‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 77 sur 146 · COLLODION · texte numérisé non relu

COLLODION

et d'une teinte très intense, ce qui est une qualité pour les négatifs dë reproduction de gravure.

1390. Collodion sec. — Les plaques préparées au collodion sec il. 341 1 permettent d'obtenir des images d'une très grande finesse, mais la sensibilité de ces préparations n'est pas très grande; on peut faire varier cette sensibilité en usant de divers artifices. M. Morris1 utilise un collodion renfermant du nitrate d'argent que l'on transforme en bromure après l'avoir étendu sur la plaque. Le collodion est fait avec 500 c. c. d'alcool, 500 c. c. d'éther, 15 grammes de coton-poudre et 50 grammes de nitrate d'argent. La préparation s'effectue en faisant dissoudre le nitrate d'argent dans 20 c. c. environ d'eau chaude ou dans son poids de glycérine; on ajoute l'alcool, puis le coton-poudre; on agite fortement i-t l'on verse par petites quantités l'éther sur ce mélange, contenu «huis un flacon. Après dissolution du coton-poudre, on abandonne le liquide au dépôt, on décante la portion limpide que l'on étend sur un.- glace; lorsque la COUChe de collodion a fait prise on plonge la glace dans un. bain contenant 500 C. c. d'eau, 500 c. c. d'alcool , 150 à 300 grammes de bromure de potassium el •.'<>,•.,•. d'éther. Ce bain est maintenu à la température de 35* C. : le bromure d'argent ne tarde pas à se modifier et acquiert me- grande sensibilité à la lumière ; on lave la glace et on la soumet successivement à l'action d'une solution alcaline faible contenant de Ori ;'i I gramme de potasse caustique par litre d'eau, puis d'une solution de \ grammes de gélatine dans un litre d'eau. Après l'action de ce second bain, la plaque est plongée dans une solution très faible d'iodure de potassium ci grammes pour in litres dVau i : on lave et «m t'ait sécher ],.s plaques qui doivent séjourner pendant huit A dix minutes dans chacun de ces bains.

On peut aussi préparer ces plaques d'après les procédés usuels, o'est*àdire en se servant d'un collodion bromuré ordinaire. Les plaques sont sensibilisées dans un bain de nitrate d'argent très acide, contenant 15 % de nitrate d'argent et 5 <> , 0 d'acide nitrique de densité 1,10; après lu forma-

tion de la couche de bromure d'argent, on lave celle cl el on fait passer la plaque sensibilisée dans les bains de potasse, de gélatine et d'iodure employés pour la préparation des plaques an collodion nitraté.

M. David' obtient par un procédé analogue au précédent des plaques dont la sensibilité atteint il à 23f* Warnerke. Il prépare un collodion contenant 18 grammes de nitrate d'argent et S grammes de coton-poudre par litre; ce collodion est étendu sur glace, placée horizontalement, de façon à obtenir une couche épaisse; il faut environ 25 c. c. de collodion pour une plaque du format 18 X 2\. (Juand la couche a fait prise, il plonge la plaque dans un bain contenant 2 grammes de gélatine, ii-'iil d'iodure de potassium, 80 à 120 grammes de bromure de potassium et 1 litre d'eau : l'immersion dans ce bain doit être prolongée jusqu'à ce que la conclu' soit complètement opaque. Lorsque Le bromure d'argent est ainsi produit, on lui communique le maximum de sensibilité en Laissant séjourner La plaque dans un bain de 18 à 25 grammes de bromure de potassium, 1 gramme de

1. Aide-Mrmoire de photoyraphie pOUT 1894, p. 79 — 9, Bulletin de I" Société française de photographie, 1893, p. 907.

gélatine et 1 litre d'eau distillée : la rapidité de transformation augmente avec la température de ce bain. A 70°-75° C. l'immersion doit être prolongée pendant deux heures, tandis qu'à 90-95°. il suffit d'une heure pour obtenir le maximum de sensibilité : la grosseur du grain de la couche augmente progressivement jusqu'à devenir visible à l'œil nu. Aussitôt que la grosseur de ce grain paraît suffisante, on retire la plaque du bain , on la lave, on la fait sécher dans l'obscurité et on l'utilise à la façon habituelle. Le développement se fait par les procédés usuels. Ces plaques peuvent être rendues sensibles aux diverses radiations en les plongeant dans les bains orthochromatiques habituellement employés.

§2. — EMULSIONS AU COLLODION.

1391. Émulsion au collodio-bromure. — Les émulsions au collodiobromure ne fournissent pas de couches aussi sensibles que celles qui résultent de la préparation avec bain. On peut cependant faire mûrir le bromure en le portant à température élevée (90-95° G.); mais on court le risque d'obtenir des plaques sujettes à donner le voile gris.

L'addition d'une petite quantité de bichromate d'ammoniaque à une émulsion contenant un léger excès de nitrate d'argent, comme l'a indiqué Banks1, permet d'éviter ce défaut; on ajoute ce bichromate d'ammoniaque à l'émulsion préparée par une formule quelconque : la masse prend une teinte rougeàtre que l'on fait disparaître par addition de bromure de cadmium. L'émulsion ainsi préparée est décantée, filtrée au coton et étendue sur glace; l'opération peut être faite en pleine lumière. Lorsque la couche a fait prise, on porte la glace dans le cabinet obscur et on la lave complètement; on peut alors l'exposer à la chambre noire. La sensibilité du bromure peut, d'ailleurs, être augmentée soit en traitant la plaque par les bains alcalins renfermant de la gélatine, soit par l'emploi de solutions colorantes, soit enfin en utilisant successivement ces deux procédés.

Au lieu d'ajouter le bichromate d'ammoniaque à l'émulsion, on peut, après avoir étendu celle-ci sur verre, traiter les plaques par un bain contenant 2 à 3 grammes de bichromate d'ammoniaque par litre d'eau ; on lave ensuite les glaces en les faisant passer dans diverses cuvettes contenant une solution très faible de bromure ou de chlorure de potassium; on termine par un lavage à l'eau distillée.

Pour rendre une émulsion au collodio-bromure sensible à diverses radiations et augmenter sa rapidité, on ajoute à 1 litre d'émulsion 30 c. c. d'une solution alcoolique d'éosine contenant 10 grammes d'éosine pour 1 litre d'alcool; on agite fortement après cette addition on filtre, et on étend le liquide sur les glaces; lorsque la couche a fait prise, on plonge la plaque dans un bain contenant 5 grammes de nitrate d'argent, 10 grammes de glycérine et 1 litre d'eau; on agite la cuvette jusqu'à ce que toute apparence graisseuse ait disparu de la surface de la couche, puis on expose dans la chambre noire ; on lave la couche et on développe avec un révélateur alcalin. L'éosine employée dans ce procédé doit être préparée de la façon

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