‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 196 sur 276 · Ai/te-niévioirr de photograpk iff pour 1889, p · texte numérisé non relu

Ai/te-niévioirr de photograpk iff pour 1889, p

tions des effets de commerce, des billets de banque, etc. On sait que dès l'apparition de la photographie les faussaires se servirent de ce moyen poinçon trefaire les billets de banque. On imprima alors ces derniers en bleu et l'on ajouta successivement un filigrane et un fond coloré sur le billet ; dans ces conditions, même avec les plaques orthochromatiques, la reproduction est sinon impossible, du moins fort difficile.

La falsification des monnaies est des plus faciles à reconnaître par la photographie. Il suffit de reproduire en même temps, en se servant du même éclairage, une pièce de monnaie vraie et la pièce de fabrication douteuse; les deux pièces doivent porter le même millésime. On les photographie à grande échelle, en les agrandissant directement trois à quatre fois en diamètre. Dans ces conditions, on perçoit très nettement les défauts de frappe : les lettres les plus épaisses présentent des bavures, les parties qui devraient être fines sont empâtées, la pièce fausse manque de relief, de modelé.

Le même procédé permet de discerner une signature vraie d'avec une signature fausse. Par l'agrandissement, il est très facile de découvrir des différences dans la formation de certaines lettres, différences imperceptibles par l'examen direct de l'écriture.

Les falsifications d'écritures privées ou publiques peuvent être reconnues par la photographie. Les diverses encres ont, en effet, des pouvoirs photogéniques différents; par exemple, sur un négatif, il est facile de distinguer une encre absolument noire d'une autre qui est également foncée à l'œil, mais qui contient du violet. C'est ainsi que Ferrand, de Lyon, a reconnu certains chiffres qui avaient été recouverts d'une couche d'encre comme par accident. Toute lecture était impossible, mais l'encre employée à la falsification était à base d'aniline, aussi les chiffres cachés qui étaient noirs se détachèrent-ils très facilement. Dans les cas de falsification des écritures le lavage complet du papier ne peut faire disparaître la modification qui a été produite sur le grain du papier par la première encre ; en photographiant par transparence ou bien à un jour très frisant, l'écriture faite avec la première encre apparaît à peu près complètement. Quelquefois les faussaires refont ainsi d'une manière complète des pages entières afin que l'on ne puisse juger à simple vue de la différence des deux encres.

Les usages que l'on fait de la photographie pour les affaires judiciaires sont des plus nombreux : lever des plans, constatation de l'état des lieux lors de catastrophes, incendies, éboulernents, inondations, explosions, crimes et accidents quelconques. Dans ces divers cas, extrêmement nombreux, il est utile que l'expert connaisse à fond toutes les ressources de la photographie pour décider rapidement quels sont les appareils et procédés qu'il convient d'employer pour enregistrer d'une manière correcte les constatations qu'on lui demande.

986. Photographie des dépêches. — On sait que dans la transmission des dépêches par câble sous-marin on ne peut pas employer les récepteurs ordinaires : on se sert d'un récepteur formé d'une aiguille aimantée portant un miroir qui, par ses déviations dans un sens ou dans un autre, permet la transmission de signes convenus. Si l'on envoie sur ce miroir les rayons d'une lampe et qu'après réflexions ces rayons arrivent sur une plaque sensible animée d'un mouvement de translation, on pourra enregis-

:;< il)

tivr les déviations plus OU moins grandes du rayon lumineux, déviations qui ne sont autres que les signes conventionnels admis pour la transmission (les dépêches.

La photographie permet de contrôler très facilement les dépêches expédiées par télégraphie optique. Ce mode de transmission consiste à émettre un rayon lumineux d'un poste expéditeur à un poste récepteur au moyen de signaux conventionnels consistant en éclairs de plus ou moins grande durée; l'inscription automatique de ces éclairs au poste récepteur est relativement facile. MM. Londe1, Mareschal et Ducom ont employé un instrument spécial, construit par M. Dessoudeix. Au loyer d'un appareil récepteur ils placent un système de rouleaux destinés à l'aire passer à ce point précis une bande de papier photographique très sensible, grâce à L'emploi d'un mouvement d'horlogerie dont la \itesse est calculé. • de façon à obtenir un déroulement de 2 centimètres à la minute; la dépèche s'imprime sur le papier qui est très sensible; il n'y a plus qu'à développer l'image et la fixer. Cet appareil n'est pas destiné à suppléer l'observation directe, mais uniquement à contrôler les résultats.

987. Enregistrement de la course des navires. — On a proposé divers moyens permettant d'enregistrer la direction d'un navire. Un des procédés les plus pratiques r>t celui de M. Pickwel*, L'aiguille d'une boussole est percée de telle manière qu'un rayon Lumineux émanant d'une lampe spéciale tombe sur différentes parties du papier sensible, suivant la direction que prend le navire. Ce papier Be trouve appliqué sur un.' sorte «le tambour cylindrique qui eH'ectue >a révolution autour de l'axe dans tes vingt-quatre heures. Par l'inspection du papier développé et lixé, on peut voir pendant combien d'heures le navire a été dirigé vers le nord, le sud, l'est ou l'ouest; on peut donc suivre photographiqueinent sa course vraie et connaître le temps qu'il a mis fi L'accomplir.

Un procédé assez semblable au précédent a été proposé par Kreeson'poyr

enregistrer par la photographie la position que prend un projectile dans les différentes parties de sa course, c'est-à-dire ses déviations horizontales et verticales. La partie conique du projectile esl percée d'un très petit trou derrière lequel on place une plaque sensible : on braque le canon sur Le Boleil qui, par l'ouverture percée à L'extrémité do projectile, enyoie un ûlet de

lumière sur la plaque sensible. La direction de ce pinceau lumineux change naturellement avec la position du projectile dans sa trajectoire; Les déviations latérales sont indiquées par des lignes droites, tandis qu'un mouvement de rotation s'accuse par une spirale.

988. Applications à l'instruction des sourds et muets < >u peul instruire les sourds et muets en leur faisant regarder les LévrCfl d'une personne qui parle et leur faisant noter La position des Lèvres pendant rémission de certains sons. On a amélioré celte méthode en ayant recours à La

Page 1