, si brillamment inaugurée par Zeiss. Nos verriers se sont mis à l'œuvre et. grâce à l'habileté et à la persévérance de M. Mantois, fabricant verrier à Paris, les nouvelles matières obtenues peuvent hardiment supporter la comparaison avec les matières étrangères. Certaines d'entre elles (les crowns-baryum lourds, par exemple), sont supérieures à ce qui se fait dans les autres pays, à

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