Jbirf., 15 et 22 octobre
:î. Jbirf, , w novembre 1890.
progresse, dans l'intervalle de deux images, d'une longueur précisément égale à celle de l'image elle-même; de plus, la pellicule doit s'arrêter au moment de la formation de l'image pour que celle-ci soit parfaitement nette. Pour éviter les effets de l'inertie, M. Marey n'arrête que la pellicule, dont la masse est à peu près négligeable, et pendant cet arrêt le rouage moteur continue son mouvement à toute vitesse. Enfin, pour concilier l'arrêt momentané de la pellicule devant l'objectif avec la traction continue que cette pellicule éprouve à son extrémité par l'action du rouage moteur, M. Marey fait réfléchir la pellicule sur un ressort flexible qui cède à sa traction, diminue le trajet que doit parcourir la bande et réagit ensuite aussitôt que la bande, cessant d'être comprimée, se remet en mouvement. Les choses se passent comme si la bande devenait extensible d'une manière intermittente, ce qui lui permet de cheminer par saccades sous l'action combinée d'un entraînement continu et d'arrêts momentanés.
Pour manier librement les bandes pelliculaires, les introduire dans l'appareil et les en retirer en pleine lumière. M. Marey se sert d'un dispositif auquel il a donné le nom de bobine à couverture et qui présente une certaine analogie avec les cartouches de Silvy (123).
Aux extrémités de chaque pellicule sensible on colle deux bandes de papier opaque, l'une rouge et l'autre noire, puis on enroule le tout sur une bobine de métal, en commençant par l'extrémité rouge. Cet enroulement est fait dans le laboratoire photographique, et lorsqu'il est terminé on peut porter la bobine en pleine lumière sans crainte d'altérer la pellicule. Celle-ci, en effet, est protégée par les épaisseurs multiples de papier noir qui la recouvrent.
Quand on veut prendre une série d'images, on introduit la bobine dans l'appareil en engageant l'extrémité de la bande sur une autre bobine sur laquelle elle s'enroulera, puis on ferme l'appareil et on met le rouage en marche. Dès que celui-ci a pris sa vitesse et que l'on constate que l'animal en expérience exécute bien les mouvements que l'on veut étudier, on presse sur un bouton; aussitôt la bande, saisie par un laminoir, se met en marche et s'enroule sur la seconde bobine. A la fin de l'expérience, la pellicule se trouve recouverte par une série d'enroulements de papier rouge. On peut alors manier la bobine en pleine lumière, et sa couleur ne permet pas de la confondre avec celles qui n'ont pas servi et qui sont recouvertes de papier noir.
962. Procédés de M. A. Londe. — M. A. Londe1 a imaginé, en 1883, un appareil chronophotographique destiné spécialement aux applicatio ns médicales. Il n'a pas cherché, comme M. Marey, à obtenir le plus grand nombre d'épreuves dans le temps le plus court possible; il a admis que pour la représentation des mouvements qu'il avait à étudier douze épreuves étaient suffisantes. Gomme d'autre part ces mouvements peuvent être plus ou moins rapides, il faut que le cycle de fonctionnement des douze appareils soit réglé par cette vitesse. Ce qui caractérise les recherches de M. Londe, c'est la variabilité des intervalles de temps entre chaque pose successive. Dans le nouvel appareil construit par M. Londe, on peut obtenir les douze
1. Bulletin de la Société f rançaise de photographie, 1883, p. 129.