HAL
sée d'ocre et de gélatine, et insolubilisée par le formol; c'est, en somme, le procède qui était employé à l'époque du collodion sec au tannin. On se servait d'une feuille de papier mixtionné pour procédé au charbon : on produisait le ramollissement et L'adhérence de ce papier en le plongeant préalablement dans une solution aqueuse de glycérine légèrement phéniquée et alunée. On n proposé, pour atteindre le même but, l'emploi d'une feuille de caoutchouc que l'on presse contre le dos de la plaque avec un simple rouleau formé d'un morceau de bois rond introduit à frottement dans un tube d«j caoutchouc : une pression modérée suffit pour assurer le contact optique sans danger de rupture de la plaque; on peut ramollir légèrement la couche de caoutchouc par L'emploi de benzine ou d'essence minérale En Angleterre1, on fabrique des coussinets contre le halo; ils sont formés d'une étoile noire, enduite d'une préparation glycéro-gélatineuse, qui adhère facilement à la plaque dont <>n peut l'enlever tout aussi facilement. On peut préparer ces coussinets par le procédé suivant : on étend du collodion sur une plaque bien nettoyée et talquée ; quand cette couche est sèche, on la recouvre d'une couche de solution à 10 %> de gélatine, à laquelle on ajoute un peu de glycérine ; lorsque cette nouvelle couche est sèche, on la recouvre de gélatine colorée ainsi préparée : 12 parties de gélatine sont mises à gonfler dans 90 parties d'eau, puis fondues au bain-marie et additionnées de 8 parties de sucre et 80 parties de glycérine: lorsque le tout est bien mélangé, on y ajoute la matière colorante dans les proportions suivantes : pour (10 c. c. de solution de gélatine glyeérinée on ajoute "2 c. c. d'une solution alcoolique saturée de chrysoïdine, 2 c. c. d'une solution alcoolique saturée d'aurine, 1/2 c c. d'une solution alcoolique saturée de violet de méthyle; Oïl mélange le tout et on étend cette couche sur la plaque gélatinée, disposée bien horizontalement; la couche est sèche au bout de deux jours, on la détache du verre, et une légère pression exercée avec un rouleau la fait adhérer au dos de la plaque.
Ces divers procédés permettent d'éviter complètement le halo qui provient de la réllexion de la lumière au dos des plaques photographiques. Mais ce n'est pas la seule cause du halo, car on peut observer ce phénomène avec des couches sensibles étendues soit sur papier, soit sur pellicule de gélatine.
M. Houdaille 3 a propos.' de donner le nom de Imlo ;i tout voile local indépendant de la volonté <>u de L'habileté 'le l'opérateur. En prenant comme unité le temps de pose qui est strictement nécessaire pour obtenir un négatif utilisable pour le tirage des positifs sur papier, il a pu opérer un classement des différents halos dans l'ordre de leur apparition :
1" Le halo de d'illusion, tenant à un défaut d'aplanétisme de l'objectif, exige quatre fois la pose normale;
2<> Le halo de réllexion par la monture de l'objectif et la chambre noire exige dix fois la pose normale;
3o Le halo de transparence par propagation dans l'intérieur de la couche sensible exige dix fois la pose normale :
fco Le halo de réllexion totale ou auréole photographique exige vingt-cinq fois la pose normale ;
J. British Journal of Photographe 1896, n" 186». — 8. The Amateur photographer, 1896, w 622, — Réunion >>>'* Sociétés saeantes à i<< Sorbonne, 1897.
5° Le halo de réflexion directe sur la face postérieure du verre exige cent fois la pose normale;
6° Le halo atmosphérique tenant aux poussières de l'air exige mille fois la pose normale;
7o Le halo chimique dû au dépôt par agrégation des molécules d'argent exige un nombre interminable de fois la pose normale.
Le temps de pose et le développement ont une influence considérable sur l'apparition du halo.
1393. Sensibilité des plaques. — M. le capitaine Abney a constaté que dans la pratique il valait mieux utiliser les plaques rapides, à l'exclusion des plaques lentes; les premières, à égalité de lumière et de distance, rendent mieux les ombres du sujet. Les plaques lentes, pour donner les ombres, doivent être surexposées, et dans ce cas les lumières sont grises et les négatifs sont ternes1. Au point de vue pratique, on peut déterminer entre plusieurs plaques quelles sont les plus sensibles; il suffit, non pas de faire des épreuves instantanées, mais de comparer les plaques en se servant de l'objectif muni de son plus petit diaphragme et photographiant un sujet peu éclairé ; il faut que le temps de pose soit au moins d'une minute. On développe toutes les plaques dans la même cuvette en se servant du bain d'oxalate de fer (II, 427); le développement doit être prolongé pendant au moins un quart d'heure, on lixe, et l'on peut alors examiner quelle est la plaque qui donne la meilleure images. On réserve les plaques lentes pour photographier les sujets qui ne présentent pas de grandes oppositions d'ombres et de lumière.
La sensibilité des plaques varie avec le temps. M. Pellet3 a constaté qu'il y avait lieu d'employer des plaques ayant plusieurs semaines de préparation. Il est bon de s'approvisionner de plaques quelque temps avant de les utiliser, la sensibilité atteignant son maximum après quelques semaines, celte sensibilité se maintenant pendant plusieurs mois pourvu que les plaques soient conservées à l'abri de l'humidité et de la trop grande chaleur.
Plus les plaques sont sensibles, plus elles se détériorent par défaut d'emballage. Tout corps, papier ou autre, qui est en contact avec la couche sensible finit par y imprimer sa trace, et dès lors la plaque est perdue : elle noircit sous l'influence du révélateur sans avoir été exposée à l'action de la lumière.
1394. Emballage des plaques. — Le meilleur mode d'emballage des plaques, d'après M. Goderus 4, consiste à les empiler l'une sur l'autre, les couches de gélatine étant alternativement en contact deux à deux. Les verres n'étant jamais plans, si l'on met les couches de gélatine l'une sur l'autre, les plaques ne se touchent que par deux bords, car l'étendage de la gélatine se fait sur le côté creux. Le contact par les bords ne nuit en rien aux surfaces sensibles, et par ce procédé on diminue la couche d'air qui les
1. Photography, n° 260. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1898, p. 637. — 8. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 588. — 4. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1898, p. 687.
PLAijUES AU GÉLATINO-BROMURE.
sépare : c'est précisément cette couche d'air qui propage l'altération se traduisant au développement par des bords noirs. L'emballage se l'ait très rapidement si lors du coupage des plaques on peut couper le verre seul et non la gélatine. On place deux à deux et couche contre couche les plaques ainsi coupées : l'épaisseur de la gélatine constitue un emballage suffisant pour empêcher le bris des verres.
Si la conservation des plaques sensibles est suffisante pour les besoins usuels, il est certain que les meilleures plaques s'altèrent avec le temps; il semble qu'après une certaine période d'accroissement de sensibilité, la déperdition soit précisément proportionnelle à cette sensibilité. L'influence du papier qui sert à L'emballage est considérable, et pour éviter tout insuccès provenant de l'emploi «lu papier, M. foison1 opère de la manière suivante : il plonge pendant cinq minutes dans une solution de bichromate de potassé légèrement gommée du papier écolier; ce papier est ensuit»' séché, exposé sur ses deux laces à la lumière solaire pendant quelques heures, puis lavé de façon à enlever l'excès de bichromate. 11 est aloffl imperméable à l'humidité et aux gaz; il possède une teint»' d'un gris jaunâtre, peu favorable à l'emmagasinement et au passage «I»' la lumière; L'hyposulflte <|ui se trouvait dans le papier est détruit. Les plaques doivent être emballées gélatine contre gélatine, en coiffant les <l*'ux bords opposés de chaque plaque au moyen d'un papier plié <pii sépare par une bande étroite les deux couches en regard. Le paquet de plaques ainsi disposé est enfermé dans le papier au bichromate.
Certaines gélatines deviennent phosphorescentes à la lumière et conservent une activité capable d'impressionner la couche sensible en regard de laquelle elles se trouvent. Lorsque les plaques ont été exposées et que le
développement doit être difl'éiv, il est bon de séparer 1»'S plaques par une feuille de papier bichromaté. Il faut éviter avec le plus grand soin de mettre une plaque en contact avec un papier portant «les caractères d'encré ordinaire ou d'encre d'imprimerie, en raison de l'insensibilisation conimuniquée par l'oxydation de ces substances au gélatino-bromure. Lorsque les plaques doivent être transportées au loin, il »'-t prudent d'exclure Le ElnC des parties de l'emballage <|ui peuvent être en contact immédiat avec les plaques. M. Cloison2 a montré que b's vapeurs de /inc »[ui se dégagent à la température ordinaire voilent très facilement les plaques.
1395 Manipulation des plaques au gélatino-bromure — Il peut arriver que l'on soit obligé de manipuler SOlt t*émul8ion, soit les plaques au gélatino-bromure en présence de lumière artificielle autre que celle qui
est tamisée au travers d'un verre rouge. Si on ne fait arriver sur la plaque
que la lumière réfléchie par les murailles et le plafond de la pièce dans laquelle on opère, on peut manipuler les plaques sans qu'elles soient influencées après deux minutes d'exposition à cette lumière. En se plaçant A \ mètres d'une bougie à laquelle «>n tourne le «los. on peut charger les châssis sans avoir à craindre l'altération de la plaque. <>n peut aussi développer au moyen de la lumière d'une bougie enveloppée d'au moins quatre
1. liulletin (h- la Socirtr française >/>■ photographie, ls'.V.. p. $00. — 2. îbid., p. 838.
couches de papier de soie transparent brun et recouvert d'un écran que l'on soulève de temps en temps pendant trois à quatre secondes pour juger de l'intensité du négatif; mais il ne faut pas oublier que pendant ces diverses manipulations la plaque ne doit être frappée que par la lumière réfléchie et non pas celle qui émane directement de la bougie1.
Les petits trous qui apparaissent sur les plaques après le développement proviennent le plus souvent soit de la poussière qui existe dans la chambre noire ou dans le châssis, soit d'un époussetage mal fait. La couche sensible doit être époussetée avant la mise au châssis et avant le développement. Pour épousseter convenablement, il faut se servir d'une planchette mince sur laquelle on attache à cheval un morceau de velours ou de peluche de soie; on se sert de cet instrument comme d'une raclette en caoutchouc, et si Ton a soin de maintenir le velours en bon état de propreté on évitera complètement ces petits trous si difficiles à retoucher. L'emploi du blaireau n'est pas suffisant pour éliminer les poussières qui adhèrent très fortement à la surface des plaques 2.
§ 2. — IiÉVÉLATEURS.
1396. Généralités. — MM. Lumière ont confirmé par de nouvelles expériences les faits qu'ils avaient annoncés, à savoir que les hydrazines de la série grasse ne sont pas susceptibles de développer les plaques au gélatino-bromure d'argent, bien que ces substances constituent des corps réducteurs. Les groupements hydraziniques et hydroxylamiques n'impriment des propriétés développatrices aux corps qui les possèdent qu'à la condition d'être fixés directement sur un noyau benzénique3. Ils ont démontré de plus que le groupe carboxylique CO OH substitué dans un noyau aromatique atténue considérablement et même dans certains cas détruit complètement les propriétés développatrices que lui confère l'introduction des oxydriles phénoliques*; c'est au caractère fortement acide du carboxyle qu'il faut attribuer cette influence, car, après éthérification de ce groupement, les propriétés développatrices apparaissent de nouveau.
MM. Lumière et A. Seyewetz ont recherché si la présence du groupe cétonique CO, doué de propriétés acides mais faibles, atténuait également le pouvoir réducteur des polyphénols, ou bien si ce groupe avait sur ceux-ci une action nulle permettant d'employer comme révélateurs certains composes oxycétoniques utilisés dans le commerce. L'expérience a prouvé que dans certaines conditions le groupe GO peut détruire le pouvoir révélateur des oxhydriles phénoliques. De l'étude d'un assez grand nombre de corps, ces savants ont conclu :
1° Que le groupement cétonique substitué dans un noyau renfermant une ou plusieurs fonctions phénoliques développatrices ne modifie pas sensiblement les propriétés que lui confèrent ces fonctions, lorsque ce groupe cétonique est soudé d'autre part à un résidu gras ou à un noyau aromatique ne renfermant pas d'oxhydrile.
1. Phot. Correspondent, 1892. — 2. Photo-Gazette, 1891, p. 220. — 3. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 338. — 4. ïbid., 1893. — 5. Ibid., 1897, p. 415.
DÉVELOPPEMENT
0o Le pouvoir révélateur est détruit dès qu'une ou plusieurs substitutions hydroxylées ont lieu dans ce deuxième noyau aromatique, quelle que soit la position relative des oxhydriles.
On ne peut donc pas, comme on aurait pu le croire à priori, augmenter le pouvoir développateur d'un polyphénol en lui soudant un deuxième noyau polyphénolique par l'intermédiaire d'un groupe cétonique; mais au contraire, dans ce cas, le pouvoir développateur est complètement détruit.
On peut, dans une mesure qui est loin d'être négligeable, augmenter le rendement de la plaque photographique en étendant d'abord sur le verre une première couche d'un blanc opaque et en coulant par-dessus la couche sensible. Cette couche, comme L'a indiqué M. Colson1, doit être peu épaisse et aussi opaque que possible afin d'éviter une diffusion de Lumière dans son épaisseur, ce qui nuit à la netteté. On peut obtenir cette couche support avec le chlorure d'argent qui est moins sensible que le bromure et qui au fixage se dissout dans l'h yposultite de soude; l'opacité de la couche disparait ainsi. On peut, d'ailleurs, trouver un assez grand nombre de substances agglutinantes et «le poudres blanches produisant une couche très mince, très opaque, insoluble dans L'eau froide et capable d'être rendue transparente pour l'opération du tirage.
1397. Influence de la température sur le développement. — Le
développement à chaud était employé dans les anciens procédés utilisant le collodion sec (1 , 337). Draper2. PlOcker*, Sutton4 ont observé que les plaques préparées au collodion sec se développent plus facilement et plus complètement lorsque la température est élevée. L'auteur de cet ouvrage a, le premier *, indiqué l'influence de l'abaissement de température sur le révélateur à l'oxalate de fer appliqué aux plaques au gélatino-bromure. Deux ans après, Iirooks constat;) que le révélateur au pyrogallol et ammoniaque, qui donne des images voilées à la température de 20° (!., fournit, au contraire, des images brillantes à la température lie 15° C, tandis qu'à 5* G. l'image manque de détails. Les essais méthodiques entrepris par le D' Kder6
ont vérifié les observations de ses devanciers; il démontra, de plus, que le révélateur à l'acide pyrogallique e>t moins modifié par l'abaissement de température que ne l'est le révélateur au fer.
La température à laquelle peut être portée la couche sensible pendant l'exposition à la lumière ou bien avant le développement a t'ait l'objet de nombreuses recherches de la part <le M. le capitaine Abncy7. Il constata qu'en appliquant au dos de la plaque un ter chaud, la sensibilité de celle-ci était de beaucoup augmentée; au contraire, si l'on appliquait un morceau de glace au dos de la plaque, l'influence de l'abaissement de température se traduisait par un manque d'intensité; il ajoutait que, « dans la pratique », on ne devait pas perdre de vue ces expériences. Les expériences d'Abney fu-
/. Bulletin de la Société française de photographie, 1897, p. 206. — Van Monckoven, Traité général de photographie, •> édition, p. 265. — 8. Ji/</ie/i?t belge (/>• la photographie, mai 1871, i>. 110.— I. British Journal of Photographg, 1871, p. .mi. — ,"). Bulletin de l'Association belge de photographie, 1880, p. 297, et Eder, Ausfurliches Handbuch der Photographie, Ml. 1890, p. 90. — 6. Phof. Cotres? pondenz, \xk), p. 87.— 7. Bulletin de r Association belge de photographie, 1884, p. 336.
rent faites en portant les plaques jusqu'à la température de 49° C.; Toth1 chauffa à 100° G. et constata une augmentation de sensibilité; Schumann2 continua les observations jusqu'à 130° et vérifia qu'à cette température la plaque donne des images voilées. Henderson3, Burton 4, Drechser5, Gœdike6 ont fait varier les conditions de ces expériences et sont arrivés à ce résultat, vérifié par le Dr Eder, à savoir que. pour les plaques au gélatinobromure, le chauffage soit avant, soit après l'exposition à la chambre noire ne présente aucun avantage.
Il semble que pour la plupart des révélateurs l'optimum de température soit au voisinage de 25°. Dans la pratique, pendant l'hiver, on se rapprochera autant que possible de cette température en chauffant les cuvettes et le développateur, soit en lavant les cuvettes de porcelaine à l'eau très chaude pendant que la plaque repose sur une caisse en zinc contenant de l'eau à 35 ou 40° C., soit en opérant dans une sorte d'étuve7 à parois remplies d'eau chaude, de façon à maintenir une température voisine de 25°.
1398. Influence de la dilution et de la durée du développement. — Dans les anciens procédés photographiques permettant d'obtenir des négatifs, on cherchait à produire d'abord une image très légère, mais riche en détails, même dans les ombres. Ge résultat étant obtenu, et alors seulement, on donnait au négatif l'intensité nécessaire pour fournir une bonne photocopie; c'était la inarche suivie dans l'emploi des procédés sur papier, à l'albumine ou au collodion sur verre, etc. Dans ce dernier procédé, on révélait les détails le plus souvent à l'aide du développement alcalin et l'on donnait l'intensité avec le révélateur acide au nitrate d'argent. Dans le procédé au gélatino-bromure, surtout depuis l'apparition des révélateurs dits automatiques, on cherche à produire l'image en une seule opération : mais la rapidité du développement n'est pas en général suffisante pour permettre aux ombres de se développer avant que les grandes lumières ne soient empâtées; on produit donc des négatifs durs. Pour empêcher cet empâtement, Lugardon, de Genève, essaya de développer lentement l'image dans un bain d'acide pyrogallique suffisamment dilué pour fournir un négatif de très faible intensité. Lorsque les détails ont apparu (après un temps quelquefois très long, dix à douze heures), on donne à l'image l'intensité qu'elle doit avoir.
Ge mode de développement, qui remonte à l'origine du procédé sur albumine, est connu sous le nom de développement lent. On l'exécute sur un assez grand nombre de plaques renfermées dans une même cuvette verticale à rainures (1383). Presque tous les révélateurs donnent de bons résultats en emploj^ant ce procédé qui suppose une stabilité assez grande des produits employés au développement.
1399. Méthode d'essai d'un révélateur. — M. le capitaine Houdaille8 a proposé une méthode d'essai des révélateurs basée sur ce fait que
1. Phot. Correspondent, 1884, p. 205. — 2. Phot. Wochenblatt, 1884, p. 229. — 3. Phot. News, 1884, p. 447. — 4. British Journal of Photography, 1882, p. 369. — 5-. Phot. Archiv., 1882, p. 126. — 6. Phot. Mittheilungen, XXIII, p. 191. — 7. Bulletin du Photo-Club de Paris, 189Ô. — 8. Bulletin de la Société française de photographie, 4 décembre 1896.
DÉVELOPPEMENT
l'art photographique a pour but, étant donné une gamme de teintes, obtenir un négatif qui permette de reproduire une gamme analogue sur l'épreuve' positive. Dans la pratique, il parait suffisant d'établir une gamme d'intensités lumineuses allant de 1 à 48. Cette gamme de teintes est représentée dans le négatif par L'opacité du dépôt d'argent. On dit que l'opacité est égale à 5, 10, 10, lorsque la couche laisse passer i/5>, l/10e, J/i0«! de la lumière qu'elle re<;oit. Cette opacité absolue n'est utile à connaître qu'au point de vue de la durée du tirage. La valeur de l'épreuve positive dépend uniquement du rapport des différentes opacités. Il vaut mieux prendre pour unité L'opacité de la teinte La plus claire du négatif. Dans la plupart des négatifs, cette gamme peut se représenter par des chiffres variant de 1 à 20; pour des négatifs très vigoureux, elle peut atteindre de 20 à 10. 11 y a tout intérêt à chercher un révélateur qui augmente cette gamme le plus possible. Le révélateur théorique serait celui qui traduirait la gamme des intensités Lumineuses par un»' gamme d'opacités de même valeur. Ce révélateur n'existe pas; mais, suivant le résultai que l'on veut obtenir, on peut avoir intérêt à augmenter ou à abaisser l'étendue de la gamme d'opacités.
Les qualités à exiger d'un révélateur dans la pratique sont les suivantes : il doit permettre d'obtenir une gamme d'opacités allant de 1 à 12, et, si c'est possible, de 1 à 25, et se rapprocher du révélateur théorique; il doit développer en moins de huit minutes, atin d'éviter h- jaunissement de la couche, et doit produire toute son action en trois minute8 BU moins atin de pouvoir suivre facilement la venue de L'image; enfin, les divers effets d'augmentation ou de diminution de contraste doivent pouvoir être obtenus par une modification aussi simple que possible de la formule.
La méthode d'essai imaginé.- par M. Iloudaille consiste à obtenir, sur une plaque au gélatino-bromure d'une marque déterminée, mi'' série d'impressions correspondant ;'i des Intensités Lumineuse8 variant de 1 à 18, à mesurer l'opacité relative de chaque teinte et à construire point par point la COÙrbe des opacités. Trois cas se présentent :
1" La courbe est une ligne droite : les opacités sont proportionnelles aux intensités; le négatif est compli'l cl lunnuonieuas;
2° La courbe a la concavité tournée vers le haut : les demi-teintes du
sujet sont sacrifiées au profit des teintes extrêmes] négatif heurté, dur;
3» La courbe a la convexité tournée vers !<• haut : négatif gris, uni* forme.
Le matériel utilisé pour Caire les estais consiste dans un châssis positif pour 13 X 1-S qui reçoit une planchette percée -le douze trous; ces trous sont obturés par des lamelles à coulisse : la plaque à essayer est placée dans le châssis. On L'impressionne au moyen d'un verre dépoli éclairé par une bougie placée successivement à 2 métrés. 1 mètre et 0»50. Le premier trou de chaque rangée pose trente secondes; le deuxième, vingt secondes; le troisième, dix secondes, et les neufs trous Impressionnés ont reçu des quantités de lumières représentées par les chiffres
1 2 3 4 «s 12 le» 32 18
Les trois premiers chiffres correspondent aux tons noirs: les trois suivants, aux tons gris: les trois derniers, aux tons blancs, on développe et
on arrête le développement au moment où le neuvième rond est parfaitement visible sur la plaque.
Pour mesurer l'opacité, on tire un contre-type en impressionnant cette fois la quatrième série de trous pendant cinq, dix et quinze secondes au moyen d'une bougie placée à 2 mètres et en donnant aux autres séries la même impression que précédemment.
Si les opacités étaient représentées par les chiffres
les neuf teintes seraient d'égale valeur. 11 est facile, en comparant chaque teinte aux trois teintes témoins, de déterminer pour chacune d'elles la valeur de l'opacité absolue d'abord, puis celle de l'opacité relative. En prenant comme abscisses les intensités lumineuses, on peut construire point par point la courbe des opacités. ^
Tous ces essais doivent être faits avec la même émulsion et en opérant a la température constante de 15".
En étudiant la loi d'apparition de l'image, et cherchant la relation qui existe entre la durée d'apparition et l'intensité lumineuse de l'objet, M. Houdaille a trouvé que cette durée est inversement proportionnelle a la racine quatrième de la pose. Dans le sujet normal représenté par les intensités 1. 2, 3, 8..., 48. on peut prévoir le temps d'apparition des différentes parties de7'image'et fixer la durée du développement : il suffit de noter le temps de l'apparition des grandes lumières, à multiplier ce chiffre par 3, et à retirer la plaque du bain quelques secondes avant l'expiration de ce délai.
M Houdaille mesure la rapidité d'action d'un révélateur (improprement appelée énergie) par le temps, en secondes, nécessaire pour l'apparition de l'impression produite par une bougie placée à 1 mètre de distance, agissant pendant une seconde. La température, la composition de la formule, la nature de l'émulsion, l'épaisseur de la couche jouent un rôle considérable.
La rapidité d'action d'un bain est sensiblement proportionnelle a son degré de concentration. Il faut éviter de conserver longtemps un bain préparé d'avance et qui contient du bromure; sa rapidité d'action diminue considérablement. Il vaut mieux conserver les constituants du bain en dissolutions séparées, s'il s'agit de l'hydroquinone. ^
Les bains concentrés ou dilués à l'hydroquinone ont une tendance a donner des négatifs uniformes peu intenses ; suivant, le degré de dilution du bain le développement peut durer de trois à dix minutes.
La durée de la pose a une influence considérable : avec une même plaque et un même révélateur, toute pose différente amène un résultat différent. Dans la pratique, les temps de pose peuvent varier de 1 à 20 sans amener de différences bien appréciables dans la valeur du négatif; il peut même être utilisable en faisant varier la pose de 1 à 80. Pour des écarts plus considérables, il faut modifier le révélateur. Le négatif le plus harmonieux est obtenu avec une durée de pose égale à dix fois la pose minima.
M Houdaille a trouvé que si l'on employait deux réducteurs, le poids en grammes, par litre, des deux réducteurs doit être proportionnel à leur énergie, et d'autant plus faible que la pose est plus longue; dans la pratique il convient de ne pas s'éloigner des chiffres suivants :
DÉVELOPPEMENT. 2V)1
Négatif sous-exposé Poids total 12 gr. à 16 gr. par lit ro.
pose normale . . — <; — à 8 —
— surexposé — 3-à <
Avec les bains combinés il faut une précision plus grande dans l'évaluation du temps de pose que lorsque Ton emploie les bains simples.
1400. Emploi du formol. — L'action du formol sur la gélatine a fait préconiser son emploi dans les développateurs alcalins soit pour éviter le décollement de la couche de gélatine, soit pour développer à température élevée.
MM. Lumière frères et A. Seyewetz ont examiné si par l'action des révélateurs à fonction phénolique les propriétés tannantes .le la formaldéhyde étaient détruites ou seulement atténuées. En employant 2 <•. c. de solution commerciale de formol avec 100 c. c. de révélateur à l'acide pyrogallique, au diamidophénol, à l'iconogène. à lnydroquinone, au paramidophénol et au métol. la gélatine est tannée comme si l'on employait une solution renfermant 2 c. c. de formol pour loo c c. d'eau : mais la gélatine prend des colorations variables avec les diverses substances. Ces colorations sont les suivantes :
Acide pyrogallique. . . Urune très foncée.
Diamidophénol Brune moins foncés que La précédente.
Hydroquinone râune très faible.
Iconogè n e Faune l'a i ble .
Paramidophénol Nulle.
Métol Nulle.
L'emploi du formol doit donc être proscrit pendant le développement (sauf avec le métol et le paramidophénol) S cause des colorations que provoque cette substance en libérant l'alcali qui augmente dans «les proportions notables l'oxydation à l'air du révélateur phénolique
M. Helhein-;2 emploie le formol de la manière suivante : avant le développement, la plaque est plongée dans une solution contenant 50 c. c. de formol du commerce pour 1 litre d'eau; on lave el on développe dans un révélateur contenant quelques gouttes de solution de bromure.
Schwartz et Merklin,1 ont constaté les premiers qu'en ajoutant le formol à un révélateur organique le pouvoir réducteur est augmenté : la coloration de la gélatine s'oppose à l'emploi pratique de ce procédé. MM. Lumière frères et Seyewetz 4 ont constaté que la plupart des aldéhydes et desacétones donnent lieu au même phénomène. Ces corps additionnés de sulfite de soude (dont la présence est indispensable) sont susceptibles d'accélérer le développement et permettent de révéler l'image latente en utilisant des révélateurs à fonction phénolique en solution aqueuse sans addition d'alcali. Il est probable que le phénol l'orme un phénate alcalin avec une partie de l'alcali du subite ; ce dernier, transformé alors en bisulfite, donne avec
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 544. — 2. Der Amateur Photographer, août lN«.*r>. — :;. Phot. Archiv., 1890, p. ISW. - I. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 558.
l'acétone ou l'aldéhyde une combinaison bisulfitique. Cette réaction a lieu, au moins en partie; elle est limitée par la réaction inverse, elle se continue au fur et à mesure de la destruction du phénol dans le développement.
1401. Révélateur à l'acide pyrogallique. — Le révélateur à l'acide pyrogallique fournit les meilleurs résultats lorsqu'on l'emploie à l'état de solution diluée. Le Dr Meydenbauer a montré qu'un développateur très dilué produit beaucoup plus de demi-teintes et un négatif plus harmonieux que celui qu'on aurait obtenu si, la plaque manquant de pose, on eût employé un révélateur concentré. Le Dr Neuhauss a constaté que des plaques qui marquaient 27° au sensitomètre Warnerke, en employant un révélateur de concentration moyenne, donnaient 30° quand on employait un révélateur très dilué. Il prépare ce révélateur à l'aide d'une solution de réserve contenant 1,000 c. c. d'eau, 200 grammes de sulfite de soucie cristallisé, 28 grammes d'acide pyrogallique. Pour développer l'image, il mélange 3 c. c. de cette dissolution à 150 c. c. d'eau; il ajoute 3 c. c. d'une solution de carbonate de soude à 10 %, et plonge la plaque dans le bain ainsi préparé : l'opération s'effectue lentement.
Si les plaques ont été exposées pendant un temps très court, on emploiera avec avantage le mode opératoire indiqué par M. Mach, à la condition de soustraire complètement la plaque à l'action de la lumière pendant toute la durée du développement1. On prépare deux solutions : A) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 200 grammes; acide pyrogallique, 20 grammes; — B) eau, 1,000 c. c; carbonate de soude cristallisé, 125 c. c. On mélange 20 c. c. de A), 20 c. c. de B) et 150 c. c. d'eau; à ce mélange, on ajoute 15 à 30 gouttes de solution de bromure de potassium à 10 %. Les liquides doivent être à la température de 12° G.; après dix minutes d'action, on examine la plaque. Si l'image commence à paraître, on remplace le premier bain développateur par un nouveau à température plus élevée de 2" C. et contenant moins de bromure. On continue ainsi le développement, qui dure quelquefois trois heures, jusqu'à ce que l'image paraisse complète, même à l'envers de la plaque. On élève progressivement la température des bains développateurs successifs, et on diminue pareillement l'addition de bromure, de manière à obtenir au bout d'une heure et demie un bain à 18° C. contenant 7 gouttes de solution de bromure pour 200 c. c. de bain. Si l'image, au bout de dix minutes, apparaît dans ses détails, on remplace le bain toutes les sept minutes par un bain nouveau de même température et composition; dans ce cas, l'image est entièrement développée après une demi-heure.
Lorsque l'exposition a été faite d'une façon correcte, il est mieux d'employer les solutions suivantes : A) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 135 grammes; — B) eau, 1,000 c. c; carbonate de soude cristallisé, 135 grammes; -G) eau, 1,000 c. c; acide sulfurique, 4 c. c; acide pyrogallique, 28 grammes. Le bain révélateur est formé de parties égales des solutions A, B, G dans le cas de temps de pose