‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 155 sur 276 · PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUES COURBES · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUES COURBES

ché aux épreuves positives obtenues sur papier albuminé d'être déformées par rapport au négatif; puis Ton a éprouvé une certaine difficulté à mesurer la distance focale principale de l'objectif, et cette longueur est d'une détermination délicate : il faut, de plus, connaître très exactement la trace du plan horizontal passant par le point nodal d'émergence. Si de chaque station on fait un tour d'horizon complet, il faut un grand nombre d'images, et généralement ces images ne se raccordent pas exactement. En effet, soient deux négatifs contigus 1 et 2 {fuj. 688). Pour mesurer l'azimu de y par rapport à r , on prend sur chaque négatif l'image d'un même objet m{ et m2, et l'angle cherché est égal à la somme tat -f- ^? mesurés respectivement sur 1 et sur 2. Les deux images n'étant égales que pour la verticale qui se projette en p , l'image „/., sera plus grande que mx \ par suite, le raccord exact de deux épreuves contiguès ne pourra se faire que sur cette verticale commune. Si l'on passe de 2 à :\ (fi;/. 689), on aura de même l'an-

gle ysz , et ainsi de suite. La somme de tous Les angles analogues formés

autour de .s devra être égale à quatre angles droits: s'il y a distorsion en dedans, les angles <•>, , ».)2 ... Beronl moindres qu'en réalité, è| leur somme sera inférieure à quatre angles droits; elle sera supérieure si la distorsion est en dehors ; il faut donc corriger cette erreur, ce qui amène des complications dans les mesures d'angles. Si l'on veut produire des épreuves sans distorsion, il faudra n'utiliser qu'une partie du champ, et pour un tour d'horizon complet faire dix à dou/e vues environ, ce qui augmente Le travail photographique.

Les objectifs par diffraction (chambres noires sans objectifs) ne donnent pas d'images assez nettes pour qu'on puisse les employer: il faut donc faire un nombre de négatifs assez grands pour obtenir la vérification précieuse ;

Dans la pratique, L'appareil photographique ne tourne pas autour du point nodal d'émergence; Le point de vue n'est donc pas le même pour toutes les perspectives, L'appareil tourne autour d'un point 0 (flg. 690); par suite, la perspective 2' que Ton devrait avoir et La perspective 2 que

l'on obtient ne sont pas identiques. Ce sont comme deux vues StéféOSCO»

Fi g. 688.

Kg. G8D.

piques prises des points s, et s2; les alignements ne sont plus les mêmes, et les déplacements des points sont d'autant plus sensibles que ces points sont plus rapprochés de l'observateur. Il en résulte que les parties communes à 1 et à 2 ne se ressemblent pas, non seulement comme dimension, mais même comme disposition; de là. de nouvelles corrections à introduire.

On voit donc que la mesure de chaque azimut, de chaque pente, exige une construction particulière, deux mesures de longueur et un calcul; la définition géométrique de la perspective n'est pas toujours complète et exige alors une séri« d'observations délicates, absolument distinctes du lever;

Fig. G90.

enfin, il faut un grand nombre de négatifs qu'il est difficile en pratique de raccorder exactement, ce qui enlève toute précision dans la mesure des azimuts.

951. Photographie cylindrique. — Si la perspective, au lieu d'être prise sur un plan est prise sur un cylindre de révolution dont l'axe passe par le point de vue s (fîg. 091)., il devient facile de déterminer les éléments w et a d'une visée quelconque SM ; l'azimut w est proportionnel à l'arc sous-tendu xm, qui dans le développement du cylindre sur un plan devient la longueur 'œ%ni\ ; on a :

mm! mxm!

tang a ™ = ;

ms ms

ms est constant, c'est le rayon du cylindre (distance focale principale de l'objectif) ; donc tang a est proportionnel à mm! ou à m^m\\ On voit donc qu'il suffit, après avoir développé l'image sur un plan, de tracer deux échelles à divisions égales, l'une suivant jk

CYLINDROGRAPHE TOPOGRAPHIQUE. 26}

pour les azimuts, L'autre suivant une perpendiculaire à h'h pour les pentes. Il suflit donc de faire une simple mesure de longueur sur une échelle régulière.

952. Cylindrographe topographique. — Moessard a fait ajouter à son cylindrographe quelques pièces additionnelles qui permettent de remployer à la topographie. Les trois branches du pied ne présentent qu'une brisure pour augmenter la stabilité ; deux de ces branches portent à la brisure même une crémaillère, un pignon et une vis de pression permettant d'en faire varier légèrement la longueur sans rien déranger et, par conséquent, d'amener

rig. m.

aisément la chambre à l'horizontale, conformément aux indications de deux niveatw à bulle d'air encastrés à angle droit sur le couvercle.

Les échelles d'azimut et de pente s'impriment d'elles-mêmes sur le négatif à l'aide de deux demi-cercles, ayant leur centre sur l'axe de rotation et placés de champ sur le plafond et les planches de la chambre; leur bord libre porte des dents triangulaires dont l'écartément correspond au grade (la circonférence comprend 400 grades). Deux autres lames reclilignes verticales, fixées au montant du cadre, portent de même des crans dont l'écartement est égal à la centième partie de la distance des lames à l'axe. Deux pointes plus longues mobiles le long de ces lames donnent la ligne d'horizon : l'appareil se replie facilement pour le transport {flg. 692), Les silhouettes

des dents du cercle, celles des montants des pointes viennent se peindre sur le négatif pendant la pose.

Chaque négatif peut être orienté sur le méridien magnétique. Dans ce but, le plancher de la chambre est muni à l'intérieur d'un troisième demi-limbe LL (fig. 693) posé à plat et centré également sur l'axe de rotation ; ce limbe est divisé en grades, et ses graduations correspon-

dent à celles du demi-cercle antérieur de la boussole. Deux curseurs GC mobiles sur ce limbe portent chacun un index, l'un en flèche, l'autre en croissant, qui s'impriment sur le négatif pendant la pose. L'appareil étant mis de niveau, on l'oriente sur la vue à reproduire; l'aiguille de la boussole marque alors une certaine graduation, soit

43G . On place les curseurs intérieurs en face des deux divisions égales à cette graduation ou n'en différant que par le chiffre des centaines, par exemple 43Gr et 343Gr; la flèche (43Gr) donne le nord et le croissant (343Gr) donne l'ouest magnétique. On introduit le châssis {fig. 694) comme dans le cylindrographe ordinaire, on ouvre le rideau de pose et on vérifie si la pointe bleue de l'aiguille de la boussole marque 43Gr ; on ouvre l'objectif, on met l'alidade en marche à la main et on ferme l'objectif. On fait le négatif suivant et on inscrit sur

Fig. 692.

Fig. 693.

LEVER DES PLANS

son carnet les significations diverses des curseurs pour chaque vue.

Les avantages que présentent l'emploi du cylindrographe typographique sont nombreux. Les opérations s'efiectuant soit sur papier négatif, soit sur pellicule souple, les constructions et mesures peuvent se faire sur le négatif. La distance du point de vue au tableau est obtenue par construction ; on n'a donc pas à s'en préoccuper. Lorsque l'appareil est réglé, la distance focale est justement égale au rayon du cylindre; la distorsion n'est pas à craindre parce que s'il y avait distorsion les images manqueraient de netteté; l'excentricité des diverses poses n'a plus d'inconvénient puisque chaque plaque est orientée pour son compte propre sur les points cardinaux magnétiques; les raccords se font d'eux-mêmes et n'ont pas d'importance;

enfin, le tour d'horizon peul être fail sur deux plaques et un huitième de plaque: il est d'ailleurs presque toujours inutile de faire un tour d'horizon complet.

Les perspectives cylindriques ainsi obtenues et développées sur un plan présentent parfois un effet bizarre : les lignes droites delà nature (sauf les verticales et ta ligne d'horizon) se transforment en sinusoïdes ayant pour aie ta ligne d'horizon et pour longueur d'oscillation horizontale la demi-circonférence du cylindre. Pour obtenir une restitution fidèle de ta nature, il faut enrouler l'épreuve sur un cylindre de rayon égal au cylindre tableau et de se placer soi-même sur l'axe de ce cylindre: alors les lignes droites redeviennent droites et tout reprend sa forme et sa place. On procédé de restitution plus général consiste à enrouler l'épreuve sur la paroi extérieure d'un cylindre quelconque et à ta regarder du dehors en faisant tourner te cylindre à la main.

953. Autres procédés. - Les inconvénients de La photographie plane ont fait chercher bien «les solutions de ta photographie sur surfaces courbes; mais, sauf la photographie cylindrique, aucune n'a fourni de résultats pra-

tiques. La planchette Chevalier, qui était à deux mouvements combinés, n'a donné que des images confuses. Le périgraphe instantané du colonel Mangin, qui a figuré à l'Exposition universelle de 1878, est un appareil très ingénieux : il se compose d'une lentille torique spéciale à axe vertical recueillant les rayons lumineux venus de tous les points de l'horizon et les renvoyant former leur image sur un plan horizontal. Ces appareils donnent le tour d'horizon en un seul négatif; mais le panorama, déformé par anamorphose, est difficile à reconstituer, ne ressemble plus à la nature et ne présente d'intérêt qu'au point de vue des mesures topographiques.

Quant aux vues obtenues à l'aide d'appareils panoramiques sur surfaces planes, ils peuvent, se déroulant devant la fente placée au foyer de l'objectif, rentrer dans le cas des vues cylindriques développées sur un plan. Mais les déformations particulières que ces appareils communiquent aux images nécessitent des complications assez grandes; après quelques essais on n'a pas tardé à les abandonner. Il en a été de même des petits appareils destinés à fournir des épreuves que Ton agrandissait ensuite. Mangin avait imaginé de prendre les distances au moyen d'une échelle micrométrique graduée et d'augmenter ensuite les abscisses dans un certain rapport correspondant à l'augmentation de distance focale; mais ce procédé est fort long dans la pratique; il supprime tous les avantages de la méthode photographique.

954. Emploi de la topophotographie. — On ne doit pas oublier que la méthode photographique ne saurait remplacer toutes les méthodes de lever; c'est un procédé à joindre aux procédés connus. On doit l'employer quand il faut opérer par intersection et qu'il y a beaucoup de points à lever; on ne doit pas l'utiliser pour les plateaux non dominés et les forêts.

Toutes les nations se sont occupées des levers photographiques par la méthode de Laussedat, et de nombreux levers ont été faits par ce mo37en dans les armées étrangères.^ En France, Javary 1 a levé, de 1863 à 1867, plus de 70,000 hectares de terrain par cette méthode; il peut paraître étonnant qu'une méthode si précieuse soit si peu employée.

Les causes du peu de succès obtenu en général par ceux qui se sont occupés du lever photographique sont nombreuses. On a considéré cette méthode^ comme devant remplacer les autres, et on l'a appliquée dans des cas où l'on devait la proscrire : ainsi on a fait des essais de lever dans un terrain horizontal sans détails; on prenait à chaque station un tour d'horizon et l'on arrivait à construire moins de points qu'on n'avait fait d'épreuves. On a perdu de vue le principe de la méthode et l'on a supposé que l'on devait choisir les stations autrement que pour un autre lever par intersection; par exemple, on a pris les stations de telle manière que les intersections étaient impossibles, tantôt par suite du choix de bases trop longues, tantôt au contraire parce que les vues du même terrain étaient prises l'une derrière l'autre et se doublaient. Le nombre des stations est toujours le même quel que soit l'appareil employé; il dépend du terrain et non de l'instrument. L'instrument photographique ne fait qu'enregistrer rapidement et sûrement

1. Bulletin de la Société française de jihotographie, 1887, p. 79.

LEVERS PHOTcHiKAlMIKjrES.

[es éléments d'un lever à La planchette et multiplier lés données en quelque sorte à l'infini 1 .

Il no nuit pas oublier que La métta tdedes levers photographiques doit être employée toutes les fois qu'on aurait recours à la méthode des intersections, surtout lorsqu'on doit rester sur le terrain aussi peu de temps que possible; ces cas peuvent se présenter dans la reconnaissance des places fortes au point de vue d'un siège. La topophotographie peut aussi rendre des services lorsqu'il s'agira de la défense (Tune place; enfin, en temps de paix, elle permettra d'étudier les places fortes à grande distance; elle permettra de reconnaître rapidement et avec exactitude des étendues considérables dans des régions pour lesquelles on n'a point de cartes.

Les procédés de topophotographie entreront tout à t'ait dans la pratique lorsque les pellicules photographiques permettront d'opérer avec autant de sécurité que si l'on employait des glaces et que Les opérateurs seront persuadés que L'usage de l'hyposulflte de soude et des Lavages qu'il entraîne peut être supprimé si, après avoir débarrassé la pellicule du révélateur dont elle est imbibée, on la plonge dans une solution de bromure de potassium à 10 °/0, puis dans l'eau alcoolisée. Dans ces conditions, l'image photographique peut se prêter aux travaux de mesures, et pourvu qu'on ne l'expose pas à une lumière trop vive, elle ie' s'altère presque pas. On évite ainsi les principaux inconvénients des travaux de campagne, travaux pour lesquels l'opérateur n'a toujours qu'un matériel incomplet et grossier, et auquel le plus souvent Le temps el l'eau l'ont presque absolument défaut.

S — PROCÉDÉS DIVRR8.

955. Photographie à longue distance. — Le premier appareil spécialement combiné pour obtenir La photographie d'objets placés à longue distance a été construit en 1809 par Borie et de Tournemire 2; l'instrument était désigné sous Le nom de microscope solaire portatif et photographique. Parmi Les usages nombreux (huit ou dix) auxquels il pouvait se prêter, on pouvait Le transformer en lunette terrestre et en appareil à photographie téleSCOpique. On adaptai! la Lunette terrestre à la chambre noire; elle permettait d'obtenir des photographies d'objets à longue distance que la photographie ne pouvait donner dans des proportions saisissables.

A l'aide de cet appareil, <|ui était composé d'un objectif et d'un oculaire photographique (exactement comme dans le photohéliographe de Kew), l'opérateur pouvait obtenir des images plus ou moins grandes, selon les besoins de la circonstance. Borie et de Tournemire ont précisé dans leur instruction pour le maniement de cet appareil les précautions à observer. Plus on éloigne la glace dépolie de l'objectif, plus les images sont grandes, et inversement ; la mise au point se fait au moyen de la vis de rappel qui commande la tantille oculaire de la lunette. Si l'on ne voulait pas se servir de la vis de rappel de la lunette, on cherchai! le point en rapprochant ou

Page 1