I. Lumière, 1894. — IL Abney1. — III. Maes2. —IV Newcombs
Liesegang4 a constaté qu'il n'est nullement indifférent d'ajouter de l'hyposulfite au début du développement ou au cours de cette opération. En présence d'un développateur lent, on peut admettre que l'action destructrice de l'hyposnlfite précède le développement, et la conséquence est un retard dans le développement. En présence d'un révélateur rapide, les petites traces d'hyposulfite n'ont pas le temps de modifier le bromure d'argent, et le développement précédera l'action chimique de l'hyposulfite.
MM. Lumière fabriquent l'oxalate de diamidophénol à l'état de pureté. La formule la plus généralement employée avec ce produit est la suivante : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude anhydre, 30 à 40 grammes; oxalate de diamidophénol, 5 grammes.
M. Stolze a recommandé d'ajouter 1 gramme de chlorure d'aluminium à 100 c. c. de solution révélatrice à Famidol; ce corps agit comme retardateur.
L'addition d'alcalis altère ce révélateur; l'addition d'un acide, comme l'acide acétique, diminue le pouvoir réducteur de l'amidol, qui est d'ailleurs peu sensible à l'action du bromure de potassium.
1403. Révélateur à l'hydroquinone. — Les recherches relatives aux méthodes d'essai des révélateurs (1399) ont été faites par M. Houdaille en employant d'abord le révélateur à l'hydroquinone et carbonate de soude. Le révélateur employé par M. Houdaille, et appelé par lui révélateur normal à l'hydroquinone, résulte du mélange fait par parties égales, au moment de l'emploi, de trois solutions séparées, contenant : A) eau, 333 c. c; sulfite de soude anhydre, 50 grammes ; hydroquinone, 15 grammes ; B) eau, 333 c. c; carbonate de soude, 100 grammes: C) eau, 333 c. c; bromure de potassium, l"r5. Ce bain a une tendance à accentuer les contrastes; l'opacité maxima est égale à 46. Si la quantité totale d'eau est diminuée de moitié ou doublée, le négatif est uniforme et l'opacité maxima varie entre 13 et 17.
L'effet maximum d'opacité est obtenu avec 13 grammes par litre. On ne doit pas descendre au-dessous de 7 grammes par litre si l'on * veut obtenir un négatif utilisable pour le tirage sur papier.
Le révélateur à l'hydroquinone est un de ceux qui permet les plus grands écarts dans l'appréciation du temps de pose. Il est possible, en effet, avec des poses variant de 1 à 20, d'obtenir une série de négatifs de même intensité ; une simple addition d'eau au bain normal permet de varier les effets de contraste et de transformer si l'on veut un paysage en plein soleil en un effet de brume.
1. Phot. Neics, 1896, n° 1937. — 2. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1895, p. 265. — 3. Aide-mémoire de photographie, 1896, p. 74. — 4. Phot. Archiv., 1896, n° 78: ).
DÉVELOPPEMENT
Un des développateurs dont la rapidité d'action est quelquefois avantageuse se prépare à L'aide de deux solutions : A) eau, 500 c. c.; sulfite de soude cristallisé, ^)0 grammes; prussiate jaune de potasse, 10 grammes; hydroquinone, 20 grammes ; B) eau, 500 c. c.; soude caustique, 40 grammes. On mélange ces deux solutions par parties égales au moment de l'emploi. Le développement est achevé en moins d'une minute. Cette solution révélatrice sera étendue de deux à cinq fois son volume d'eau pour les négatifs surexposés. M. Maiden qui a fait connaître cette formule, plonge la plaque développée. s;ms la laver, dans un bain fraîchement préparé contenant : eau, 1,000 c. c; bisulfite de soude en solution concentrée, 15 c. c; acide sulfurique, \ c. c. On laisse la plaque dans ce bain en l'agitant pendant toute la durée de l'immersion, puis, sans la laver, on la fixe dans un bain contenant : eau. 1,000 c. c; hyposulfite de soude, 200 grammes; bisulfite de soude en solution concentrée, 50 c. c.
Target2 a recommandé l'emploi de la lithine caustique en place de soude. Le bain de développement contient 1,000 C. c. d'eau, 125 grammes de sulfite de soude cristallisé, 12 grammes d'hydroquinone et 5 à 10 grammes de lithine caustique.
MM. Lumière ont montré que l'on pouvait employer le phosphate tribasique de sonde en place des alcalis.
Le Dr Eder a recommandé, comme accélérateur pour développement à l'hydroquinone, l'emploi de quelques gouttes «l'une dissolution d'iode. On fait dissoudre 10 grammes d'iode dans 500 c. c. «l'alcool; quand la dissolution est complète, on ajoute 500 c. c. d'eau. En versant trois à six gouttes de cette dissolution dans un bain d'hydroquinone, on diminue la durée du développement et l'on obtient des images très brillantes.
M. Valenta3a fait connaître la formule d'un révélateur concentré qui se trouve dans le commerce. On le prépare en dissolvant 100 grammes de sulfite de soude anhydre et 40 grammes d'hydroquinone dans 1 litre d'eau; après dissolution, on ajoute joo grammes de carbonate de potasse. Au moment de remployer, on l'étend d<' \î à \ volumes d'eau.
1404. Révélateur à la pyrocatéchine. — MM Poulenc Boni parvenus à obtenir la pyrocatéchine à un prix de revient très réduit qui permet son emploi comme révélateur. Ils recommandent d'employer un bain contenant : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude. :2S grammes; carbonate de soude. 50 grammes; pyrocatéchine, 11 grammes.
On prépare un excellent bain «le développement par le mélange de deux dissolutions : A) eau, 1.000 c. c; subite de soude anhydre, 45 grammes; pyrocatéchine, 22 grammes; B) eau, 1,000 c. c ; carbonate de potasse, 200 grammes. Tour les plaques ayant subi une courte exposition, on prend 1 partie d'eau et 1 partie de chacune des dissolutions A) et B) : dans les cas où la durée de la pose a été très courte, on prend 1 partie de A ) et 2 parties de B). Pour les négatifs de paysages, reproductions, etc., il vaut mieux utiliser la formule indiquée par MM. Poulenc.
1. The Practical Photographer, n° 51. — 2. Moniteur de la photographie, 1898, p. 111. — 8. Phot, Correspondent, janvier 1893.
1405. Révélateur à l'iconogène. — Le plus souvent, on emploie l'iconogène mélangé à d'autres substances révélatrices. M. Edwards1 a indiqué un mode de développement qui permet d'obtenir de bons négatifs lorsque la durée d'exposition a été très faible. On prépare une dissolution saturée d'iconogène et de sulfite de soude, on ajoute à cette liqueur quelques gouttes d'une solution alcaline concentrée: on prépare d'autre part une dissolution de 100 grammes de carbonate de potasse dans 1 litre d'eau. La plaque est plongée dans la première dissolution; on l'abandonne dans ce liquide jusqu'à ce que l'image commence à paraître. A ce moment, on plonge la plaque, sans la laver ni la faire égoutter, dans la solution de carbonate de potasse, où elle atteint l'intensité voulue.
1406. Révélateur au paramidophénol. — Le révélateur au paramidophénol donne de bons résultats lorsqu'il s'agit de développer des négatifs de paysage ou de sujets pour lesquels le temps de pose a été trop prolongé. M. Bach2 recommande la formule suivante : A) eau, 1,000 c. c; bisulfite de soude, 2 c. c. ; chlorhydrate de paramidophénol, 20 grammes; B) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 60 grammes ; carbonate de potasse, 125 grammes. On mélange une partie de la première solution et deux parties de la seconde. Cette dernière solution peut d'ailleurs être remplacée par le mélange suivant : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 60 grammes; phosphate de soude tribasique, 75 à 100 grammes.
1407. Révélateur au métol. — La formule suivante a été recommandée pour le développement des plaques Lumière : A) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 100 grammes; métol, 10 grammes; B) eau, 1,000 c. c; carbonate de potasse, 100 grammes ou carbonate de soude, 200 grammes. Pour des poses normales, on mélange parties égales de ces solutions qu'on additionne de 40 gouttes de solution de bromure de potassium àl0°/o pour 20 c. c. de mélange; on diminue la quantité de bromure dans les cas de surexposition; on l'augmente en cas contraire. On obtient un révélateur agissant plus rapidement en augmentant la proportion de métol et utilisant les formules suivantes : A) eau, 1,000 c. c ; sulfite de soude cristallisé, 150 grammes; métol 15 grammes; B) eau, 1,000 c. c. ; carbonate de soude, 100 grammes. On mélange par parties égales chacun de ces liquides et on ajoute quelques gouttes d'nne solution de bromure de potassium à 10 °/o.
Le métol développe en présence du sulfite de soude seul. L'addition de carbonate de potasse ou de soude a pour but d'accélérer la venue de l'image3; plus il y a d'alcali dans le bain, plus le développement est rapide et moins le bromure de potassium agit comme retardateur. Une des meilleures formules est constituée par le mélange suivant : A) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude cristallisé, 75 grammes; métol, 15 grammes; B)eau, l,0C0c. c; carbonate de soude cristallisé, 330 grammes ; bromure de potassium, 2 grammes. S'il s'agit de développer des négatifs faits dans l'atelier, on prend 40 c. c. de A), 20 c. c. de B) et 30 c. c. d'eau; pour les négatifs faits en plein air, on mélange 20 c. c. de A), 10 c. c. de B) et 30 c. c. d'eau. S'il y a
1. Phot. Times, 1892.— 2. Phot. Wochenblat, 1896, n° 29. — 8. Phot. Mittheilungen, 1895, n° 9.
DÉVELOPPEMENT
surexposition, on réduit à quantité de carbonate, et, dans les cas de forte surexposition, on développe avec ln solution de métol seule: l'opération peut durer plus d'une heure.
Le Dr Eder 1 a indiqué remploi des formules suivantes : A) eau, 1,000 c. e.; métol, 15 grammes; sulfite de soude cristallisé, 1Ô0 grammes: B) eau, 1,000 C. c; carbonate de soude cristallisé. :^0 grammes: hyposulfite de soude, 1 gramme. Pour le travail à l'atelier, on prend 30 parties de A). 20 parties de B) et 90 parties d'eau ; pour développer les négatifs de paysage, il faut 20 parties de A), 10 de li) et 20 d'eau. L'hyposulfite agit comme retardateur et empêche le voile. Il est certain qu'on obtient plus de détails que sans son emploi. Cette formule permet de remplacer avantageusement celles à base d'acide pyrogallique.
Une solution de bromure de potassium à 10 o 0 ralentit l'action du développateur sans amener la dureté; avec une quantité suffisante de bromure de potassium, on peut combattre 1rs effets de surexposition de la plaque.
1408. Révélateur à la glycine. - On obtient ce composé par l'action de l'acide chJoracétique sur l'amidophénol. Sa solution aqueuse 86 conserve bien quand die est additionnée d'uu sulfite alcalin. Le I >• Eder emploie la formule suivante : eau, ÎKM) c. c.; sulfite de soude cristallisé, 150 grammes ; carbonate dépotasse, 2fj grammes; glycine, 5 grammes. Cette solution concentrée est étendue de trois à quatre volumes d'eau et constitue le révélateur. On peut remplacer le carbonate de potasse par le carbonate de soude, et la formule qui donne les meilleurs résultats est la suivante : eau. 1 litre; sulfite de soude cristallisé. 75 grammes; glycine. 15 grammes; carbonate de soude, 110 grammes. Ce révélateur agit très rapidement; le plut souvent, on l'étendra de trois à quatre volumes d'eau.
La caractéristique du révélateur à la glycine est d'augmenter les contrastes. Ce révélateur est très bon pour développer les négatifs de gravure.
M. Eiauff9 recommande une formule contenant : eau, 1,000 C. c: sulfite de soude cristallisé, 380 grammes : carbonate de potasse, 290 grammes; glycine, 43 gramme8. On «'tend ce liquide d'une certaine quantité d"eau suivant la durée de la pose.
Le révélateur à la glycine permet d'obtenir de lions négatifs, même lorsque la durée normale de la pose a été fortement dépassée. Dans ce cas. on prépare une dissolution concentrée contenant iHM> c. c. d'eau, lôo grammes de sulfite de soude cristallisé et 00 grammes «le glycine: on étend ce liquide de vingt à vingt-cinq fois son volume d'eau, et l'on plonge la plaque dans une cuvette verticale contenant ce révélateur étendu d'eau. L'opération s'effectue très lentement, niais après plusieurs heures d'immersion on obtient un bon négatif.
1409. Révélateur à la diamidorésorcine. Le chlorhydrate de diamidorésorcine a été employé, sous le nom de réducine. comme révélateur. Les images obtenues par l'emploi de cette substance sont riches en détail dans les ombres. Le I)' Vogel1 a recommandé, en 1898, la formule
1. Phot. Correspondent, octobre 1898. — 2. The Amateur Phoiographer, lu mai \H\)'A. — :\, Thf AaitHeuv Photof/rapher, n" IRQ,
suivante : eau. 1,000 c. c; sulfite de soude, r>0 grammes; réducine, 4 gram mes; acide sulfurique, 20 gouttes.
MM. Lumière préparent depuis peu de temps le chlorhydrate de diamidorésorcine et livrent ce produit à un grand état de pureté. Le développateur normal h la diamidorésorcine est constitué par 1 litre d'eau, 30 grammes de sulfite de soude anhydre et 10 grammes de diamidorésorcine (chlorhydrate). Cette solution ne doit pas être préparée à l'avance; la rapidité d'action du révélateur diminue en effet très rapidement avec le temps. Le mieux est d'opérer de la manière suivante : on prépare une solution de sulfite de soude anhydre contenant 60 grammes de ce produit pour 1 litre d'eau : ce liquide se conserve assez hien dans un flacon bouché au liège. Au moment de développer, on prélève dans le flacon de sulfile la moitié du volume du liquide dont on a besoin pour l'opération, on ajoute un égal volume d'eau (soit par exemple 50 c. c. de solution de sulfite et 50 c. c. d'eau), on ajoute alors environ 1 gramme de diamidorésorcine (mesuré approximativement à l'aide d'une pelite pelle à sel en ivoire ou d'une cuillère à moutarde). La diamidorésorcine se dissout rapidement; on plonge la plaque dans ce bain préparé dans la cuvette même.
Trois cas peuvent se présenter :
\° Négatif correctement exposé : L'image se développe régulièrement et acquiert rapidement l'intensité nécessaire sans trace de voile ;
'2° Négatif surexposé : L'image se développe immédiatement dans toutes ses parties et manifeste une tendance au voile; il faut ajouter à 100 c. c. de bain de développement de 1 à 10 c. c. de solution de bromure de potassium a 10 % ;
3° Le négatif manque de pose : les grandes lumières seules apparaissent lentement. Il faut dans ce cas ajouter de la solution de sulfite dans le bain révélateur, sans addition de diamidorésorcine. On peut porter la quantité de sulfite jusqu'au double de celle qu'on emploie normalement lorsque le temps de pose a été par trop insuffisant. On peut aussi retirer la plaque du bain révélateur, et sans la laver, la plonger dans une cuvette contenant une dissolution de sulfite de soude à 6 % ; mais ce traitement énergique ne peut être employé avec toutes les plaques, certaines donnent des images voilées dans ces conditions.
DÉVELOPPEMENT
Les négatifs développés avec la diamidorésorcine présentent tontes les qualités de ceux développés avec l'amidol, mais s'obtiennent bien plus facilement que par l'emploi de ce dernier produit. Il est peu de révélateurs <jui soient aussi faciles à manier que la diamidorésorcine. Sous ce rapport, il n'y a guère que l'hydroquinone qui lui soit comparable: mais l'on sait que ce produit a une tendance à donner des négatifs durs. La diamidorésorcine, pourvu que l'on n'emploie pas trop de sulfite, donne des images dans lesquelles la gamme des teintes du sujet est très bien conservée: en solution aqueuse, avec une très petite quantité de sulfite, elle peut donner des négatifs très opaques, dette substance étant très soluble dans l'eau, on peut faire varier rapidement la composition du bain développateur et corriger les erreurs commises dans l'appréciation du temps de pose. Dans le cas de surexposition, l'addition de bromure de potassium retarde immédiatement l'action du développateur et permet d'obtenir des négatifs très limpides. La rapidité avec laquelle agit ce révélateur constitue un avantage sérieux pour les protographes de profession : le développement s'effectue plus vite que par l'action de l'acide pyrogallique ou de l'oxalate de fer, et les négatifs produits sont au moins aussi brillants que ceux obtenus par l'emploi de ces révélateurs. Cette rapidité n'exclut pas la possibilité
de tâter la ]jfn</H(> lorsqu'on n'a pas d'indications Bur la durée du temps de pose: il suffit pour cela de commencer le développement avec très peu de sulfite et d'augmenter progressivement la dose de ce produit/
1410. Révélateurs divers. — MM. Lumière oui montré que le nombre des révélateurs que l'on peut employer est extrêmement considérable. Ils Ont* Constaté avec M. Seyew et/ 1 que la plicn\ lli\ droxilamine est un dév«-
(oppateur qui. par son action sur ta plaque Bensible, donne naissance au nitro-ben/ol. Ils ont employé la formule suivante : eau. 1.000 c. c; sullite de soude anhydre, 30 grammes ; bromure de potassium, (I grammes ; phenylhydroxilamine.
L'introduction du groupement hv.lrow lamine dans un noyau aromatique lui imprime des propriétés révélatrices; inversement, ce pouvoir révélateur peut être utilisé pour caractériser la fonction hyd roxylamine dans la série aromatique et corroborer la propriété caractéristique pour les hvdroxylamines de réduire à froid la liqueur de Fehling.
MM. Lumière ont montré que le gaîacol à Yclat de pureté* ne révèle pas l'image latente.
I. Bulletin de la Société française de photographie, L891, p. 187. — 2. Ibid . 1893, p. 629.
M. Le Roy1 a constaté que le pouvoir révélateur des peroxydes alcalins et celui de l'eau oxygénée rendue fortement alcaline est inférieur à celui que présentent les substances habituellement employées en photographie.
1412. Mélange de diverses substances révélatrices. — En mélangeant certaines substances révélatrices, on peut préparer des bains de développement qui présentent plus ou moins les propriétés de chacun des constituants, et dont l'emploi peut être utile dans certaines conditions spéciales.
Hydroquinone et paramidophénol. — M. F orestier 2 a modifié la formule d'un bain concentré qui se conserve assez bien et qui agit rapidement : eau distillée chaude, 230 c. c; sulfite de soude anhydre, 36 grammes; hydroquinone, 3 grammes; paramidophénol, 4 grammes; bromure de potassium, 10 gouttes d'une solution saturée; glycérine, quantité suffisante pour amener le volume à 250 c. c. Pour révéler l'image, on ajoute trois volumes d'eau à un volume de ce bain, et si l'on trouve que son action est trop rapide, on ajoute une plus grande quantité d'eau.
Au lieu de lithine, on peut employer le sucrate de chaux. Le bain se prépare à l'aide de deux solutions : A) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude, 45 grammes; sucre en poudre, 45 grammes; chaux en poudre, 45 grammes; hydroquinone, 8 grammes; B) eau, 1,000 c. c; sulfite de soude, 45 grammes; sucre en poudre, 45 grammes; chaux en poudre, 45 grammes; paramidophénol, 4 grammes. On mélange par parties égales les deux solutions.
Si l'on veut préparer le bain en une seule fois, on fait dissoudre 65 grammes de sulfite de soude anhydre dans un litre d'eau; on ajoute 5 grammes de lithine caustique, 20 gouttes d'une dissolution saturée de bromure de potassium, 4 grammes d'hydroquinone et 3 grammes de paramidophénol.
M. Valenta 3 a insisté le premier sur les avantages que présente l'emploi du mélange de paramidophénol et d'hydroquinone; il se sert d'un bain faible contenant pour 1,000 c. c. d'eau, 70 grammes de sulfite de soude cristallisé, 50 grammes de carbonate de soude cristallisé, 3gr5 de chlorhydrate de paramidophénol et 2sr5 d'hydroquinone. Ce bain peut servir aussi à développer les photocopies insuffisamment imprimées sur papier au gélatino-chlorure ou au collodio-chlorure.
On a vendu pendant longtemps, sous le nom de Roclinal, un produit préparé4 de la façon suivante : dans un litre d'eau bouillante on fait dissoudre 300 grammes de métabisulfite de potasse et 100 grammes de chlorhydrate de paramidophénol, on ajoute peu à peu dans ce liquide une solution concentrée de soude caustique jusqu'à ce que le précipité formé soit dissout et que la solution soit devenue limpide. Ce révélateur doit être étendu de dix à cinquante fois son volume d'eau. On obtient des négatifs très intenses en ajoutant à chaque 100 c. c. de ce révélateur 5 c. c. d'une solution5 contenant : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude, 100 grammes; hydroquinone, 50 grammes.
Hydroquinone et iconogène. — On prépare 6 deux solutions : A) eau,
1. Comptes rendus, 1895. — 2. Photo-Gazette, 1894, p. 110. — 3. Phot. Correspondenz, n° 378. — 4. Chem. Zèitung, 1892. — 5. Phot. News, n° l"o(3. — 6. PhoL Correspondent, n° 391.
DÉVELOPPEMENT
Té 1
1,000 c. c, sulfite de soude cristallisé, 120 grammes; hydroquinone , 0 grammes; taonogène, 10 grammes; 15) eau, 1,000 c. c.; carbonate de potasse, 300 grammes. Pour développer les négatifs de portraits et de paysages, ou prend cinq parties de la première solution et une partie de la seconde
L'addition d'oxalate de potasse au révélateur concentré à l'iconogène permet d'obtenir des négatifs très brillants. On prépare une solution concentrée d'oxalate de potasse et on la verse goutte à goutte dans le bain servant au développement. Les images obtenues sont exemptes de voile.
Hydroquinone et métol. — Le mélange d'hydroquinone et de métol donne des négatifs très vigoureux. On prépare deux bains séparés l'un de révélateur au métol. l'autre d'hydroquinone. Le bain de métol sert à faire apparaître les détails de l'image; ou le prépare avec 1 litre d'eau. 50 grammes rte sullite de soude cristallisé, 5 grammes de métol, .",0 grammes de carbonate de soude cristallisé el 1 déci grain me de bromure de potassium. Aussitôt que les ombres de l'image commencent à se voiler, on transporte lu plaque dans le bain d'hydroquinone. Ce bain se prépare à l'aide d'une solution de réserve : eau chaude, 2 litres : sullite de soude cristallisé, 300 grammes; prussiate punit' de potasse. lv?ô grammes. Après dissolution de ces substances, on ajoute : hydroquinone. 80 grammes: eau, 1,800 c. c; carbonate de soude cristallisé. ;;oo grammes ; potasse, 50 grammes. A 200 c. c. de la solution de réserve ainsi préparée, on ajoute 100 à 150 c. c. d'eau et 5 à 10 c. c. de solution de bromure de potassium à 10 %• Les négatifs acquièrent plus ou moins de vigueur, suivant la dilution plus ou moins grande du bain de développement.
M. Bouillaud opère plus simplement l'aide d'un seul bain contenant : eau distillée, 1,000 c. c; sullite de soude anhydre, 150 c. c: hydroquinone, 7f5; carbonate de potasse, 'iil grammes; métol, ."> grammes. L'action de ce bain est rapide; il peut rendre des services dans l'atelier du professionnel.
On obtient un révélateur se conservant très longtemps en préparant deux solutions séparées. On fait dissoudre 80 grammes de sullite de soude cristallisé dans un litre d'eau, on ajoute 6 grammes d'hydroquinone et 8 grammes de métol. Pour préparer le bain de développement, on ajoute à 100 parties de ce liquide 85 C. c. d'une solution de 125 grammes de carbonate de soude dans un litre d'eau
Le phosphate tribasique de soude peut remplacer le carbonate de soude dans ces formules et donne des négatifs très intenses3. On prépare le bain de développement avec 500 c. c. d'eau, lô grammes de sullite de soude anhydre. 8 grammes d'hydroquinone et 2 grammes de métol; on mélange cette solution par parties égales avec un liquide contenant 25 grammes de phosphate tribasique de soude et 500 c. e. d'eau. Si h' temps de pose de la plaque a été un peu exagéré, on ajoute quelques gouttes de dissolution de bromure de potassium à 10 °/0*
Pour développer les plaques dont le temps de pose a été fort réduit, M. Pringle 4 prépare les deux dissolutions suivantes : A) eau, 1 litre; bisulfite de soude liquide, 100 c. c; hydroquinone. 20 grammes; métol, '20 gram-
1. Phot. Correspondent, juillet ltfOU — ■>. The Amateur Photographer, na 555, :;. Photo-Gazette, is.»r>, p, m. — i. Tht Amateur Photographer, 1893, i». 660.
mes; B) eau. 1,000 c. c; soude caustique, 20 grammes. Ces deux liquides sont mélangés par parties égales ; l'on ajoute au révélateur quelques gouttes de dissolution de bromure de potassium à 10 °/0 pour éviter la formation des images voilées.
Hydroqiiinone et acide pyrogalliqae. — En étudiant l'action du mélange de ces deux révélateurs, M. Houdaille est arrivé à établir la formule suivante : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude anhydre, 50 grammes; carbonate de soude cristallisé, 100 gr.; hydroquinone, 9 grammes; acide pyrogallique, 4 grammes; bromure de potassium, Ulo.
Métol et paramidophénol. — M. Audra1 prépare une solution contenant : eau chaude, 1 litre; sulfite de soude anhydre, 40 grammes; métol, 4 grammes: paramidophénol, 2 grammes. Au moment de développer, il ajoute à 100 c. c. de ce liquide 10 c. c. d'une solution de carbonate de soude à saturation. Ce bain de développement agit très rapidement; on peut modérer son action en l'étendant de son volume d'eau.
1413. Révélateurs en poudre. — La préparation de poudres dont la simple dissolution dans l'eau constitue un bain révélateur peut être effectuée très facilement. On mélange2 à chaud 80 grammes de sulfite de soude anhydre et 20 grammes d'hydroquinone, on ajoute 1 c. c. d'une solution d'éosine dissoute à la dose de 5 grammes dans 1 litre d'eau, on fait bouillir et on ajoute 160 grammes de carbonate de potasse pur et sec ; on mélange, et on chauffe jusqu'à formation d'une légère pellicule à la surface de la masse. On desséche le produit obtenu en opérant à la température de 80° G. La dessiccation est en général obtenue en six heures. Le produit préparé doit être conservé en flacons bien bouchés. On le dissout à la dose de 50 grammes pour 1 litre d'eau s'il s'agit de développer des négatifs ayant une pose normale; s'il s'agit de négatifs ayant posé longtemps, la solution révélatrice ainsi préparée sera étendue de son volume d'eau.
Un très grand nombre de fabricants livrent à l'état de poudre fine renfermée dans de petits tubes les produits nécessaires au développement : on peut ainsi obtenir très vite en voyage le bain révélateur; d'autres livrent le révélateur à l'état concentré dans de petits flacons dont chacun contient la quantité de révélateur nécessaire au travail d'une journée; le plus souvent, les divers constituants du bain sont isolés et en proportion telle qu'il n'y ait aucune pesée à faire pour préparer le bain que l'on obtient par une simple addition d'eau pure mesurée à l'aide du récipient qui contient les substances révélatrices.
1414. Pratique du développement. — La valeur artistique d'une photographie dépend de trois facteurs principaux : 1° le choix du modèle; 2° la conduite du développement qui fournit le phototype négatif; 3° les procédés de tirage servant à obtenir la photocopie. De ces trois facteurs, la conduite du développement est de beaucoup la
1. Bulletin de la Société française de pltotoyraplùe, 1895, p. 107. — 2. Plioto- Journal, 1895, p. 362.
DÉVELOPPEMENT. 278
plus importante au point de vue technique : ceci était considéré connue un principe par les anciens photographes qui pratiquant les procédés à L'albumine, au collodion sec ou au papier ciré, consacraient souvent une journée au développement d'un seul négatif. Le développement est certainement la moins mécanique de toutes les manipulations que l'on effectue en photographie. Vouloir exécuter automatiquement cette opération conduit à cette conclusion que tous les sujets susceptibles d'être photographiés sont identiques, conclusion qui est tout à fait inexacte. Certains sujets présentent de fortes oppositions entre les parties éclairées et les parties dans L'ombre; une prolongation de la durée du temps de pose, un révélateur agissant rapidement permettront de diminuer ces oppositions trop vives qui seraient exagérées par la plaque photographique; au contraire, si le sujet à photographier manque d'oppositions, si l'éclairage est monotone, la conduite du développement doit être toute différente : il faut chercher à augmenter l'écart d'opacité qui doit exister sur le négatif pour rompre cette monotonie. Il faut donc de la part de l'opérateur une connaissance approfondie des ressources qu'offrent les diverses substances employées au développement. Ces notions étaient autrefois très simples : on développait l'image dans tous ses détails, on lui donnait ensuite la vigueur nécessaire au tirage tout en modifiant la gamme des intensités. Divers moyens sont mis en œuvre pour atteindre ce résultat.
L'emploi des révélateurs dilués, si le temps de pose est exact, permet de développer les détails tout en donnant un négatif peu intense ; si le temps de pose a été fortement exagéré, on emploiera le bromure de potassium à forte dose et un révélateur plus riche en alcali ou en substance révélatrice. Il ne faut pas oublier que les nombreuses formules de révélateurs qui ont été publiées ont en vue le développement de plaques ayant posé normalement devant un sujet d'éclairage normal, c'est-à-dire sans de trop fortes oppositions entre la valeur des ombres et des lumières. Ou peut dans l'atelier, par un choix convenable de l'éclairage, réaliser de telles conditions, et l'on conçoit qu'à la rigueur il soit alors possible d'employer un révélateur agissant automatiquement si les circonstances extérieures sont toujours les mêmes. 11 est cependant peu de professionnels habiles qui emploient un révélateur agissant automatiquement; il y a souvent intérêt à modifier le uégatif : me' addition «le bromure permettra au révélateur d'agir plus longtemps, aux grands clairs de prendre plus
d'opacité, aux ombres d'être plus fouillées. Le mélange, fait progressivement, de la quantité d'alcali nécessaire au développement, permettra presque toujours d'avoir des négatifs plus brillants que si cette dose d'alcali avait été ajoutée en une seule fois. En utilisant l'amidol, la diamidorésorcine, l'emploi ménagé de la solution de sulfite de soude permet de modifier complètement la nature de l'image. Ayant bien défini le but que l'on se propose d'atteindre (négatif heurté, harmonieux, uniforme, etc.), on pourra toujours atteindre ce but en ne livrant rien au hasard de l'automatisme. On peut comparer avec raison l'opération du développement au travail du graveur qui, avec son burin, travaille la planche de cuivre. Le travail de l'opérateur photographe est tout aussi délicat ; indépendamment du sens artistique, il doit posséder une connaissance approfondie des propriétés des diverses substances qui entrent dans la constitution du révélateur, afin que, par un emploi judicieux, il les fasse concourir au but final.
Les principales de ces propriétés sont les suivantes : 1° Dans les bains contenant un alcali et une substance révélatrice, le grand excès d'une substance par rapport à l'autre donne généralement des négatifs peu intenses, mais riches en détails:
2° L'addition de bromure de potassium en excès donne de la dureté, c'est-à-dire de fortes oppositions entre les ombres et les lumières;
3° La concentration et la forte dilution d'un bain normal donnent plus ou moins rapidement des négatifs peu intenses, d'aspect gris, quoique riche en détails:
4° Les bains qui révèlent l'image sans qu'il soit nécessaire d'employer un alcali donnent des images peu intenses, remplies de détails lorsqu'on emploie un excès de sulfite: la substance révélatrice employée seule ou avec la petite quantité de sulfite nécessaire' à la stabilité de la solution donne des négatifs durs, heurtés, à fortes oppositions.
Ce sont là les principes que l'on ne doit pas oublier pendant l'opération du développement; ils doivent servir de guide dans les cas particuliers si nombreux qui se présentent journellement à l'opérateur.
RKNFoKÇATËUHS.
S -5. — Fixage, renforcement, affaiblissement du négatif.
1415. Fixateur acide. — Lorsque le fixage du négatif ne doit pas être l'ait immédiatement après le développement! il est utile, après lavage, de plonger la plaque dans un bain contenant soit 20 grammes d'acide tartrique pour un litre d'eau, soit 1 gramme de bromure de cadmium pour 15 c. o. d'alcool. I-a couche qui constitue l'image devient brusquement insensible à la lumière el peut être conservée pendant des mois sans être fixée ,.
Le bain fixateur acide recommandé pur Lainer se prépare en dissolvant 900 grammes d'byposultite de soude dans un litre d'eau; à cette solution on ajoute 50 c. c. de bisulfite de soude commercial. Comme Ta fait observer
If. Keeb2, un semblable bain conserve tonte sa limpidité, même sous l'influence de la lumière; grâce à son acidité, il neutralise très vite les éléments du révélateur alcalin que la couche de gélatine pourrait encore contenir. Le fixage se fait donc dans des conditions aussi satisfaisantes que possible.
M. Liesegang1 a montré que La thiocarbamide ou sulfocarbamide jouit de la propriété d'enlever le voile jaune ou vert des négatifs. Ou commence par fixer le négatif dans 1.- bain d'b vposullite et de bisulfite de soude, puis, si on constate La présence d'un voile coloré, <>n Le fait disparaître dans le bain décolorant à la Bulfo-urée. On prépare 06 bain avec un litre d'eau,
"2(K> grammes d'hyposulfite de soude el r> à 30 grain b de thiocarbamide;
on lave soigneusement après L'action de ce bain.
1416. Alunage. L'emploi de l'alun dans Le bain d'hyposulfite de soude est à peu près abandonné aujourd'hui; on préfère laver Le négatif au sortir du fixateur acide et Le plonger dans Le bain d'alun. M. Declercq'a Indiqué La préparation d'un bain fixateur qui se conserve assez bien. On
fait dissoudre 180 grammes d'hyposulfite de BOUde dans 1,440 C. c d'eau: d'autre part, on fait une solution de 80 grammes de BUlfite de BOUde dans 180 C. C. d'eau et une troisième solution contenant 'i C. C. d'acide sulfurique et 00 ce. d'eau; on verse la solution sulfurique dans celle de sulfite, et Le mélange est vers»' dans La solution d'hyposulfite. Au Liquide obtenu, on ajoute une solution de iô grammes d'alun de chrome dans 240 C. C. d'eau : on chauffe sans faire bouillir, puis L'on filtre; on attend que ce bain soit refroidi pour l'employer.
1417. Élimination de l'hyposulfite de soude. <>n trouve dans le commerce, sous le nom à'anthion, un persulfate de potasse1 qui agit comme oxydant et transforme L'hyposulfite en tétratbionate de soude. ( <e Bel est dissous dans la proportion de 1 gramme pour 300 c. c. d'eau. Pour enlever l'hyposuliite d'une plaque du format L8 x bs complètement fixée, on La
t. Photo-Gazette, L8U5, p. $2. — 2. Bulletin de '<> Société française de photogra.phie, 1-891, i>. 188. — 3. Phot. Archiv., L898. — I. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1&K>, p. 828. — 5 Phot. Mittheilungen, I8W, a« 14.
plonge pendant cinq minutes dans une cuvette contenant 500 c. c. d'eau, en agitant constamment la cuvette de manière à renouveler l'eau qui est au contact de la couche de gélatine, puis on transporte la plaque dans une autre cuvette contenant la dissolution d'anthion faite à la dose de 5 grammes par litre; on l'y laisse pendant cinq minutes en agitant le liquide. On lave de nouveau, on recommence pendant cinq minutes le traitement au persulfate de potasse et on lave finalement à l'eau pendant cinq minutes. On s'assure que tout l'hyposulfîte est détruit en recueillant 10 c. c. de la dernière eau de lavage et l'additionnant de 2 ou 3 gouttes de solution de nitrate d'argent. Le précipité laiteux qui se formera ne doit pas, môme après plusieurs minutes, se colorer en jaune; s'il reste blanc, on peut considérer le lavage comme terminé, sinon il faut recommencer le traitement à l'anthion.
M. Mercier1, trouvant que les persels ne décomposent qu'incomplètement les hyposulfites d'argent, a proposé l'emploi d'un sel iodé, préparé en mélangeant au mortier de porcelaine 3 grammes d'iode et 30 grammes de sel marin; on ajoute peu à peu de l'eau en petite quantité pour que l'iode se dissolve; on mélange ensuite avec 30 grammes de carbonate de soude. Ce mélange est ensuite dissous dans un litre d'eau. On obtient ainsi une dissolution jaune que l'on peut employer dès qu'elle est spontanément devenue incolore, ce qui demande au moins vingt-quatre heures. Si l'on vent l'utiliser de suite, on peut obtenir sa décoloration immédiate en la chauffant pendant quelques instants au bain-marie, ou en lui ajoutant une très petite quantité d'ammoniaque. Au lieu de préparer ce sel, on peut utiliser le produit que l'on trouve dans le commerce sous le nom de sel iodé Mercier. On fait dissoudre 20 grammes de ce sel dans un litre d'eau et le bain peut immédiatement servir. La solution ne s'altère que très lentement. On peut diminuer cette dose s'il s'agit d'éliminer l'hyposulfîte restant dans les papiers salés ou dans ceux au gélatino-bromure. Les négatifs retirés de l'hyposulfîte sont d'abord lavés à l'eau ordinaire pendant cinq minutes, puis on les plonge dans le bain éliminateur, où ils séjournent pendant une demi-heure; on termine par un lavage de quelques minutes à l'eau pure.
1418. Emploi du formol. — Pour insolubiliser la couche de gélatine, l'alun peut être avantageusement remplacé par l'aldéhyde formique connue dans le commerce sous le nom de formaline, formol. Il suffit de plonger le négatif, bien lavé, dans un mélange de 50 c. c. de solution commerciale d'aldéhyde formique et 1,000 c. c. d'eau; après une immersion dont la durée ne doit pas excéder cinq minutes, la couche de gélatine est devenue insoluble; il suffit de laver et de faire sécher.
Dans le but de sécher très rapidement la plaque, M. Mareschal2 laisse égoutter l'eau qui se trouve h la surface du négatif bien lavé, et verse sur la couche de gélatine, la glace étant placée horizontalement, quelques gouttes d'un mélange fait à parties égales d'eau et de formol. Ce mélange est étendu avec le doigt promené à la surface de la plaque; on lave la
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1897, p. 296. — 2. Photo- Gazette, 1895, p. 82.
RENFORÇATEURS.
couche insolubilisée à l'eau bouillante et on la sèche devant le feu. Dans ces conditions, le séchage de la plaque s'effectue très rapidement.
La couche de gélatine, rendue insoluble au moyen de l'aldéhyde formique, peut recouvrer sa solubilité si on la traite par un corps susceptible de lui céder de l'oxygène, un sel ferrique par exemple. Par son exposition à la lumière, le sel ferrique est réduit à l'état de sel ferreux et la gélatine insoluble passe à l'état de gélatine soluble. Si l'exposition a lieu sous un négatif et que la gélatine soit colorée, on peut obtenir ain<i des photocopies1.
1419. Renforçateurs. Sels de mercure. -On obtient des uégatifs se conservant longtemps en employant 1rs formules indiquées pur M. Vausant2. Le négatif est d'abord blanchi par une solution de chlorure mercu-
rique dissous à la dose de vîd grammes pour un litre d'eau; on lav te négatif et on le traite par un mélange fraîchement préparé de 0fr125 d'acide gallique, 2 grammes d'hydrate de potasse el 2 titres d'eau. Au lieu de cette dernière solution , M. Peeb3 recoin mande de faire agir sur L'image une Simple Solution de SOUde caustique dissoute à la dose de 'i ou ô grammes pour un litre d'eau. Pour les repro ludions d'images au trait, il vaut mieux, d'après ML Sachse4, faire noircir le négatif dans un bain d'ammoniaque après avoir lavé la couche dans une solution de :>."> grammes de chlorhydrate d'ammoniaque pour un litre d'eau. Les uégatifs représentant des portraits ou des paysages sont immergés dans une solution de 150 grammes de sulfite de soude cristallisé, 1Ô0 grammes de carbonate de soude cristallisé et 1 litre d'eau : enfin, on peut employer un révélateur quelconque, en particulier celui au métol5, qui fait noircir très rapidement l'image.
On peut aussi employer un seul bain composé du mélange de trois solutions : A) eau, 250 C. c: bichlorure de mercure, 12 grammes; P) eau, 250 c. c; iodure de potassium, 1S grammes; Ci eau. ôOO c, «-.; hypOBUlfite de soude, 24 grammes; on verse A) dans et sans filtrer on verse ce mélange dansC); on agite et on filtre si la liqueur û'eSI pas complètement limpide.
Sels d'argent. — L'ancien procédé de renforçage des négatifs au collodion consistait à employer le nitrate d'argent et le pyrogallol; mais ce produit colore souvent la gélatine des plaques au gélatino-bromure. UQbM a
recommandé le métol pour remplacer l'acide py rogalUque. < Mi prépare deux solutions : A) eau. 1.000 c. c; métol. lô grammes: acide citrique, 10 grammes; P) eau , 1,<K>0 c. c. ; nitrate d'argent. 10 grammes. On traite d'abord le négatif par la solution de métol. puis par la même solution, à laquelle on ajoute un dixième de son volume de solution de nitrate d'argent. Vue par transparence, la couche renforcée présente à l'état humide une teinte bleuâtre ; en séchant, la teinte passe au brun, ce qui lifie l'intensité du négatif.
Sels de cuivre. — Le renforcement au bromure de cuivre. Indiqué dès 1X77 par Warnerke, exige certaines précautions pour fournir de bons
1. British Journal <>f Photography, 6 septembre 1807. — & PKot. News, 1896, ^68.-8. Bulletin de la Société française de photographie, 1808, p. 668. — 4. Photo-Gazette, 1894, p. 100. — 5. Bulletin du Photo-Club de Paris, 1893, p. 858. — 6. Paris-Photographe, 1898, p. 78,
résultats. Liesegang opère en plongeant le négatif dans un bain contenant 25 grammes de sulfate de cuivre, 25 grammes de bromure de potassium et 1 litre d'eau. La durée de l'immersion du négatif bien lavé et fixé doit être telle que la couche, primitivement noire, soit devenue complètement blanche. La durée du lavage après le blanchiment est extrêmement importante. Si la plaque est surexposée ou voilée, on la lave longtemps pour enlever tout excès de cuivre; le ren forçage par le nitrate d'argent ne se produit alors que faiblement. Si le négatif est tel qu'il y ait lieu d'augmenter la visibilité des détails plutôt que l'intensité, le lavage doit être fait très sommairement avant l'immersion dans le bain d'argent.
Le chlorure de cuivre peut servir pour blanchir l'image développée et fixée. M. Ingall1 se sert d'un bain de chlorure de cuivre suivi d'un traitement à l'acide formique.
Sels d'urane. — On forme le plus souvent le ferrocyanure d'urane, qui a une belle teinte brune. Gomme l'a indiqué Reeb2, la méthode consiste à employer un ferricyanure dont le ferrocyanure correspondant soit coloré et insoluble. On plonge le négatif dans la solution de ce ferricyanure que l'argent amène à l'état de ferrocyanure passant lui-môme à l'état de ferrocyanure d'argent insoluble : le renforcement résulte de la juxtaposition de ces deux ferrocyanures. En employant le ferricyanure ferrique seul, la teinte sera bleue par suite de la formation d'un ferrocyanure ferrique bleu. Cette méthode permet de communiquer au négatif une couleur qui laisse plus ou moins passer les rayons agissant sur le chlorure d'argent. Dans certains cas, ces renforçateurs agissent comme affaiblisseurs, car ils rendent le négatif plus perméable à la lumière. Si le ferrocyanure formé possède une teinte inactinique, comme le ferrocyanure d'urane, l'image sera chimiquement plus intense. Vogel recommande l'emploi d'un bain contenant 5 grammes de prussiate rouge de potasse, 5 grammes de nitrate d'urane, 1 litre d'eau et 100 c. c. d'acide acétique cristallisante.
Pour obtenir des négatifs de teinte légèrement verdâtre, Srna et Scolick3 plongent dans un bain spécial le négatif préalablement renforcé à l'urane. On lave jusqu'à disparition de stries graisseuses qui se trouvent sur la couche renforcée, et on plonge la plaque dans le mélange fait à parties égales de deux solutions : A) eau, 1,000 c. c. ; ferricyanure de potassium, 15 grammes; B) eau, 1,000 c. c; chlorure de fer, 15 grammes; oxalate d'ammoniaque, \ grammes.
On peut aussi colorer le ferrocyanure d'argent formé; dans ce but, M. Maringen4 mélange 5 c. c. de vieux bain à l'hydroquinone, 20 c. c. de solution d'acide citrique à 10 °/o,10 c. c. de solution de ferricyanure à 10 °/o el50 c. c. d'eau. Le mélange doit être fait dans l'ordre indiqué; le négatif est plongé clans ce bain qui le noircit rapidement. Pour terminer, on le lave pendant un quart d'heure dans une eau fréquemment renouvelée. Après le renforcement, les négatifs ne doivent pas être lavés pendant plus d'une heure, sinon l'image s'affaiblit.
Emploi du formol. — Les pellicules de gélatine, insolubilisées par le
1, British Journal of Photo graphy Almanac, 1892. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1892, p. 671. — 3. Phot. Correspondent, janvier 1893. — 4. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 518.