I. Boillaud, Comptât rendus, octobre 18'.k
919. Historique. — Les premiers essais de photographie des étoiles remontent à l'origine du procédé du daguerréotype; mais c'est seulement en 1850 que W.-G. Bond et Whiple obtinrent à Cambridge des images relativement nettes de certaines étoiles. Plus tard, en 1857 *, G.-P. Bond employa le procédé du collodion humide et effectua des mesures précises sur les images obtenues. En 1860 et 1861, Warren de la Rue2 se servit d'un objectif photographique de court foyer par rapport à son ouverture, monté avec sa chambre obscure sur une lunette équatoriale pourvue de son mouvement d'horlogerie. Gomme les images des étoiles étaient très petites, Warren de la Rue proposa de ne pas placer la plaque sensible exactement au foyer de l'instrument, de manière à obtenir des images des étoiles qui soient de petits disques. Rutherfurd3 obtint, à la fin de 1864, de belles photographies de l'amas de Prœsepe, de la constellation des Pléiades, etc.; les photographies produites servirent à faire des mesures qui étaient très précises. Rutherfurd opérait avec un objectif de 0m285 de diamètre qui lui permettait d'obtenir les étoiles de neuvième grandeur sur plaque au collodion humide. Gould se servit, en 1875, à Gordoba, de l'objectif de Rutherfurd, objectif dont le flint avait été remplacé par Fitz : il obtint un très grand nombre de photographies d'amas d'étoiles de l'hémisphère austral; les plaques étaient dans le début préparées au collodion humide.
H. Draper réussit à produire sur plaque au gélatino-bromure une photographie de la nébuleuse d'Orion4. Il se servait d'un objectif de 0m28 construit par Alvan Clark. Plus tard , en mars 1881 , il obtint les étoiles de quatorzième grandeur de cette nébuleuse, avec un temps de pose de cent quatre minutes. Avec un pose de cent trente sept minutes, Draper réussit à photographier la nébuleuse en mars 1882; l'aspect de cette photographie est des plus remarquables.
H. Draper se proposait de modifier la monture de son équatorial de manière à pouvoir arriver à des durées de pose de près de six heures et à photographier cette fois des étoiles absolument invisibles à l'œil5; mais la mort l'enleva à la science (20 novembre 1883) avant qu'il ait pu mettre ce projet à exécution.
Common produisit, le 30 janvier 1882, une très belle photographie de la nébuleuse d'Orion en se servant d'un télescope deOm90 d'ouverture6, et, dès cette époque, entreprit la construction de la carte du ciel. M. Janssen , avec un télescope de 0m50 d'ouverture et de très court foyer, avait obtenu , en 1881, une épreuve de cette nébuleuse avec une pose de quinze minutes.
En même temps qu'il rendait pratique le procédé au gélatino-bromure, notre ami Van Monckhoven, qui possédait à Gand un petit observatoire, nous écrivait au mois de juin 1880 : « Vous apprendrez avec un vif plaisir que je suis parvenu à photographier directement les étoiles jusqu'à la douzième grandeur, chaque épreuve embrassant un angle de 4° carrés,