Trutat, Traité élémentaire du microscope, p
tions histologiques. Ce n'est pas une difficulté provenant de la photographie; c'est au micrographe qu'il appartient de fournir des préparations convenables pour le genre de recherches auxquelles on les destine. L'épaisseur d'une coupe ne présente pas de bien grands inconvénients lorsqu'on fait une observation directe; dans ce cas, en manœuvrant la vis micrométrique du microscope on peut généralement suivre un détail anatomique dans toute l'épaisseur de la couche. On ne peut songer à opérer de même en microphotographie; il faudrait se servir d'un objectif analogue à celui que Glaudet (68) employait pour les portraits : la netteté serait défectueuse, et si Ton essayait d'agir sur lavis micrométrique, comme l'a proposé un micrographe italien, on obtiendrait une image floue. Pour si mauvaise que soit la photographie obtenue sans toucher à la vis micrométrique , elle sera supérieure à celle que l'on obtiendrait en manœuvrant cette vis. Il n'y a d'exception que lorsque l'on se contente d'images manquant de netteté ou que l'on emploie de très faibles amplifications, auquel cas la profondeur de foyer de l'objectif est généralement suffisante. Dans certains cas, on pourra, comme l'a proposé Zeiss, faire plusieurs vues parallèles de l'objet à différentes profondeurs : on recombine ces images deux à deux par le stéréoscope. Ce moyen est assez compliqué comme exécution; il vaut mieux diaphragmer l'objectif, ou se servir d'un instrument ayant une ouverture numérique aussi faible que possible, puisque pour des objectifs de même construction la profondeur de foyer varie en raison inverse du carré de l'ouverture numérique. On trouve facilement de bons objectifs à petit angle.
Les négatifs de préparations anatomiques se feront sur plaques orthochromatiques, et, avant de faire la mise au point, on interposera sur le trajet des rayons lumineux un verre jaune; par ce moyen on neutralisera l'effet qui serait produit par la couleur rouge qui a servi à teindre la préparation. Les grandes préparations injectées se reproduiront avec facilité par l'emploi de petits objectifs photographiques (aplanats de 0ni06 à 0m10 de foyer); en diaphragmant, si l'amplification n'est pas trop considérable, on obtiendra de bons résultats. Dans quelques circonstances enfin, il pourra être avantageux d'employer un appareil à petites épreuves {fig. 677) recommandé par Moitessier : le petit châssis A se substitue à l'oculaire et l'on utilise la projection directe de l'image; on place en H une cuvette renfermant une solution colorée soit en jaune, soit en vert. Nachet, Bezu et Hauser, Verick et tout récemment E. Leitz, à Wetzlar, et Zeiss, à Iéna, ont construit des appareils spéciaux pour l'obtentiou de petites épreuves.
Les photographies de préparations histologiques ne présentent pas d'autres difficultés que celles que nous avons signalées : épaisseur trop grande ou couleur spéciale de la préparation ; on conçoit donc qu'il soit possible de déterminer après l'éclairage de l'objet, si celui-ci est susceptible d'être reproduit par la photographie; ce n'est que très rarement que l'on reconnaîtra l'impossibilité d'obtenir une bonne image si les règles de la technique microscopique ont été bien observées.
Il est quelquefois avantageux pour photographier les préparations histologiques, ou pour d'autres applications, de se servir d'une source de lumière ne contenant pas de rayons ultra- violets : on fera traverser aux rayons lumineux une cuvette contenant une dissolution de 15 grammes d'esculine dans un litre d'eau : ou bien on emploiera un écran coloré que
APPLICATIONS DE LA MICROPHOTOGRAPHIE
l'on prépare, d'après Miethe', en dissolvant 2 grammes de gélatine dans lô c. c. d'eau; après dissolution on mélange ce liquide avec une liqueur contenant % grammes de glycérine, 15 c. c. d'eau et 0 gr. 05 d'esculine ; le mélange bien filtré est étendu sur des glaces nettoyées; on obtient ainsi un écran plus ou moins coloré suivant l'épaisseur de la couche : un peut remplacer l'esculine par 0 gr. 02 de iluorescéine.
Si l'on emploie les plaques ortliocliromatiques, on pourra se servir de la poudre-éclair de Rôhmann et ûralewski3; on la prépare en mélangeant A) 1) gr. li de poudre de magnésium avec l:i gr. s de perchlorate de potasse sec ; B) ô gr- 7 de tartrate de baryte sec et 2 gr. "/ de perchlorate de potasse sec.
Fig. (J77.
On mélange 10 grammes de A avec 1 gramme de l*> et on ajoute (l^rOô de
sel marin desséché. Ce mélange doil être fait avec précaution sur une feuille de papier. Pour l'emploi, on mélange 1 à :; grammes de cette pondre avec 1 gramme de sucre de lait et l grammes de chlorate de potasse. ( lette poudreéclair, dont le maniement est dangereux, permet d'obtenir «les photographies instantanées entièrement nettes; le temps de pose est de 1,000 à 1,200 tbis pins court que par L'emploi d'une lampe au pétrole ordinaire,
Dans certains cas il va avantage à employer un mélange brûlant lentement : on se servira alors de L'éclairage indirect, c'est-à-dire qu'on projettera sur une glace dépolie la tlamme fournie par la combustion «l'un mélange
t Phot. Wochcnbl. 181)0, p. Mi}.