Aide-mémoire de photographie pour 1898, p
8. Bulletin de la Société française de photographie, 1895, p. 321.
CHAMBRES NOIUES.
saillie; par suite, les organes essentiels sont à l'abri des dégradations qui pourraient se produire extérieurement.
Les chambres à main construites par M. Brichaull sont munies de châssis métalliques portant sur leur grand côté un til métallique recourbé en crochet. Ces crochets pénétrent dans des guides, tandis que le côté opposé de la plaque s'applique contre une dent métallique qui se trouve en haut de In chambre. Après la pose, le crochet est soulevé et la plaque tombe dans le fond de la chambre noire.
L'appareil construit par le Comptoir suisse de photographie, <q livré sous le nom de Guillaume-Tell, présente un mode de changement de plaque analogue à celui du Folif/raplie : toutes les plaques sont placées verticalement à l'arrière de l'appareil. Au moyen d'une manette, on les t'ait tomber horizontalement au tond quand elles on! posé. Le mécanisme a été étudié pour qu'il soit impossible que la plaque refuse de tomber ou qu'au contraire il en tombe deux à la t'ois.
Pour diminuer l'épaisseur du magasin contenant les surfaces sensibles, M. Suter dispose les vingt plaques de son appareil «.) x 12 sous la chambre noire; un volet les amène successivement dans le plan focal principal, et lorsque la pose est faite les transporte dans nu compartiment pouvant contenir dix glaces; quand il n'y a plus de place, on les fait passer par une manœuvre très simple dans un autre compartiment, en même temps qu'un compteur indique le nombre de plaques posées1.
L'appareil construit par M. Edendozza présente oeeJ de particulier que,
tout en contenant un magasin pour dou/.e plaqiKM, M Btl moins volumi-
neux qu'un appareil à châssis. Le constructeur a ménagé un tiroir rentrant à Tinté-rieur de l'appareil et qu'il BUffll de tirer à moitié | • ne pus
masquer les rayons traversant l'objectif; dans cette position '/'.'/• I5€)x les
plaques placées dans des cadres métalliques basculent chaque lois que l'une d'elles a été impressionnée, et elles viennent se loger dans h' tiroir
rentrant, c.e tiroir est tixé à l'appareil par une charnière d'un côté et guidé
à l'autre extrémité par une pièce cintrée qui décril nu arc de cercle; un
1. Bulletin de la Société française de photographie, ls:t.t, p. 809.
verrou fixe le tiroir obliquement. Lorsque les douze plaques ont été impressionnées, le magasin qui les a reçues peut basculer entièrement pour permettre de les retirer dans le cabinet noir.
M. Hanau a établi un modèle d'appareil désigné sous le nom de « The Pxepeater » (fig. 157 et 158) permettant d'obtenir des épreuves de format 9 X 12. Ce modèle, qui a élé imité par bien des constructeurs, permet
Fig. 157. Fig. 158.
d'obtenir des épreuves très nettes. 11 suffit d'agir sur un bouton pour que la plaque qui a subi l'action de la lumière soit remplacée par une nouvelle surface sensible, en même temps qu'un marqueur indique le nombre de plaques exposées; chaque plaque se loge dans un porte-plaque à crochet qui permet un escamotage et un isolement parfait des plaques. Le même modèle pour le format' 4,5 X 0 est de dimensions très réduites ifiO- 159).
Fig. 159.
La chambre à main à répétition construite par M. Mackenstein présente pour le format 0 x 12 les dimensions suivantes : 14 x 17 X 22 centimètres. Dans cet appareil, l'obturateur est facilement réglable par une vis formant frein. Deux viseurs permettent de suivre les mouvements du sujet à photographier, suivant que l'on veut obtenir une image dans le sens de la longueur ou dans celui de la hauteur. Après la pose, on peut retirer les plaques impressionnées sans toucher à celles qui n'ont pas été impressionnées; une cloison sépare, en effet, les unes d'avec les autres,
CHAMBRES NOIRES
L'appareil désigné sous le nom de Trokonnett présente un système d'eseamotage tout spécial. On utilise comme surface sensible des pellicules montées sur carton noir. Elles sont fixées sur ce carton au moyen d'une bande métallique rabattue; elles portent sur deux côtés opposés deux encoches servant à caler la pellicule dans le cadre du magasin. Ce cadre se rabat comme le feuillet d'un livre, et, dans ce mouvement, abandonne la pellicule; lorsqu'on le relève, il vient saisir de nouveau une pellicule non impressionnée et la met en place pour qu'elle puisse être exposée1.
11 convient de citer parmi les appareils utilisant des pellicules sensibles le Bull's Eye remarquable par sa légèreté : il pèse à peine 000 grammes et permet d'obtenir des images de 9 centimètres de côté sur pellicules Bl air. (les pellicules sont montées sur bobine de bois et renfermées chacune dans un étui opaque qui les protège contre la lumière. Le même mode de chargement est employé dans les nouveaux kodaks (A. 1138).
Il est quelquefois utile d'effectuer la mise en plaque et la mise au point sur l'image même donnée par l'objectif photographique : on peut dans ce but utiliser deux chambres ordinaires munies de deux objectifs dont l'un sert de viseur iA. 1128). ou bien employer des dispositifs spéciaux. M. Londe n'utilise qu'un objectif et place derrière celui-ci un prisme à réflexion totale qui renvoie L'image sur un verre dépoli disposé à la partie supérieure de b< chambre noire. Au moment d'opérer, il suffit de retirer le prisme et l'image vient se former sur la plaque sensible; cette manœuvre s'effectue automatiquement par le déclenchement de l'obturateur. Il suffit d'armer de nouveau l'obturateur pour que l'1 prisme reprenne sa place et que l'image réapparaisse dans le viseur {fig. et t6i).
1, Bulletin de la SociiHt' franraise ttr photo(/r<rj>lti<', IS'.C», p. 112,
Un appareil du même genre a été construit par M. Dubosc 1; mais la mise au point est faite à l'aide d'une lunette à double réflexion totale. Derrière l'objectif photographique se trouve un prisme à réflexion totale qui renvoie l'image sur le côté de la chambre ; cette image, reçue par un second prisme, est de nouveau réfléchie, celte fois suivant l'axe de la chambre : on l'examine à l'aide d'un oculaire terrestre dit oculaire redresseur. Cette image vient se former sur une glace portant des traits en croix formant réticule et servant à la mise au point pour la vue normale de l'opérateur. Le second prisme est fixe; le premier est actionné par le mécanisme de l'obturateur et un jeu de trappe intercepte toute lumière sur les glaces sensibles pendant la mise au point.
Au lieu d'employer un prisme à réflexion totale, on peut. employer un miroir incliné à 45° sur l'axe de l'objectif. Ce miroir sert d'obturateur à volet et permet à l'image de se former sur le verre dépoli tout comme
dans les viseurs ordinaires; ce verre dépoli se trouve à la partie supérieure de l'appareil. Pour la facilité de la construction du mécanisme de l'obturateur, il est bon que le miroir soit placé aussi près que possible de l'objectif : le miroir est alors tout petit, peut être déplacé rapidement et le temps de pose est très réduit. M. Smith a réalisé un dispositif de ce genre. La chambre à main de M. Smith est construite en France par M. Tourtin: cet appareil est appelé orlhoscope. M. Loman a établi des appareils du même genre2, et dans la Normal-reflex-Camera du Dr Krugener qui contient le miroir obturateur, on évite l'insuccès qui consiste à exposer deux fois la même plaque. Ce dernier appareil, construit pour les formats 9 X 12 et 13 x 18, possède un dispositif particulier qui empêche d'armer l'obturateur tant que la plaque exposée n'a pas été changée. Ces perfectionnements se trouvent réalisés dans la chambre noire qui a été construite
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1893, p. J.ri.
2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1892, p. 146.
Fig. 162.
CHAMBRB8 NOIRES. QQg
sous le nom de semper presto caméra*. Cet appareil, établi par Beriliiot, était disposé pour le format 9x li: L'objectif servait de viseur à l'aide d'un miroir G {fig. i62) qui renvoyait l'image se former sur le verre dépoli B. En pressant sur le bouton d'un levier, l'obturateur se trouve déclenché et la plaque e3t Impressionnée; en continuant la pression, l'obturateur est armé à nouveau et la plaque est changée. Une seconde manœuvra n'est possible que lorsqu'on a ramone le levier à sa position primitive; on ne peut donc faire poser deux lois de suite la même plnque. Un compteur automatique actionné par le mouvement du levier indique le nombre de plaques impressionnées. L'obturateur est du genre des obturateurs «lits à persiennes. Il se compose d une série de lamelles se recouvrant et pouvant, sous l'action <l'un ressort, tourner de 90° sur leur axe, de façon à démasquer la plaque contre laquelle elles sont placées. Les magasins renferment douze plaques; ils peuvent être séparés de l'appareil en pleine lumière et remplacés soi! par un autre magasin, soit par des châssis : ces châssis sont disposés «le telle sui te qu'en plaçant le châssis dans sa rainure l'obturateur se trouve armé en même temps que ta plaque sensible est automatiquement démasquée; après la pose, le volet du châssis se referme de lui-même, de telle sorte qu'on peut le retirer de l'appareil sans aucune précaution.
Dans le photo-vélographe de M. Merville3, la mise au point simultanée se
fait à l'aide d'un objectif Identique à celui qui doit tonner l'image sur la plaque sensible : l'un <les objectifs sert uniquement à projeter l'image de la vue à photographier sur un large verre dépoli placé sur le dessus de l'appareil; le miroir qui réfléchi! l'image es( fixe contrairement à ce qui a lieu dans les appareils décrits plus haut. M. Français a construit un appareil du
même genre.
Un certain nombre d'appareils ont été établis pour utiliser les pellicules ou papiers sensibles : les mis emploient les pellicules enroulés sur
bobine, et parmi ces derniers il convient de citer lVc/<t*Vew* de Fleury- Hermagis. Dans cet appareil, l'un des meilleurs que l'on puisse employer avec les pellicules sur bobine, un mécanisme très simple et très robuste permet, au moyen d'une seule clef, de manœuvrer simultanément et sans rdlés le déroulement d'une même longueur de nouvelle pellicule, le pointage pour séparer les diverses vues, le numérotage et le réarmement de l'obturateur.
Pour l'emploi des plaques soupirs on pellicules coupées au format 9x1^, on i » « m 1 1 utiliser avantageusement la chambre noire de M. Krugener. Cet instrument, appelé le cinquante plaques, renferme ce nombre de pellicules ou plaques souples placées dans une bande de papier repliée sur elle-même. Ces plaques sont maintenues par un onglet colle sur la moitié de sa largeur en bas de chaque pli : on forme ainsi un bloc de cinquante platines. La première plaque s'appuie contre une feuille de verre transparent, sans défauts, disposée à la place de la -lace dépolie; l'extrémité de la bande de papier qui contient toutes les plaques passe entre deux rouleaux placés
1. Aide-m \moirede photographie pour 1896, p. 11"». i. Moniteur de la photographie, 1892, p. 185.
Bulletin de la Société française de photographie, ls'*~>. p. 170.
TRAITE ENCYCLOPEDIQUE f>E PHOTOGRAPHIÉ.
derrière la plaque de verre. Si l'on tire sur cette extrémité, la pellicule sensible est ramenée dans une sorte de magasin situé à la partie supérieure de l'appareil , tandis que la pellicule suivante vient prendre sa place ; à chaque changement de plaque, on rejette le papier noir qui servait de support à la pellicule1.
1370. Qualités des appareils à main. — Les qualités que doit posséder un appareil à main aussi parfait que possible sont souvent inconciliables: ces qualités sont relatives à l'ensemble de l'instrument qui doit toujours être prêt à fonctionner : c'est la principale raison d'être des appareils à main. La mise en plaque, la mise au point du sujet doivent être faits pour ainsi dire instantanément. Les plaques doivent être en nombre suffisant et pouvoir se substituer rapidement les unes aux autres sans erreur dans ce changement de plaques; enfin, l'appareil sera assez léger pour que l'opérateur puisse réaliser facilement le maximum de stabilité pendant la pose à la main; il sera de faible volume afin que son transport soit facile. Ces deux dernières conditions sont réalisées soit par l'emploi des pellicules, soit par l'emploi d'appareils donnant des épreuves de petit format ( 9 x 12 et au-dessous).
La durée du temps de pose doit être aussi courte que possible (et cela pour deux raisons : le sujet se déplace, l'appareil tenu à la main n'est jamais dans une position absolument stable). Cette condition impose l'emploi d'un objectif très lumineux permettant de travailler avec une ouverture égale à f/S ou f/9 au minimum et couvrant nettement avec cette ouverture la plaque à laquelle il est destiné. Cela ne suffit pas, car les sujets que l'on photographie avec un appareil à main ne sont pas disposés sur un seul plan vertical; il faut que l'objectif couvre la plaque et donne avec l'ouverture f/S à f/9 une image nette d'objets placés dans des plans souvent trop éloignés les uns des autres. Nous avons vu que ce résultat est obtenu d'une façon plus ou moins parfaite avec un diaphragme donné et pour une netteté déterminée, suivant la longueur focale absolue de l'objectif. Ainsi, avec un objectif de 0m10 de foyer et un diaphragme f/lO, la distance hyperfocale est à 10 mètres pour la netteté du dixième de millimètre, c'est-à-dire que si le premier plan est à 10 mètres et que l'objectif couvre la plaque, toute l'image sera nette au dixième de millimètre. Avec un objectif de 0m05 de foyer, dans