Photographie, 1894, n
2. Bulletin de la Société française de photographie, JH9H, p. 225.
ACCESSOIRES DIVERS
teiii1 : la tête du pied est fixée aux deux branches de l'arrière par une sorte de charnière qui est rendue mobile ou lixe par le desserrage ou le serrage d'une vis. Quand on a un certain nombre d'épreuves à faire, l'axe de l'objectif étant vertical, on emploie avec avantage le dispositif recommandé par M. Hepwoerlb 2, dispositif très pratique et dans lequel la chambre noire est lixée sur un support vertical constitué par les trois arêtes d'un prisme droit à base triangulaire; une plate-forme rectangulaire, susceptible de se mouvoir de bas en haut, perpendiculairement aux arêtes du prisme, sert à recevoir une plaque de verre sur laquelle on place les objets à photographier : la transparence du verre supprime les ombres portées un peu fortes.
Les pieds a trois branches sont en général munis de pointes é leurs extrémités; mais ces pointes n'empêchent pas toujours les branches du pied de glisser sur un parquet <>u sur <!<■> dalles. Plusieurs moyens permettent d'éviter cet inconvénient. 11 suflit d'entourer l'extrémité de chaque branche dans un bout de tube de caoutchouc* contenant un bouchon de liège; on
ig. 168.
peut aussi, comme l*a tait M. Chorretier*, placer ;'• l'extrémité de chaque branche de petites sphères de caoutchouc qui donnent une base solide dans
tous les cas.
La irtr de pied établie par M. Hanlin permet aussi toutes les inclinai-
sons de la chambre noire : celte tète porte un arc de cercle gradué qui permet un repérage facile; un niveau indique >i la plate-forme est dans un plan horizontal lorsque l'index est au 0 {/ig, 163 et 164), Le inâme constructeur ;i construit un pied à glissières continues qui offre tous les avantages des pieds ;'i coulisse avec boites sans en avoir les inconvénients. La
t. Bulletin delà Société fivmçoist de photographie, L80S, p. 066. % Photo-Gazette, 1896, p. -V>.
;;. Ibid., 1896; p. L88.
ligure 165 montre le dispositif adopté pour assurer le serrage des branches. M. Berteil1 a établi une tête de pied du même genre.
Les pieds à trois branches sont souvent disposés de manière à présenter l'aspect d'une canne facilement transportable. MM. Poulenc frères2, Gilles, Fauve], Sauret et d'autres constructeurs ont établi dans ce type des piedscannes très légers. MM. Poulenc l'ont modifié de manière à le transformer en chevalet pour la peinture. Pour diminuer encore le poids de ces appareils sans nuire à leur solidité, on a employé l'aluminium. M. Boschmanns3 a repris la construction du pied-canne de Pons (I, 110). Le pied est constitué par une forte canne divisée dans toute sa longueur en trois sec-
tions reliées en un point placé aux deux tiers de la hauteur et qui forme pivot; on adapte à la partie supérieure une planchette sur laquelle repose l'appareil.
Lorsque la chambre est de petite dimension, il convient d'employer le pied dit Télescopic. Ce pied se compose de trois séries d'un certain nombre de tubes creux rentrant les uns dans les autres comme ceux des lorgnettes : l'arrêt des tubes tirés se produit à l'aide d'un taquet à ressort. Pour faire rentrer les tubes l'un dans l'autre, il suffit d'appuyer sur un taquet. Le poids de ces pieds est d'environ 500 grammes en aluminium, 600 grammes en acier et 900 grammes en laiton. Le pied occupe, replié, un espace conique d'environ 0m35 de longueur et 0m06 de diamètre. Son transport est facile, même sur un guidon de bicyclette4.
2. Bulletin de la Société française de 'photographie, 1892, p. 324.
3. Bulletin de V Association belge de photographie, 1892, p. 955.
4. Bulletin de la Société f rançaise de photograplùe, 1895, p. 330.
Fig. 165.
Fig. 166.
ACCESSOIRES DlVEHS.
Dans le système de pied à trois branches construit par M.Thornton- Pickard, les branches sont à deux ou trois brisures se déployant facilement ; chacune des brisures se lixe à l'aide d'une articulation automatique {ftg\ W>1 et Î68). Le système particulier par lequel les branches se rattachent à la tète du pied permettent de leur donner un écaitement considérable. Dans le modèle de pied à trois brisures, la branche inférieure peut coulisser comme dans tous les appareils de ce genre. La tête triangulaire sur laquelle se fixe la chambre noire est en acajou recouvert d'étoile et un dispositif spécial permet de rabattre, dans l'épaisseur du bois qui forme ce triangle, la vis ser-
Fig. 167. frig. 168.
vaut à fixer la chambre noire sur le pied. Cette vis peut tourner dans une douille en cuivre qui, contrairement à ce qui a lieu pour les appareils analogues, n'est pas invariablement iixée dans le plan de la base supportant la chambre. La douille peut tourner de 90° autour d'un axe situé un peu au-dessous du plan de cette base, de sorte que la vis et sa poignée ayant tourné de î)0° viennent se loger dans une ouverture ménagée dans la base du triangle de bois.
Dans le. pied-canne <!<• M. Richard1, lu canne est formée de trois tubes triangulaires en cuivre; dans ce tube coulisse une tige pleine, également triangulaire, en aluminium. Cette ti^r«' porte, à son extrémité supérieure, un ressort-taquet d'arrêt, et 1«' tube dans lequel elle coulisse présente le long (h; L'arête intérieure un.' Bérie d'encoches dans lesquelles le taquet s'engage et (lui permettent de régler à volonté la hauteur du pied. Lorsque les tiges sont rentrées dans 1rs tubes, les trois branches de section triangulaire se referment et forment La partie cylindrique de la canne. Les trois extrémités sont réunies par un bouchon à baïonnette. La tète .lu pied constitue la pomme de la canne, laquelle est <'ii deux parties : l'une, en corne, sert d'appui à la main: l'autre, en métal, porte L'écrou au pas du Congrès et les saillies sur lesquelles viennent s'appliquer à charnières les trois branches. Dans le pied-canne établi par M. Mackeiistein , les trois portions de la canne sont constituées par des tubes d'acier2.
1. Bulletin </<> hi Société française de photographie^ 1896, p. 226. %, Bulletin du Photo-Club ''<■ Paris, 1885, p. 127.
TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOG HAPHIK.
Les pieds lélescopiques sont établis par plusieurs constructeurs qui ont cherché à en réduire le volume et le poids. En général, ces réductions amènent comme conséquences, soit un manque de stabilité du système, soit un manque de solidité de l'appareil, qui se fausse par suite des légers chocs qu'il est h peu près impossible d'éviter en excursion.
1372. Châssis à glace dépolie. — Presque tous les constructeurs ont adopté le châssis à glace dépolie faisant corps avec la chambre noire pendant la pose: on évite ainsi les accidents provenant de la fragilité de ce verre dépoli, que l'on remplace aujourd'hui dans les appareils de voyage par une lame de celluloïd transparent revêtu de gélatine, ou plus simplement par une lame de celluloïd translucide sur laquelle la mise au point se fait assez bien. Le seul inconvénient de ces surfaces provient de ce qu'elles ne sont pas toujours très planes : leur grain est très fin. On obtient d'ailleurs très facilement un grain de cette nature en prenant une glace sensible ordinaire que l'on immerge dans l'hyposulfite de soude, de manière- à éliminer tout le bromure d'argent qui la recouvre; on lave avec soin et on plonge la glace ainsi préparée dans un bain de chlorure de baryum; l'immersion doit durer environ une demi-minute; on retire la plaque et on la plonge dans l'eau contenant soit un sulfate, soit quelques gouttes d'acide sulfurique ; on maintient la plaque continuellement en mouvement, et on obtient ainsi une surface dépolie à grain très fin. On peut colorer en bleu la couche de gélatine en recouvrant celle-ci d'un vernis contenant un peu de bleu d'aniline dissous dans l'alcool. Ce vernis est d'ailleurs répandu sur le côté poli d'une glace dépolie; il permet de se rendre compte par l'examen de l'image de l'effet que fera la reproduction d'un paysage.
La glace dépolie servant à la mise au point de l'image peut se briser et on n'a pas toujours la facilité de la faire remplacer pendant une excursion. On peut la réparer par le procédé suivant : on plonge dans l'eau bouillante un oignon, on le retire de l'eau et on le presse : il sort alors une quantité abondante d'un liquide dont les propriétés adliésives sont remarquables; il suffit d'enduire de ce jus une feuille de papier mince et de la coller sur les fragments de la glace, fragments que l'on a convenablement rapprochés. Les étiquettes gommées, qui se séparent si facilement du verre, adhèrent à demeure si elles sont enduites de jus d'oignon. On peut aussi remplacer provisoirement le verre dépoli soit par du papier huilé, soit par une étoffe de fine batiste que l'on tend sur le cadre du verre dépoli; enfin, on peut étendre sur un verre une couche mince d'une substance suffisamment translucide. On peut, par exemple, rouler sur le verre avec la paume de la main
ACCESSOIRES DIVERS
un rouleau do mastic de vitrier: on obtient ainsi une surface présentant l'aspect d'un dépoli Irôs lin. Cette légère conclu' de mastic, en séchant, devient très résistante.
Il est bon que la glace dépolie porte les divisions correspondantes aux divers formats de l'image que l'on veut obtenir et un quadrillé en centimètres. Les lignes centrales de ce quadrillé seront divisées en millimètres : celte division fournira des indications très rapides, par le seul examen de l'image, sur la longueur focale de l'objectif à employer pour obtenir une bonne mise en plaque,
La mise au point exacte doit être faite à l'aide d'une loupe. L'examen de ('image dans la partie correspondant aux angles de la glace dépolie ne s'effectue pas facilement avec les loupes usuelles; pour obvier à cet inconvénient, M. Turillon a modifié la partie de l'appareil qui s'applique contre la glace : elle est formée d'une sorte de diaphragme qui reste lixe et Immobile contre le verre dépoli, tandis que la lôupe peut 8 incliner dans tous les sens.
1373. Viseurs. Dans les appareils h main, la mise au point B'effectue
le plus souvent à l'aide d'une graduation Indiquant la distance du sujet à
l'appareil. La mise en plaque se fait en examinant l'image dans un viseur, appareil qui est constitué soit par un chercheur focimétrique du genre de celui de M. Da vanne, s«»it simplement par ans petite chambre noire. L'appréciation de la distance s'effectue à l'aide de véritables télémètres spécialement gradués pour la photographie. Parmi les appareils les plus pratiques pour atteindre ce résultat se trouvent le plésiomètre d'Hermagis et le Duhé. Ces appareils se composent d'un objectif qui envoie l'image sur un verre dépoli; une loupe dont <>n régie à l'avance la DOSi tion par rapport à ce verre dépoli permet de voir cette image suffisamment agrandie. L'appareil étant ainsi réglé à la vue de l'opérateurj il BUffit,
Fig. te».
pour connaître la distance d'un objet à l'observateur, de viser cet objet et de taire varier le tirage de la lunette jusqu'à ce que l'image se forme nettement sur le verre dépoli; la distance cherchée est alors donnée par une graduation gravée sur le tube. Dans le plésiomètre dUermagia [ftg. (69)t pour obtenir le maximum de netteté, on agit sur un coulant hélicoïdal: il suffit alors de lire quel numéro a été ainsi amené en face d'un repère fixe gravé sur le tube de la lunette; ce numéro donne la distance cherchée. Si l'on utilise le Duhé {fig. 170) coastruil par M. Gaumont', on fait mouvoir le
l. Photo-Oasette, 1885, p. 355,
grand tube G de l'appareil jusqu'à mise au point de l'image sur le verre douci G ; on lit alors le numéro en G affleuré par le bord du tube externe en C.
Ces télémètres, grâce à une graduation spéciale, peuvent servir pour la mise au point des téléobjectifs. Pour cet objet spécial, un des meilleurs télémètres est celui du commandant Stroobans1. Cet appareil permet d'apprécier avec une exactitude suffisante la distance du point où l'on stationne d'un autre point éloigné, bien visible. Lorsque le grossissement du téléobjectif est considérable, l'image est difficilement visible sur le verre dépoli;
Fig. 170.
une graduation établie d'après la distance de l'objet à la plaque sensible et d'après le grossissement employé permet une mise au point très exacte.
Les viseurs les plus simples sont du type du focimètre Davanne (voir fig. 150); mais le cadre métallique doit limiter une image semblable à celle donnée par l'objectif. Dans certains viseurs, ce cadre est remplacé par une lentille divergente, que l'on emploie seule ou associée à une lentille convergente contre laquelle on place l'œil pour regarder le sujet à photographier. L'emploi de cet appareil suppose que l'on utilise la chambre à main en la tenant à hauteur des yeux; c'est la position la plus correcte sous le rapport de la perspective du sujet.
Les petites chambres noires qui servent de viseurs ne présentent rien de particulier ; il faut graduer ces viseurs empiriquement pour déterminer les
|M 2? 5? Infini
Fig. 171. Fig. 172.
dimensions de l'image à 1 mètre, 2 mètres, 5 mètres et l'infini {fig. 171 et 172). Certaines sont munies d'un miroir incliné à 45<> sur l'axe de la lentille qui sert d'objectif, de manière à ce que l'image se forme sur la partie supérieure de la petite chambre noire où se trouve un verre dépoli protégé par
1. Bulletin de V Association belge de photographie, 1895, p. 447.
ACCESSOIRES DIVERS
un abatjoor mobile (fig. 173). Dans certains viseurs, le miroir est mobile, peut se rabattre, soit à la partie supérieure, soit à la partie inférieure de l'ap-
Pig. m.
pareil : on examine alors L'image comme dans une chambre noire ordinaire. Ces images, en général, manquent de clarté et ne sont souvent pas visibles en plein soleil. Cet Inconvénient n'existe pas 'm employant une simple len-
Pig. 17 1.
tille divergente qui. interposée entre Pœil et le sujet, réduit très notablement les dimensions de celui-ci. Cette lentille divergente B, employée dans de bons appareils tels que la jumelle Belliéni (/<>/. Î74), porte deux traits en
croix permettant de déterminer le centre de l'image. M. Balbreck1 obtient une image très brillante en employant comme objectif du viseur une lentille biconvexe, derrière laquelle se trouve un ménisque convergent. L'image formée par cet objectif est reçue sur une lentille dont l'axe se confond avec celui du système objectif, si la visée doit être faite à hauteur des yeux (/îg. 175). Si l'on veut viser en tenant l'appareil à hauteur de la poitrine, on soulève un couvercle qui entraîne avec lui un petit miroir placé à l'intérieur de l'appareil; l'image réfléchie par ce miroir est renvoyée sur un ménisque placé horizontalement et abritée par l' abat-jour qui sert de couvercle (fig. 176).
Le viseur construit par M. Turillon2 est de dimension très réduite; il mesure 35 millimètres de long, 35 de large et 10 d'épaisseur; on peut l'em-
Fig. 17."). Fig. 17(5.
ployer en tenant l'appareil à hauteur de l'œil, et il fonctionne alors comme un viseur à lentille concave ordinaire. Si l'on tient la chambre noire à hauteur de la poitrine, on utilise le miroir métallique fixé à la monture du viseur, miroir qui se place de lui-même à 45° de l'axe de l'objectif et qui donne une image très claire et très nette. Pour opérer avec sûreté dans cette position, deux lignes perpendiculaires entre elles sont tracées sur une des surfaces de la lentille divergente; lorsque l'image de ces deux lignes, vue par réflexion dans le miroir, se superpose exactement à celle des deux lignes semblables tracées sur ce miroir, on peut être assuré que le centre de l'image coïncide avec le centre de la plaque. La monture est pourvue d'un diaphragme circulaire à ouverture rectangulaire mobile, pouvant se placer verticalement ou horizontalement, de manière à donner l'image en hauteur ou en largeur, suivant le genre du sujet. M. Lansiaux utilise comme viseur le miroir noir des paysagistes portan deux traits rectangulaires {fig. 177). L'image n'est pas renversée; elle est très nette.
Dans le viseur de M. Richard3 une lentille divergente est montée à l'avant d'une petite boîte métallique; derrière cette lentille se trouve une glace étamée inclinée à 45° permettant de voir l'image en regardant sur un verre poli monté à la partie supérieure de la boîte sur un cadre mobile. Ce cadre
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1895, p. 2'28.