‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 4)Chapitre 96 sur 146 · Paris-Photographe, 1892, p · texte numérisé non relu

Paris-Photographe, 1892, p

DÉVELOPPEMENT DES PHOTOCOPIES. 309

si l'image est à peine visible au sortir du châssis-presse, elle disparaît souvent dans ce bain ; il suflit d'une durée d'immersion de cinq minutes; on lave pour enlever l'excès de bromure et on fait agir le révélateur. 11 est à remarquer que l'épreuve est d'autant plus heurtée qu'elle est moins visible au sortir du châssis-presse. On peut mettre à profit cette observation pour obtenir des photocopies vigoureuses de négatifs faibles, ne fournissant que des images grises par les procédés usuels de phototirage. De même les négatifs durs peuvent donner de bonnes épreuves si l'exposition à la lumière est suffisamment prolongée. On peut, en modifiant convenablement le révélateur, obtenir des détails dans les blancs de l'image, ce qui serait impossible sans le procédé de développement. Quel que soit le révélateur adopté, on doit le diluer fortement et l'additionner d'une assez grande quantité de bromure. L'emploi de La diamidorésorcine (1409) avec bromure donne de très bons résultats.

M. J. Heldmann a préconisé l'emploi du pinceau pour développer les épreuves sur papier, et. en fait, ce procédé présente de sérieux avantages sur tous les autres quand il s'agit d'épreuves de grandes dimensions1. Après l'impression à la lumière . le papier est placé dans une cuvette de dimensions un peu supérieures à celles du papier afin que l'excédent de révélateur ne puisse rester en contact avec le papier. Le papier est placé tout mouillé dans la cuvette et on développe; avec une éponge ou un pinceau imbibé du révélateur que l'on a choisi. Il est bon d'employer un pinceau plat à poils un peu durs et d'une longueur d'environ 2 centimètres et demi; on lave ce pinceau avant et après le développement. L'hvdroquinone avec carbonate de soude est d'un emploi avantageux : ce bain agit, en etfet, très lentement: on lui ajoute une quantité suffisante de bromure de potassium pour éviter la formation d'un voile sur les blancs et obtenir des noirs intenses.

M. Cousin2 a observé que lorsqu'on ajoute à petites doses l'eau iodée à un révélateur à l'hydroquinone. la durée du développement est considérablement abrégée et le ton des épreuves plus noir que si l'on n'avait pas employé d'iode. Il suffit d'ajouter 3 gouttes d'eau iodée à 100 c. c. d'un révélateur contenant 40 grammes de sullite de soude anhydre, 10 grammes d'hydroquinone, 100 c. c. d'une solution de carbonate de soude à saturation, et 30 C. c. d'une solution de bro-

l. Anthony' $ Photographie Bulletin, 1895. —2. Bulletin de la Société française de photographie, 1896,

mure de potassium à 10 %>• L'eau iodée est préparée en dissolvant dans la plus petite quantité d'eau que possible 5 grammes d'iodure de potassium et l£'"5 d'iode en paillettes. Cette eau iodée, ajoutée à forte dose dans le bain révélateur, adoucit les images qui se présentent trop dures au développement; l'effet est très rapide et ce procédé fournit un moyen de changer brusquement la venue de l'image.

L'emploi de l'iode dans le révélateur à l'hydroquinone pour négatifs a été indiqué par le Dr Eder pour fournir des images très brillantes.

1444. Virage des photocopies. — Quel que soit le procédé d'impression adopté pour produire les photocopies, on peut les faire virer de façon à leur communiquer une teinte déterminée. Le virage à l'or ou au platine doit précéder le fixage et l'on doit rejeter l'emploi des bains combinés; l'expérience a prouvé que les images virées par l'emploi de ces bains combinés sont destinées à s'altérer plus rapidement que celles préparées à l'aide d'un bain de virage et d'un bain de fixage séparé.

M. Maes1 a indiqué un moyen pratique de renforcer les épreuves imprimées sur papier au gélatino-bromure par les procédés usuels Les images bien lavées sont plongées toutes mouillées dans une solution de 50 grammes de bromure de potassium, 50 grammes de sulfate de cuivre et un litre d'eau; elles séjournent dans ce bain jusqu'à l'effacement de l'image qui devient légèrement jaunâtre ; on lave à plusieurs eaux pour éliminer complètement le bromure de cuivre et on plonge les épreuves dans une solution de nitrate d'argent à 2 ou 3 °/0 : l'image se développe très rapidement et prend une grande vigueur, le ton est noir pourpré; on élimine le nitrate en excès par des lavages à l'eau très abondants.

Le D« Just2 a montré que le métol mélangé au sulfite de soude développe les papiers préparés au bromure et au chlorure d'argent; c'est surtout avec le papier au chlorure que les images présentent les plus belles teintes. Il faut employer un révélateur assez dilué; on pourra utiliser les vieux bains qui ont servi à développer les négatifs, à la condition de les additionner d'un excès de bromure.

Les photocopies sur papier à la gélatine doivent être alunées après le développement et avant le virage. On les lave et on les immerge dans un bain contenant 50 grammes d'alun pour 1 litre d'eau ; on lave et on plonge répreuve dans le bain de virage. On obtient des tons noirs ou noir bleu par l'emploi d'un bain contenant 1 gramme de chlorure d'or, 48 grammes de chlorure de sodium, 1 gramme de sulfocyanure d'ammonium et 2 litres d'eau 3. Ce bain peut être employé pendant longtemps à la condition de lui ajouter 1 gramme de chlorure d'or par main (24 feuilles) de papier viré. En réduisant de moitié la quantité d'eau entrant dans cette formule, on obtient un bain qui agit très rapidement.

1, Bulletin de l'Association belge de photographie, 1892, p. 825. — 2. Phot. News, 29 juillet 1892. — 3. The Amateur Photographer, 11 novembre 1892.

PHOTOCOPIES BDR VERRE.

Pour obtenir des imagée d'un bleu verdâtre, on emploie le bain à L'urane (A, 1199), et lorsque les «'-preuves ont acquis une coloration rouge brun, on lave et on les plonge dans un bain composé de 1 gramme de perchlorure de ter, 2 c. 6. d'acide chlorhydri» pic et 800 c. C. d'eau. L'addition de sulfocyanure d'ammonium i au bain de virage à l'urane permet de faciliter le dépôt brun de terrocyanure d'uranium. On prépare le virage à l'aide de deux solutions : A) eau, 1,000 c. c ; ferricyanure de potassium, > fi :î grammes; B) eau 1,000 c. c; nitrate d'urane.. 10 grammes; acide acétique, 10 grammes; sultbcyanure d'ammonium, 56 grammes. Pour L'usage! on prend parties égales de chacune de ces dissolutions.

Ce virage à l'urane peut être employé avec presque tous les papiers fournissant des photocopies. S'il s'agit d'épreuves au platine, il ne faut pas pousser le développement à tond. car ce procédé renforce l'image; il faut que toute trace de fer ou d'acide soit éliminée quand on procède au virage. On prépare trois solutions : A) nitrate d'urane, 10 grammes; acide acétique cristallisable, 10 grammes; eau distillée, L00 o. c.; B) ferricyanure de potassium, 10 grammes; eau distillée, 100 c. c; < '.) Bulfocyanure d'ammonium 50 grammes; eau distillée, 100 c. c. On mesure 00 C. 0. d'eau, on ajoute 10 gouttes de A) et 10 gouttes «le (,n fait llotter l'épreuve MM le bain ainsi préparé, on rince la mesure graduée et l'on y verte lu gouttes de <o : on verse le bain dans la mesure et on projette le tout sur l'épreuve. I/iinage doit prendre un ton brun chaud avant «pie le bain soit troublé. Le ton passe

au rouge par un séjour prolongé dans ce bain. <m ramène L'épreuve à l'intensité voulue avec de l'ammoniaque ou un bain au carbonate ■ 1 • - soude. Si l'on emploie le papier au bromure d'argent, l'addition de la solution < '.) n'est pas nécessaire ; ou emploie :i0 c. c. de A i. oO c. c. de 15) et 100 c. c. d'eau.

Le premier mélange doit être réservé aux éprouvée au gélatino-chlorur i

à celles au platine*.

S •'». — PllOT« KIOIMKS SCH VKHUK.

1445. Emploi du papier au collodio-chlorui e. < >n peul obtenir dos images diapositives pour projections ou pour épreuves stéréoscopiques en se servant do la plupart des papiers à la eelloïdine ou au coilodio-chlorure d'argent du <• merce. Il suffil

d'imprimer l'épreuve un peu vigoureusement: quand elle e^t virée, fixée et lavée, on l'applique sur le vene qui doit servir de Bupport. verre qui a été préalablement recouvert «l'une mince couche de gélatine bichromatée que l'on insole après le séchage : la gélatine devient insoluble. Quand l'image a été appliquée Bur le Bupport gélatiné, on la laisse sécher complètement, puis on place le tout dans l'eau tiède, jusqu'à ce que le papier abandonne de lui-môme la couche de collo-

l. Bulletin delà Société française de photoçrapfiie, 1896, p. 318. — 2. i'i><>t. Nèwt, %\ lévrier 1896.

dion. L'opération est d'autant plus rapide que la température de l'eau employée est plus élevée. On enlève les dernières traces de gélatine adhérente au collodion à l'aide d'un morceau de ouate trempé dans l'eau tiède, on lave à l'eau froide et on fait sécher.

Si l'on veut obtenir l'image dans son vrai sens, on effectue un double transfert, exactement comme s'il s'agissait d'une épreuve au charbon, en opérant, soit sur papier stéariné, ciré, ou au caoutchouc, suivant l'ancienne méthode de Swann. (II, 656.)

Presque tous les papiers existant dans le commerce sous le nom de papier au collodion, à la pyroxiline, à la celloïdine, etc., peuvent être traités par ce procédé; mais il importe que les bains dans lesquels on immerge les papiers ne renferment pas d'alun, sans quoi le transfert deviendrait impossible par suite de l'insolubilisation de la gélatine.

On peut préparer directement des plaques au collodio-chlorurc d'argent. Les verres sur lesquels on veut étendre la couche sensible sont nettoyés à la teinture d'iode et polis au talc; on étend ensuite sur le verre une émulsion préparée avec 2 grammes de coton-poudre, 75 c. c. d'alcool, 100 c. c. d'éther (que l'on ajoute peu à peu au coton-poudre imbibé d'alcool en agitant vigoureusement après chaque addition), 2{.r|,50 de chlorure de zinc et 6 grammes de nitrate d'argent. Pour etïectuer rapidement cette préparation, on dissout le chlorure de zinc dans 25 c. c. d'alcool, et l'on verse cet alcool sur les 2 grammes de coton-poudre placés dans un flacon de verre jaune; on ajoute ensuite peu à peu les 100 c. c. d'éther en agitant pour favoriser la dissolution du coton-poudre : le nitrate d'argent est finement pulvérisé; on pèse 6 grammes de ce sel que l'on place dans un flacon de verre pouvant être chauffé au bain-marie, on ajoute G c. c. d'eau et l'on chauffe jusqu'à ce que tout le nitrate soit dissous; on ajoute alors 50 c. c, d'alcool : il se produit un précipité qui ne disparaît pas par l'agitation; on verse peu à peu ce liquide dans le collodion préparé et l'on agite fortement; on laisse déposer cette émulsion pendant vingt-quatre heures et on la filtre avant de l'étendre sur verre; aussitôt que l'éther et l'alcool se sont évaporés de la surface du verre sur lequel on a étendu l'émulsion, on lave la couche dans l'eau distillée jusqu'à ce que les traînées huileuses aient disparu de la surface de la plaque; on imprime par contact au châssis-presse et on développe avec le développateur au citro-oxalate ferreux additionné de son volume de solution de bromure cle potassium à 10 °/o.

Les plaques ainsi préparées peuvent être, développées par l'emploi de l'hydroquinone. Il est indispensable que ce révélateur contienne 6 grammes de bromure de potassium par gramme d'hydroquinone employé1; on lixe dans un bain d'hyposulfite de soude à 12 °/0.

1446. Emploi du chloro-gélatino-bromure. — Les plaques au géla tino-bromure peuvent être préparées à l'aide de l'émulsion combinée sui-

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