CARTE DU CIEL
phique est placée au foyer d'un objectif astronomique, monté équatorialement, et dont l'axe est dirigé vers la partie du ciel à photographier; un mouvement d'horlogerie permet de maintenir l'axe de l'objectif et la plaque sensible immobiles par rapport aux étoiles dont il s'agit d'obtenir l'image.
L'appareil construit par M. Gautier consiste (flg. 678) dans un tube métallique à section rectangulaire contenant parallèlement le chercheur et la lunette photographique formée d'un objectif de 0*88 d'ouverture et de 8m43 de distance focale. Cet objectif est poli par les frères Henry: il est achromatisé pour 1rs rayons chimiques et exempt d'aberration sphérique suivant l'axe. Le tube renferme aussi la lunette-chercheur ou pointeur, destiné à ramener l'astre au même point de la plaque sensible pendant La durée de la pose. La monture équatoriale est du système dit anglais, c'est-à dire que le centre du tube est placé dans l'axe polaire de l'instrument, ce qui permet de suivre un astre dans toute sa course au-dessus de l'horizon sans renversement de la lunette, ce qui est avantageux surtout quand les durées de pose sont un peu longues. Les accessoires de cet instrument sont ceux d'un équatoriaî ordinaire, à Bavoir un cercle horaire, un cercle de déclinaison et un mouvement d'horlogerie qui entraine la lunette pendant trois heures sans avoir besoin d'être remonté; de plus, des mouvements de rappel très lents permettent de maintenir l'axe de la lunette sur un point déterminé du ciel et de rectifier ainsi les irrégularités qui proviennent soit du mouvement d'horlogerie, soit de la réfraction.
La mise au point de l'appareil s'effectue d'abord sur une étoile brillante qu'on examine à l'aide d'une forte loupe préalablement réglée sur les traits gravés sur une glace polie que l'on place dans le châssis à épreuves : on obtient ainsi une mise au point très approchée. La mise au point définitive s'obtient en photographiant cinq ou six fois sur la même plaque une étoile, en mettant la plaque sensible en deçà puis au delà du foyer déterminé à l'aide delà loupe. Si pendant La pose la lunette est immobile, l'étoile laisse sur la plaque différentes traînées lumineuses: on les examine à La loupe, celle qui est la plus nette correspond à la place exacte du foyer. Sous l'influence des variations de température que subit L'équatorial photographique, La position de ce foyer se modifie; il suffit de La déterminer tous les mois, car le changement qui se produit d'un jour à l'autre est généralement négligeable.
La durée de la pose est variable ; elle dépend de plusieurs données, parmi lesquelles les plus importantes sont la grandeur de l'étoile, la nature de l'objectif, celle de la plaque sensible, celle du développateur, la température, etc. MM. Henry ont fait connaître les durées de pose suivantes pour les diverses grandeurs d'étoiles :
Grandeur.
Durée de pose.
Grandeur.
Durée de pose,
Ire
Os 005
Os 01
Os 03
lie
Osi
Os 2
Oso
ls3
lh20'« »
On voit donc que, toutes choses égales d'ailleurs, le temps de pose augmente à mesure que la grandeur de l'étoile diminue. L'insuffisance de pose se traduira donc par l'absence des étoiles les plus faibles, l'excès de pose donnera au contraire les étoiles les moins visibles, mais en même temps amènera l'élargissement de diamètre des étoiles les plus brillantes.
MM. Henry ont l'habitude de faire poser trois fois la même plaque sur la même région du ciel en déplaçant chaque fois la lunette d'une petite quantité, de manière que les trois positions successives de l'étoile forment un petit triangle équilatéral de 3" à 4" d'arc de côté. Il devient alors facile de distinguer entre les points noirs qui sont l'image d'une étoile vraie et les taches qui résultent de la préparation du gélatino-bromure ou d'un accident dans le développement ; de plus, la superposition incomplète de trois images offre l'avantage d'augmenter légèrement le diamètre de l'impression produite par les étoiles faibles : l'image est sans cela trop petite pour être visible autrement qu'au microscope. Un autre avantage de ce mode opératoire résulte de ce que, si une petite planète se trouvait dans la région photographiée, la déformation du petit triangle pourrait déceler sa présence, même en un quart d'heure de pose.
Les négatifs de la carte du ciel se font sur glace recouverte d'une couche d'émulsion au gélatino-bromure d'argent. On choisit les émulsions les plus rapides, ce qui permet d'abréger la durée du temps de pose. Mais les émulsions si sensibles sont fournies par un