Comptes rendus, 8 sept. L
3. Beobachtungcn von Sttrnn'arte in Koni'jsbcrg, XXVIII, p. 17.
réussirent à obtenir une belle reproduction de la couronne de cette éclipse et des principales protubérances; l'exposition dura quatre vingts secondes sur une plaque préparée à l'iodure d'argent.
Les éclipses de 1852 et 1857 ne donnèrent aucun résultat intéressant. Celle du 7 septembre 1858 fut photographiée dans l'Amérique du sud par M. Liais *. Porro, qui en 1851 avait obtenu une photographie de l'éclipsé à l'aide d'un petit objectif à paysage muni d'un verre concave2, disposa son grand équatorial pour photographier l'éclipsé partielle du 15 mars 1858. 11 se servait d'une lunette de 15 mètres de longueur focale. L'objectif de 0m52 de diamètre avait son ouverture considérablement réduite par un diaphragme; près du foyer était tendu un fil horizontal. Au foyer même était fixé un châssis double dont l'une des arêtes était parallèle au mouvement diurne. La partie fixe de ce châssis portait une plaque au collodion sec préparée par Quinet; la partie mobile faisait écran. A un signal donné, cet obturateur, lar.cé avec rapidité par un ressort, découvrait la couche sensible pendant une très minime fraction de seconde. Faye, en présentant à l'Académie des sciences les photographies obtenues par Porro et Quinet, a montré la précision que l'on peut attendre de la photographie, non plus dans les éclipses seulement, mais encore pour l'observation journalière du soleil au méridien et la détermination précise des éléments de sa rotation; ces résultats permettaient d'affirmer que dès cette époque on pouvait substituer la photographie à presque toutes les observations méridiennes des planètes et des étoiles fondamentales3.
L'éclipsé du 18 juillet 1860 a fourni des photographies extrêmement remarquables; elle fut photographiée en Europe et en Amérique. M. Faye avait pour les précédentes éclipses 4 indiqué la construction d'un appareil destiné à enregistrer automatiquement certaines particularités de l'éclipsé. Cet instrument se compose essentiellement d'une chambre photographique ordinaire où la plaque sensible est remplacée par une bande de papier collodionné se déroulant à raison de 0m02 par seconde ; sur ce papier, l'image du Soleil trace une bande noire qui disparaît à l'instant de l'obscurité totale et qui reparaît en même temps que le Soleil. Le pendule d'une sorte d'horloge-compteur, placé au-dessus du papier, vient interrompre à chaque seconde l'impression photographique, et marque ainsi les temps écoulés sur la bande elle-même. L'opération terminée, l'opérateur n'a plus qu'à faire apparaître l'image par les procédés ordinaires et à lire sur la bande la position des points où l'image finit et recommence : il obtient ainsi, avec une précision extrême, les instants du phénomène astronomique. Lorsque cet appareil est en marche, l'observateur, débarrassé de tout souci astronomique, peut se livrer entièrement à l'étude physique de l'éclipsé.
Deux Commissions françaises furent chargées d'observer l'éclipsé de 1860. L'une d'elles, conduite par Le Verrier 5, obtint quelques photographies de la couronne grâce à l'habileté de L. Foucault, chargé de la partie photographi-