PHÉNOMÈNES MÉCANIQUES
M. le commandant Jciy1 emploie le dispositif suivant pour étudier, à l'aide de hi photographie, Le recul des bouches à feu. Il lixe au point de la pièce ou de L'affût à étudier une boule en cuivre argenté de 0m05 de diamètre, placée au centre d'un disque en tôle noircie : c'est l'image de la courbe décrite par le point lumineux de la boule argentée que l'on se propose d'obtenir; le disque noirci sur Laquelle elle se détache a pour but de bien isoler la courbe principale de celle que traceront les points voisins de la pièce ou de l'affût, et qui, bien que moins apparents, peuvent donner lieu à des confusions et à des erreurs. On dispose, parallèlement au plan «le recul, un appareil photographique muni d'un objectif rectilinéaire ayant un angle suffisant pour embrasser tout le champ probable de recul. L'objectif est muni d'un obturateur à deux valves, analogue à l'obturateur Bocca , et se déclenchant au moyen d'un interrupteur électrique que t'ait fonctionner sans s'en rendre compte l'homme qui met le feu à la pire.'. La première valve s'ouvre au moment précis où le coup part : la seconde se ferme au bout d'un temps variable, à volonté, et qu'il est facile de connaître. On met au point sur la boule argentée, en ayant soin de fairîe masquer par des écrans noirs, disposés en arriére de la pièce, les parties du champ fortement éclairées sur lequel il est probable que La pièce viendra passer. L'opération s'accomplit d'elle-même par le seul fait de rinllammation de la poudre; l'image est obtenue sur glace an gélatino-bromure.
Pour relever photographiquement le point d'éclatement des projectiles, M. le commandant Joly dispose perpendiculairement à la ligne de tir un appareil photographique muni d'un objectif rapide, de manière que Le plan
de la glace dépolie soit rigoureusement parallèle au plan de tir et que
l'image visible sur cette glace, une fois La mis.' au point exécutée, renferme Le champ d'éclatement probable des projectiles, La Ligne d'horiaon et deux ou trois fanions de distance destinés ;'i donner <le> points de repère et L'échelle du dessin. L'opérateur fait la mise au point une fois pour toute la séance de tir, puis il met en place une glace sensible préparée à la gélatine bromurée et ouvre le châssis au moment où il aperçoit la fumée du coup de canon; il guette alors l'éclatement «lu projectile qui doit se produire en face île lui. et lorsqu'il aperçoit le petit nuage de fumée qui en résulte, fait fonctionner un obturateur à guillotine et déclenchement pneumatique dont l'appareil est pourvu, on obtient sur plaque au gélatino-bromure l'image des fanions de
distance et celle du p. -lit nuage d'éclatement dont l'extrémité la plus rapprochée de la pièce est précisément le point d'éclatement cherché. On peut à l'aide de ce procédé obtenir la trajectoire d'un projectile lancé par un.' pièce
en faisant plusieurs observations identiques aux précédentes à «les distances de 100 mètres, 900 mètres, etc. et joignant les points moyens des résultats obtenus.
MM. Mach et Salcher ont essayé de reproduire les balles de fusil en mouvement; le projectile doit être éclairé vivement et instantanément. Dans ce cas, M. Mach s'est ingénieusement servi d'une Laiterie de bouteilles de Leyde avec deux points d'interruption, dont l'un consistait en lils enfermés dans «les tubes de verre. Le projectile, dans sa marche, brisait les tubes et déterminait ainsi la décharge des deux points d'interruption.
1. Bulletin de la Société française tir photographie, 188?, p. 16.
L'étincelle jaillissant au second point d'interruption éclairait le projectile dont on avait pris instantanément une image au moyen d'un appareil photographique placé tout auprès. Avec un fusil Werndl, dont la vitesse initiale est de 438 mètres par seconde, ainsi qu'avec un fusil qui imprime à la balle une vitesse initiale de 530 mètres, on a obtenu une image nette de la zone de compression de l'air. Cette couche apparaît sur la photographie sous la forme d'une hyperbole entourant le projectile dont le sommet est à la tête et l'axe dans la trajectoire. Des bandes de démarcation partent de même des bords postérieurs du projectile et se dirigent, en s'écartant, en arrière. L'air refoulé et condensé ne peut se détendre avec une vitesse supérieure à celle du son. La photographie a confirmé l'hypothèse d'une forme hyperbolique de l'air comprimé que M. Mach avait déjà établie théoriquement. Avec une balle animée d'une très grande vitesse, il se manifeste encore ce phénomène remarquable que, dans la partie privée d'air qui suit le projectile, il se produit de petits nuages qui forment une traînée en arrière. On peut y reconnaître clairement des mouvements giratoires. La photographie d'un projectile rend sensible un mouvement de l'air ayant de la ressemblance avec le mouvement de l'eau autour d'un bateau qui s'avance avec une grande vitesse.
Anschutz de Lissa a fait, en 1889, quelques expériences à Grivon, près Magdebourg, dans le but de photographier à la lumière du jour les projectiles animés d'une grande vitesse initiale1. M. Anschutz a construit à cet effet une petite chambre noire très rigide, portant à l'intérieur un obturateur mû par un poids de plusieurs centaines de kilogrammes. Cet obturateur, qui fonctionne immédiatement devant la plaque, est à rideau; il présente une fente extrêmement mince qui passe devant la plaque pendant un temps très court. Dans le champ de la chambre noire qui couvre un espace d'environ 14 mètres, il place un rideau blanc, et à des intervalles de quatre mètres il suspend un projectile de 0m30 de longueur, pour servir de comparaison avec le projectile de même nature qui est tiré par le canon; h une distance de 60 mètres, il place un réseau de fils métalliques, reliés électriquement avec l'obturateur. Le projectile traverse ce réseau avec une vitesse initiale de 418 mètres à la seconde; la fente de l'obturateur passe devant la plaque (très petite) en un temps qui n'excède pas 75 millionièmes de seconde.
M. Gleaves a indiqué la méthode suivante2 qui présente la plus grande analogie avec celle de MM. Mach et Salcher. On fait passer le projectile devant un immense tube de Geissler éclairé, pendant le passage du projectile par l'étincelle d'une forte bobine d'induction. Comme dans les méthodes précédentes, c'est le projectile lui-même, en rompant le circuit, qui détermine la production de l'étincelle nécessaire à l'éclairage du sujet à photographier.
M. le général Sébert a appliqué son appareil chronophotographique à l'étude du lancement des torpilles automobiles. La torpille automobile, qui alïecte la forme d'un poisson, contient en plus d'une charge de coton-pou-