Aide-mémoire de photographie pour 1885, p. lit
4. Bulletin de V Association belge de photographie, [839, p. 703.
TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE t>E PHOTOGRAPHIE.
directe d'un grossissement de cinq cents fois, et dans ces conditions l'avantage peut rester aux très rares observations faites par un ciel exceptionnel. Mais si l'on opère par le procédé du collodion, les négatifs ont peu de grain et peuvent supporter une amplification de vingt diamètres. Cette amplification pourra être plus considérable encore si le négatif est fait sur collodion albuminé; mais le collodion nécessite une longue pose et l'on se trouve précisément devant l'inconvénient que permet d'éviter l'emploi du gélatinobromure par sa sensibilité. Prinz, et beaucoup d'astronomes avec lui, trouvent que, tous comptes faits, l'avantage reste au collodion employé autrefois par Warren de la Rue et Rutherfurd. Ce dernier avait obtenu de tels résultats avec un objectif spécialement destiné à la photographie qu'il décida Wales 1 à construire des objectifs de microscope spécialement corrigés pour le foyer chimique. Prinz a proposé d'employer ces objectifs à la photographie astronomique. Hartnack a fait calculer par Schroder un instrument tenant le milieu entre l'objectif microscopique faible et l'objectif photographique ordinaire, utilisé souvent comme objectif à projection. Cet objectif, très lumineux, permet la projection d'objets ayant 3 à 4 centimètres de diamètre; il est applicable à la photographie de la Lune ; l'image formée au foyer de l'objectif astronomique peut être reprise par cet objectif. Avec un agrandissement de quatre diamètres pour une image de 0m028, Prinz a obtenu une bonne épreuve en moins de deux secondes ; il n'y a donc pas à tenir compte de l'irrégularité du mouvement d'horlogerie ni du déplacement de l'astre.
Les frères Henry ont récemment obtenu2 par ce procédé les plus belles photographies de la Lune qui aient été faites jusqu'à présent; avec un oculaire à grande ouverture projetant l'image formé au foyer de leurs excellents objectifs, on obtient de splendides images.
Ce mode d'utilisation des objectifs est, en somme, à peu près identique à celui employé par H. Vogel à l'Observatoire de Bothkamp 3 pour photographier le Soleil. Par suite de l'éclat relativement faible de la Lune, l'oculaire projecteur doit être construit pour obtenir des images très brillantes.