‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 135 sur 276 · bid., 1881), I, p · texte numérisé non relu

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doit être agrandie, le procédé au collodion est le seul qui permette d'obtenir des épreuves absolument nettes. Les photographies sur plaque rapide au gélatino-bromure ne supportent pas un agrandissement de plus de quatre fois, ce qui est généralement insuffisant pour apercevoir avec netteté tous les détails que l'on cherche à reproduire par la photographie.

Il est regrettable que ces diverses conditions soient difficiles à réaliser; car la photographie pourrait être utilement employée à donner la position simultanée des satellites autour de leur planète ; mais ces satellites sont d'éclat très différents et sont considérablement moins brillants que la planète. On comprend donc qu'en cherchant à photographier les planètes pour étudier leurs satellites on greffe des difficultés de reproduction photographique sur des difficultés d'adaptation des appareils.

Envisagée à ce point de vue, la photographie des planètes est certainement la branche la plus difficile de la photographie astronomique. Il faut, en effet, employer des couches sensibles donnant des images très fines, il faut de plus que ces couches soient très sensibles pour permettre d'une part aux petits satellites de s'imprimer et pour éviter d'autre part le défaut de netteté produit par les irrégularités du mouvement d'horlogerie ; ces diverses conditions semblent s'exclure. Ce n'est pas tout. S'il s'agit de comparer la position du satellite à celle de la planète, on se heurte à de nouvelles difficultés : au développement, l'image de la planète, extrêmement brillante, apparaît avant que l'image du petit satellite se soit révélée; lorsque cette dernière se montre, les contours de la planète sont diffus et considérablement élargis. On ne peut éviter cet insuccès qu'avec les plus grands soins pendant le développement.

En l'état actuel, le meilleur procédé applicable à la photographie des planètes paraît être le procédé Taupenot, avec bromure dans le collodion combiné avec l'emploi d'un révélateur alcalin faible au pyrogallol ou à l'iconogène. Les plaques bien préparées par ce procédé sont aussi sensibles que celles obtenues par le collodion humide. En se servant d'un révélateur alcalin faible, contenant assez de sulfite pour empêcher le jaunissement de la plaque et prolongeant l'opération pendant un temps assez long, à une température suffisamment élevée (25° G) , l'image se développe complètement, mais sans intensité. On évite assez facilement les défauts que nous avons énumérés et qui empêchent toute mesure précise ou tout agrandisse-

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ment; il est à remarquer d'ailleurs que les négatifs directs des planètes n'ont pas besoin d'être intenses, puisqu'ils sont destinés à être agrandis ou bien à obtenir dos mesures.

L'emploi d'un grand équatorial coudé, ou d'un grand télescope Cassegrain, serait avantageux pour obtenir l'image des petites planètes. Le dispositif qui consiste à agrandir l'image focale à l'aide d'un oculaire projecteur peut fournir de bons résultats pour l'étude physique de la surface des planètes à la condition que le mouvement d'horlogerie soit très bien réglé et que l'atmosphère soit très pure, circonstance que l'on peut rencontrer dans les Observatoires de montagne.

930. Historique. — Les photographies '!<• planètes n'ont été faites d'une manière suivie que par Warren de la Rue. Cet habile astronome a obtenu des photographies de Jupiter avee si s bandes, Saturne avec son anneau, et Mars avec sa surface irréjjmlièrc : b's temps de pose ont varié de quelques secondes à plusieurs minutes. Il ;i même produit les premières épreuves stéréoscopiques. de ces planètes. Ce résultat intéressant est assez facile à obtenir; il suffit de prendre deux épreuves dans une position telle qu'une même planète ait tourné d'une faible quantité sur son ;<\e, ou bien de profiter de son mouvement dé" translation autour du soleil. Deux images de Mars, par exemple, prises à deux heures d'intervalle, correspondent pour cette planète à une rotation de 30°, «'I deux images de Saturne prises à trois ans et demi d'intervalle donnent une image Btéréoscopique par rapport à l'anneau et à la planète

MM. Henry ont photographié Neptune et Bon satelHté. Pour les recherches de petites planètes, il .-st Indispensable d'employer des plaques extrasensibles, dont le développement est par suite assez difficile. Avec les plaques actuelles, d'après mm. Henry. e( un appareil de même dimension que celui de l'Observatoire de Paris, une étoile èquatoriale de la septième grandeur laisserait sur la couche sensible, par l'effel du mouvement diurne, une trace très nette et apparente de son passade; la longueur de cette trace serait de 0m90 «m une heure de marche. Vers l'époque de son opposition, une petite planète à la distance moyenne, les étoiles moyennes étant maintenues fixes, ne tracerait qu'une ligne dei 5, c'est-à-dire mille huit cent

fois plus petite que l'étoile : par conséquent, une planète mille huit cent t'ois plus petite que la septième grandeur, c'est-à-dire de quinzième grandeur, laisseraitsur la plaque, à cause de son faible déplacement, une trace linéaire d'intensité et de longueur suffisante pour permettre de la distinguer facilement des étoiles voisines.

Les photographies de Jupiter, Saturne. Vénus, Mars, obtenues sur plaque au gélatino-bromure, ont donné quelques résultats Intéressants; en particulier, la tache rouge de Jupiter, les Landes de Saturne ont été photogra-

1. Van MOBCkboven, Traité général de photograpkiey ~>Q édition, p. 3

phiées par MM. Henry et permettent des déterminations plus précises que celles que l'on peut faire par l'observation directe.

931. Procédés à employer. — Les comètes sont assez difficiles à photographier, parce qu'elles sont en général peu brillantes. Lorsque ces astres sont voisins de leur périhélie, ils seraient plus faciles à photographier si leur mouvement apparent n'était pas alors rapide, ce qui peut enlever tout caractère de précision à l'image obtenue ; il faut donc opérer rapidement avec des instruments très lumineux. L'emploi des objectifs à portraits, ou des télescopes à très court

ce travail, de même que celui des plaques très sensibles ; il faut, de plus, se servir d'un chercheur bien réglé pour que la plaque puisse suivre le mouvement apparent de la comète. M. Airy avait imaginé un équatorial à trois axes (OrMt siceper), que l'on a employé pendant quelque temps1, mais dont l'usage paraît abandonné aujourd'hui.

932. Historique. — Warren de la Rue essaya, mais sans succès, de photographier la comète de Donati, en 1858, et la grande comète de 1861 ; il se servit d'un télescope ayant environ 3 mètres de foyer et du procédé au collodion humide. Usherwood parvint à produire en sept secondes un bon négatif de l'ensemble de la comète de 1858; il se servit d'un objectif à portraits de court foyer; la plaque était préparée par le procédé du collodion humide2.

L'emploi du gélatino-bromure a permis de photographier la grande comète h 1881. M. Janssen s'est servi d'un télescope de 0m59 d'ouverture et de lm60 de distance focale : l'intensité lumineuse de l'image est plus considérable que celle obtenue par l'emploi des objectifs ordinaires à portraits. Le mouvement du télescope en ascension droite avait été réglé sur le mouvement diurne de la comète, et le mouvement en déclinaison était compensé par un changement progressif convenable de la distance polaire du télescope. Les épreuves obtenues dans les nuits du 30 juin et du 1er juillet 1881 ont permis de faire de la comète un dessin très exact et très fidèle.

A. Gommon 3 a employé un télescope de 0m91 de diamètre et des plaques au gélatino-bromure avec une pose de vingt minutes pour photographier la même comète. Les opérations ont été très gênées par le mouvement rapide de l'astre en déclinaison ; cependant, on peut voir sur la photographie le

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