‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 126 sur 276 · Ibid., 18C8, p · texte numérisé non relu

Ibid., 18C8, p

(!. Amtric. Journ.of Science, XXXIX. mai 1866.

truire un grand objectif spécial pour la photographie. Il employa le procédé suivant pour rechercher l'achromatisme photographique : l'image d'une étoile, au foyer d'un objectif parfait , doit être un point, le sommet de tous les cônes imaginables ayant pour base l'objectif entier ou seulement une partie de cet objectif. La lumière émanée de ce point supposé placé sur la face d'un prisme doit donner pour image une ligne rouge à l'une de ses extrémités, violette à l'autre, et présentant entre ces deux régions la série des couleurs de l'arc-en-ciel. Si cependant les rayons des différentes couleurs ne sont pas tous concentrés au même foyer, le spectre ne sera plus une ligne; mais, pour les couleurs non corrigées, il s'élargira en forme de pinceau d'une largeur égale à celle du cône coupé par la surface du prisme considéré. Un simple regard sur le spectre d'une étoile indiquera que les couleurs du spectre sont limitées par des lignes parallèles et par conséquent convergent au même point, et aussi quelles sont celles qui ne satisfont pas à cette condition et quelle est la quantité de l'erreur. Avec ce mode d'examen, Rutherfurd reconnut que l'achromatisme chimique pouvait être obtenu en combinant, avec un crown déterminé, un flint calculé pour donner une distance focale plus courte d'un dixième que celle que l'on obtiendrait avec le flint nécessaire à l'achromatisme optique. Il construisit, en employant le mode d'essai qu'il avait trouvé, un objectif de 0m29 d'ouverture; mais cet instrument ne pouvait servir à l'observation directe. On peut cependant , avec un objectif ordinaire, obtenir l'achromatisme poulies rayons chimiques en plaçant en avant de la lentille biconvexe un ménisque de flint formant une lentille concavo-convexe.

Les négatifs de la Lune obtenus par Rutherfurd avec son objectif de 0m33 d'ouverture avaient 0m180 de diamètre environ. Ces négatifs avaient fourni une épreuve positive d'égale grandeur, et ce positif était agrandi à l'aide d'un appareil d'agrandissement. Le temps de pose nécessaire pour obtenir ces négatifs avait varié d'un quart de seconde dans la pleine Lune à deux secondes pour le premier ou le dernier quartier. Les épreuves obtenues par Rutherfurd sont d'une netteté remarquable; mais pour obtenir cette netteté, la mise au point (qui se fait sans l'aide de l'œil, puisque l'objectif, avec ses trois verres, ne vaut rien pour la vision directe) , s'obtient au moyen de vis micrométriques fixées sur la monture de l'objectif, de thermomètres fixés au tube de la lunette pour en donner la température et par suite la dilatation, et d'une table numérique indiquant la position de l'objectif à chaque degré de température.

H. Draper1 commença ses travaux de photographie astronomique par la construction d'un miroir de verre de 0m40 de diamètre. Ce miroir, parabolisé par une méthode analogue à celle de Foucault, fut argenté et disposé dans une monture de télescope de Newton, l'image focale étant rejetée sur l'un des bords du tube où elle était recueillie sur une plaque de collodion humide; les négatifs de 0m032 de diamètre étaient ensuite agrandis par des systèmes optiques particuliers dans lesquels n'entraient que des miroirs sphériques. Plus tard, H. Draper fabriqua un miroir de verre de 0m72 de diamètre, 3m75 de distance focale, qu'il combina avec un miroir de 0^20 de diamHre et 0:T,74 de distance focale pour former un télescope de la disposition

1 Smithsonian Contribution, juillet 1804, p. 2.

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de Cassegrain : il obtint de très belles photographies de La Lune avec cet instrument, qui fut plus tard consacré à la photographie du spectre des e toi les.

A. Neyt1 avait adopté un dispositif particulier pour obtenir les photographies de la Lune. Un miroir deOm24 d'ouverture etdelmGO de distance focale était monté à la manière des télescopes de Foucault; l'image était renvoyée latéralement par un prisme ; elle était reçue sur la plaque sensible en la grossissant légèrement au moyen d'une' lentille négative. Jl obtenait des négatifs de 0m025 de diamètre qu'il transformait en positifs agrandis au diamètre de 0m0ô; le positif ainsi produit était agrandi plus ou moins et fournissait un négatif servant au tirage des épreuves positives.

Ellery2, en 1873, a repria à Melbourne l'emploi du grand télescope <ie Grubb pour L'obtention de photographies lunaires : Les images qu'il a obtenues sont remarquablement belles.

On a essayé de photographier la Lune avec la lunette de Washington, ayant un objectif de O"05 de diamètre, mais les images obtenues n'ont pas été satisfaisantes. Des expériences semblables ont été tentées avec la lunette de Struve. et les insuccès survenus dans ces travaux ont permis d'annoncer que si l'on faisait les mêmes essais3 avec le grand équatorial de Lick on ne réussirait pas mieux. Les principes sur Lesquels sont construits ces instruments sont différents de ceux qui président à la construction des objectifs photographiques; il> De peuvent d'»nc, si on les emploie avec toute leur ouverture, donner une belle image photographique. <)n peut cependant obtenir des photographies passables avec n'importe quelle lunette. Remarquons que puisque, d'après La théorie, L'aberration longitudinale varie comme Le carré de L'ouverture, on pourrait obtenir des photographies passables avec des équatoriaux ordinaires si l'on employait sur l'objectif un diaphragme qui réduirait suffisamment l'ouverture, d'est ce que Rutherfurd a constaté en lîOJ avec son objectif de 0'»;î,X."i d'ouverture.

Les photographies obtenues dans ces dernières années à l'observatoire du Mont-Hamllton, en se servant du grand équatorial, ont 0B14 de diamètre.

Certaines de ces images sont moins bonnes que celles qui avaient été obtenues à l'aide d'instruments moins puissants. D'après Prinz*, cela tient à deux causes : 1° à une minime différence dans La marche de La lunette, qui ne saurait du reste suivre le mouvement propre de la Lune; 2° au peu de finesse de La substance qui constitue L'image photographique. La première cause d'insuccès peut être écartée par L'emploi de matières suffisamment sensibles, telles que le gélatino-bromure ; mais les images obtenues en se servant des plaques rapides possèdent un grain si considérable que lorsque le négatif est terminé on ne peut souvent l'amplifier plus de quatre à cinq fois, ce qui, pour un négatif de fa Lune ayantO^OS de diamètre, correspond à un grossissement de quatre-vingts fois environ à Lâ lunette. On peut, dans des conditions atmosphériques exceptionnelles, se servir pour L'observation

1. Bulletin de V Ara île mie des sciences de Jlru.cclhs. 18(>9, et Bulletin de la Société française de photographie, 1 SfJλ, p. "278.

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