J.ivary, Mémorial de V Officier du génie, n
2. Bulletin de la Société française de photographié, l*<ii), p. 132.
éloignant la glace dépolie de l'objectif télescopique. Avec cet appareil on pouvait saisir les détails d'ornementation hors de portée pour les appareils ordinaires; le photographe paysagiste pouvait fixer sur sa plaque les sites inaccessibles et d'après une échelle de son choix, etc.
L'appareil, semblable à ceux qui avaient été employés à d'autres usages et comme tous ceux qui ont été utilisés depuis, se composait d'une lentille à long foyer formant une image aérienne d'un objet éloigné; cette image réelle était reprise par un petit objectif à court foyer faisant fonction d'oculaire de projection. La grandeur de l'image projetée sur la glace sensible dépendait, pour un même objectif, de la distance à laquelle on plaçait la glace dépolie de l'oculaire et de la distance de ce dernier à l'image aérienne; ces distances étaient d'ailleurs déterminées par la loi des points conjugués, comme dans tous les appareils d'agrandissement.
L'appareil Borie et de Tournemine fut peu employé. Il y a quelques années, lorsque l'emploi des plaques au gélatino-bromure rendit populaire la photographie astronomique, plusieurs opérateurs essayèrent d'appliquer de nouveau les procédés de photographie à longue distance employés depuis longtemps pour les astres et pour les objets terrestres par Borie et de Tournemine; quelques résultats intéressants ont été obtenus en France par le service géographique de l'armée. L'emploi de cette méthode a montré qu'elle pouvait être utile pour le lever des détails situés très loin, ou bien pour permettre de fixer. d'une manière précise l'état de certains travaux inaccessibles et situés trop loin pour que la photographie permette de les reproduire.
Les appareils qu'il convient d'employer sont : 1° l'une des lentilles d'un objectif aplanétique à long foyer : la surface convexe de la lentille est tournée vers l'objet à reproduire ; 2<> un petit objectif rectilinéaire de 0m80 à 0m10 de foyer qui reprend l'image réelle formée par la lentille simple et la projette sur la surface sensible. On se sert d'une chambre noire à long tirage portant les deux objectifs, l'un à la place de la glace dépolie, l'autre à la place habituelle; on adapte en regard du petit objectif une chambre noire du format 0m13 X 0m18, sur laquelle on obtient l'image plus ou moins agrandie.
956. Photographie en ballon. — Les photographies prises en ballon à une altitude suffisante peuvent donner une planimétrie très exacte du terrain. Les premiers essais de cette nature furent faits par Nadar père, en 1858; il obtint alors des images qui ne laissaient aucun doute sur la valeur des résultats que pouvait fournir la photographie en ballon. En 1861, pendant la guerre de la sécession, on appliqua avec succès les aérostats à l'art delà guerre; ils permirent d'obtenir des indications précieuses sur la position des armées en présence. En mai 1862, devant Bichmond, l'armée unioniste lança au-dessus de la ville un ballon captif qui rapporta une photographie de la place assiégée. La photographie ainsi obtenue fut tirée à deux exemplaires; on les divisa en 64 parties comme un champ de bataille,
avec les signes conventionnels A, A2 A6i. Le général Mac Clellan eut
un de ces exemplaires, le conducteur du ballon eut l'autre. Le 1er juin 1862 le ballon s'éleva à environ 350 mètres au-dessus du champ de bataille et se mit en relations avec le quartier général par un fil télégraphique; il put ainsi signaler très rapidement et avec une grande exactitude les mouve-