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PROCÉDÉ AU GÉLATINO-BROMURE

§ 1. — Préparation des plaques.

1392. Préparation du gélatino - bromure d'argent. -

L'emploi des émulsions à la gélatine pour la préparation des plaques sèches et diapositives sur papier a été nettement indiquée en 1861 par Gaudin. Le 26 avril 1865 un brevet anglais fut accordé à V. H. Smith pour un procédé d'impression sur bois. Il employait une émulsion contenant de la gélatine mélangée de chlorure d'argent avec un grand excès de nitrate d'argent, comme l'avait indiqué Gaudin. Harrisson1, en 1868, avait essayé d'utiliser l'émulsion à la gélatine bromo-iodurée qu'il développait au moyen d'un révélateur alcalin : il ne prépara par ce moyen que des couches inégales, à gros grains, incapables de fournir de bons négatifs. En 1871, le Dr Maddox2 publia une méthode pour préparer une émulsion à la gélatine destinée h l'impression des positives sur papier et sur verre. Il se servait d'une émulsion contenant un excès de nitrate d'argent et révélait l'image avec l'acide pyrogallique et nitrate d'argent : il ne paraît pas qu'à cette époque il ait songé à employer ce procédé pour obtenir des phototypes négatifs.

M. Valenta prépare une émulsion à grain très fin, pouvant servir à obtenir des photographies du spectre solaire. On fait gonfler 33 grammes de gélatine dans 1 litre d'eau contenant 20 grammes de nitrate d'argent; d'un autre côté, on prépare une dissolution de 17 grammes de bromure de potassium dans un litre d'eau dans laquelle on fait gonfler 33 grammes de gélatine, on chauffe les deux liqueurs à la température de 35° G. et on les mélange en secouant fortement; la température ne doit pas dépasser 40° G. On verse alors 3 litres d'alcool dans le mélange de manière à précipiter l'émulsion ; ce précipité est lavé pendant douze heures à l'eau courante; on le place ensuite dans un flacon d'un litre, on ajoute assez d'eau distillée pour obtenir le volume d'un litre et on fait dissoudre au bain-marie ;

1. British Journal of Photography ,\1 janvier 1868. — 2. lbid., 8 septembre 1871.

GÉLATINO-BROMURE D' ARGENT.

l'émulsion est ensuite filtrée à travers une peau de chamois et on peut l'étendre sur les glaces convenablement nettoyées1.

La préparation de plaques au gélatino-bromure exemptes de grains peut s'effectuer très facilement, suivant M. Gœdike2. Si l'on verse une dissolution de nilrate d'argent et de gélatine dans une dissolution de bromure de potassium et de gélatine, les deux liquides étant à la température de 37° C, il ne se forme pas de précipité, le liquide étant opalescent et sensiblement transparent en couche mince. On fait refroidir cette émulsion dans une capsule de porcelaine, on la recouvre d'eau distillée : les sels solubles du mélange se dissolvent dans l'eau qui se trouble et laisse déposer une assez grande quantité de bromure d'argent floconneux; l'émulsion lavée peut être redissoute et étendue sur glace.

L'addition de chlorure d'acétyle permet, d'après M. Colby', d'augmenter la sensibilité de l'émulsion sans occasionner le voile La préparation se fait à la manière ordinaire avec .'lu grammes de nitrate d'argent, 00 c. c. d'eau, 80 c. c. d'ammoniaque, 10 grammes de gélatine, 200 c. c. d'eau, 20 grammes de bromure d'ammonium et 1 gramme d'iodure de potassium; après cinquante minutes de digestion an hain-marie à 'iU° C, le maximum 'le sensibilité est atteint, et l'émulsion donnerait «1rs plaques se voilant facilement si l'on prolongeait le chauffage. Par une addition de 2 à 3 grammes de chlorure d'acétyle, la sensibilité augmente du double au quadruple.

M. Demole 1 a constaté que la nature et l'épaisseur île la gélatine <pii

emprisonne le bromure d'argent a une grande Influence sur la qualité des

plaques; moins il y a de gélatine par rapport à la quantité d'argent, plus la plaque est maniable ; il suffit de <>-' l.~>n «l'argent par "210 centimètres carrés avec Of'oôO à Our'iOOde gélatine pour la même superficie.

On peut d'ailleurs obtenir des plaques très Faciles à manipuler en étendant sur glace des couches de sensibilité diiïérente. comme nous l'avons Indiqué1 en 1879. Les plaques Sandell, que l'on trouve dans le commerce, sont constituées par trois ou quatre couches d'émulsion de rapidité différente : la première couche an contact du verre m' marque que 5° au sensitométre Warnerke et sert simplement à empêcher les rayons lumineux d'arriver jusqu'au verre; la seconde couche est pins rapide, la troisième plus rapide encore et la quatrième possède le maximum de rapidité. Si la durée du temps de pose est dépassée, il en résulte un voile sur la première couche, mais la seconde ou la troisième couche donnent un négatif parfait. Il est bon de développer jusqu'à ce que l'image soit visible à l'envers de la plaque, et l'on fait disparaître le voile par l'emploi d'un bain réducteur au ferricyanure de potassium. L'emploi de ces plaques permet d'éviter eomplè-

1. Moniteur de la photographie, 1892, p. 156.— 2. Phot. Wochenblatt, 1895.— :î. Moniteur scientifique, juillet lS'.i:.. — I. Iirrue suisse de photographie, ISiO, pp. 112,215. — 5. Aide-mémoire de photographie pour 1879, p. 94, et Bulletin de l' Association belge de photographie! 1878, 1879.

tement le phénomène connu sous le nom de halo (I, 1008). Il en est de même des plaques préparées par MM. Guilleminot et Roux : elles sont constituées par une première couche de gélatino-iodure d'argent en contact avec le verre. Cette couche, très peu sensible, est à peu près opaque aux rayons lumineux et empêche la lumière réfléchie par le dos de la glace d'altérer la couche de gélatino-bromure très sensible qui est étendue sur la première couche; à l'aide de cet artifice on n'a pas à craindre le halo.

Cet insuccès peut d'ailleurs être évité en se servant comme support de l'émulsion de verres colorés : lorsque le négatif est terminé on le transporte sur pellicule1. On peut aussi se servir de verres assez peu colorés pour ne pas être un obstacle au tirage des positives. Un procédé plus simple2 consiste à recouvrir l'envers des plaques avec un collodion contenant : aurine, 8 grammes; alcool, 100 ce; collodion normal à 2 °/0, 300 c. c; huile de ricin, 4 c. c. Avant de procéder au développement le collodion est enlevé au moyen d'un linge trempé dans l'alcool. Si l'on utilise les plaques orthochromatiques il faut enduire l'envers de celles-ci d'un corps qui absorbe les rayons verts-jaune; on ajoute à 1 litre de collodion (contenant 2 */0 de coton-poudre) 3 grammes d'aurantia, 3 grammes d'érythrosine et 2 c. c. d'huile de ricin; l'envers de la plaque est collodionné à la manière habituelle. La teinture de la couche, à l'aide d'un bain de picrate d'ammoniaque3, amoindrit la sensibilité et ne réussit pas toujours.

On peut aussi utiliser pour le même objet le vernis noir que l'on trouve dans le commerce; on ajoute à ce vernis un peu de cire pour le rendre moins cassant et éviter les poussières qui se détacheraient pendant le transport. L'emploi du caramel, mélangé à la terre de Sienne, fournit aussi de bons résultats4. On prépare le caramel en chauffant le sucre à une température de 225° G. ; on mélange 1 partie de caramel, 1 partie de solution épaisse de gomme arabique, 2 parties de terre de Sienne brûlée et 2 parties d'alcool méthylique; on applique cette couche au dos de la glace à l'aide d'un tampon de toile. Au lieu de caramel, on peut, comme l'a indiqué M. Drouet, se servir de dextrine. On mélange à sec 100 parties d'ocre rouge en poudre et 50 parties de dextrine, on ajoute 50 à 55 parties d'eau et 5 parties de glycérine, on malaxe le tout et on le passe au travers d'un tamis à toile métallique en s'aidant d'un pinceau plat à poils durs; on étend cet enduit au dos des plaques avec le même pinceau lavé et ocré, on met immédiatement sur la couche humide une feuille de papier jaune que l'on lisse avec les doigts.

M. Oakley s'est servi dans le même but d'une couche de gélatine colorée; sur celle-ci il applique une couche insoluble qui sert de support au gélatino-bromure d'argent. La coloration de la gélatine s'obtient par l'emploi du permanganate de potasse; au développement la couleur disparaît et le négatif est transparent5.

M. Mussat6 a conseillé de coller au dos de la plaque une pellicule compo-

1. Voir Aide-mémoire de photographie pour 1878, 1879, et Bulletin de la Société française de photographie, 1878. — 2. Phot. Mittheilungen, n° 18, 1893. —3. Bulletin de la Société française de photographie, 1892, p. 395. — 4. The Amateur photographer, 9 août 1891. — 5. British Journal of Photography, n° 1867. — 6. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 529.

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