‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 194 sur 276 · Phat. IfeWê, n° ir · texte numérisé non relu

Phat. IfeWê, n° ir

2. Bulletin de la Société françaite de photographie, 1889, p. ;V.).

M. le Dr Colin, de Breslau, a pu obtenir à l'aide de l'éclair magnésique une photographie de l'œil : il a constaté ainsi la très grande dilatation de la pupille dans l'obscurité 1.

M. A. Batut2 a utilisé la méthode de Gallon pour le portrait type d'une race ou d'une famille en opérant de la manière suivante .: supposons que le temps de pose nécessaire pour obtenir une image soit de soixante secondes et que l'on ait réuni six personnes de la même famille, on fait poser chacune de ces six personnes sur la même plaque, à la même échelle, pendant l'e sixième du temps qui est nécessaire; s'il existe un trait commun aux six personnes, les six reproductions de ce trait se superposeront, et pour ce trait le temps de pose sera normal. Cette méthode est la même que celle de MM. Herbert Spencer et Francis Gallon. Ayant choisi un certain nombre de personnes qui se ressemblaient, ils font le portrait de chacune d'elles de même grandeur, dans les mêmes conditions de pose, de tenue et d'aspect; les épreuves positives sont tirées sur un papier très transparent. Les portraits sont ensuite empilés comme un paquet de cartes de visite, et de manière que la superposition des visages soit rigoureuse. Le paquet étant placé entre l'œil et une lumière vive, on distingue un portrait fusionné ou une moyenne de ces portraits. On peut encore imprimer tous les portraits sur une même plaque de verre; les diverses images se superposent sans s'altérer mutuellement. On peut alors obtenir une épreuve définitive sur papier qui sera le portrait moyen du groupe; il faut pour cela que les portraits soient exécutés à la même échelle.

984. Photographie judiciaire. — L'application de la photographie a été faite au service d'identification à la Préfecture de police de Paris. L'uniformité indispensable à la réduction des épreuves est obtenue en maintenant la chaise de pose et l'appareil rigoureusement à la même distance pour un même objectif. Pour éviter tout changement de distance, la chaise est reliée au sol par une broche de fer longue de 0m50 environ, fixée perpendiculairement d'un côté au milieu du fond de la chaise, tandis que l'autre extrémité traverse un manchon de cuivre dissimulé dans le plancher. Les détenus sont photographiés de face et de profil, ce qui permet de reconnaître plus facilement le récidiviste. En Angleterre, on photographie le sujet de face, mais en faisant fixer tout à côté de l'épaule du détenu une glace, laquelle réflète le profil. Ce dispositif ingénieux a le désavantage de mettre à même le public et les témoins de reconnaître à première vue l'origine judiciaire de ces photographies, ce qui, dans certaines enquêtes de police, peut présenter de graves inconvénients; de plus, on donne au détenu un maintien, toujours le même, qui est la pose des deux mains sur la poitrine : ceci présente des inconvénients sérieux au point de vue policier et n'ajoute rien à la valeur signalétique de l'épreuve. Les poses de profil sont les meilleures pour l'identification faite dans le cabinet de travail, mais les portraits de face sont mieux reconnus par le sujet lui-même et par le public. En pratique, on a

Page 1