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Bulletin belge de la photographie, 1864 et

DÉVELOPPEMENT DE L'iMAGK LATENTE.

Dans les mômes conditions, l'hydrogène phosphore* ordinaire dépose du phosphore et perd la propriété de s'enflammer spontanément.

Ingenhouz a constaté que les plantes épurent l'air sous l'action de la Lumière. Sennebier a montré qu'au soleil les feuilles décomposent l'acide carbonique, rendent l'oxygène et absorbent le carbone j une partie de l'acide carbonique reste dans le tissu végétal ainsi qu'une partie de l'eau. L'acide carbonique est absorbé par la partie supérieure des feuilles; l'oxygène est entraîné vers les racines et s'échappe par la surface inférieure des feuilles. Par la décomposition de l'eau et de l'acide carbonique, il se forme du bois: cette formation exige un certain nombre Q de calories, précisément égal à la force vive que dégage ce bois quand on le brille. Les plantes doivent donc emprunter des rayons solaires proportionnellement à la décomposition effectuée par elles.

Les radiations lumineuses sont empruntées au ><>lcil parles végétaux: lixées par eux, elles sont transformées en travail chimique équivalent : il y a fixation de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote, et, par conséquent, production de matières organiques. Ces matières nourrissent les animaux, qui rendent à l'atmosphère de l'hydrogène, de l'eau et de l'acide carbonique; ils restituent sous forme de chaleur la force vive empruntée au soleil. Il est à remarquer que les végétaux purifient l'air et que les animaux le vicient; les premiers absorbent la lumière solaire, les autres la restituent sous forme de chaleur obscure ou de force. < >n voit doue que la chaleur, la lumière, le travail, la force ont pour origine le soleil.

993. Influence de la température — Il est & remarquer que plusieurs des changements provoqués par l'action de la lumière se produisent aussi par une élévation de température; c'esl ainsi que la combinaison de chlore et d'hydrogène se produit vers :>(HI". Mais il ne faudrait pas croire

qu'une température élevée puisse remplacer l'action de la lumière; c'est ainsi que le chlorure, le bromure d'argent ne se décomposent pas au rouge : ce sont là cependant des corps facilement décomposables par la lumière.

D'ailleurs, la lumière agit encore quand on a absorbé les radiations calorifiques à l'aide de certains artifices Bpéciaux, tris que l'interposition d'une CUVe «l'alun sur le trajet des radiations lumineuses. Cette expérience montre que les hypothèses de Kumford en 1798, celles de (iav-l.ussac et Thénard

en 1811, ayant pour conséquence d'expliquer l'action chimique «le la lumière par une élévation <!«' la température, ne peuvent être admises. 11 est cependant certain que dans bien des cas l'élévation de la température augmente l'action de la lumière ; on constate, par exemple, «pie pendant l'hiver l'impression des images sur papier à l'iodure «l'argent et à la lumière artificielle s'effectue plus lentement «pie pendant l'été.

§ 2. — I ) K V K LO I M * KM KNT L>K I.'lM AC1. LATENTE.

994. Image latente. — La lumière exerce sur le chlorure, le bromure et l'iodure d'argent des modifications considérables sans que les caractères physiques de ces sels, même à l'observation

microscopique , semblent modifiés. On peut mettre en évidence les altérations produites par la lumière à l'aide de certains agents chimiques appelés révélateurs ou déi;eloppateurs. Dans le cas d'une exposition suffisamment courte, la lumière produit sur le composé sensible une action dite latente. L'image invisible que porte la plaque après son exposition dans la chambre noire est appelée image latente.

On a fait de nombreuses hypothèses pour expliquer l'altération que la lumière fait subir aux sels d'argent tels que l'iodure et le bromure : on a constaté que le composé sensible à la lumière est à peu près indifférent à l'action des réducteurs s'il a été maintenu h l'abri des radiations actiniques ; au contraire , s'il a été frappé par des ondes lumineuses à courte période, le sel d'argent est rapidement décomposé par les révélateurs.

995. Hypothèse chimique. — Dans l'hypothèse chimique, l'image latente produite par une courte exposition dans la chambre noire serait due , comme l'image visible résultant d'une action prolongée à la. lumière , à une véritable décomposition de bromure d'argent. Si la décomposition du bromure d'argent est totale, on aperçoit l'image constituée par le sous-sel d'argent ; si elle n'est que partielle , les molécules d'argent ou de sous-sel d'argent sont trop disséminées dans la masse de la couche pour laisser une trace perceptible, et la lumière produit alors une image latente qui apparaîtra par l'action du développateur.

Cette décomposition est-elle permanente ? Nous l'ignorons absolument, car jusqu'à présent il n'a pas été fait d'expériences sur tous les composés d'argent à l'état de pureté. On ne peut tirer aucun argument de ce que les plaques au gélatino-bromure d'argent conservent l'image latente pendant plusieurs mois; dans ce cas, en effet, le bromure d'argent se trouve en présence d'un corps susceptible d'absorber le brome ; on ne peut donc rien conclure. L'expérience de Tomassi, dans laquelle du chlorure d'argent pur, placé à la lumière dans le vide, noircit d'abord, puis, placé dans l'obscurité, reprend son aspect primitif, semble démontrer que la lumière ne produit pas sur ce sel l'altération permanente que l'on est convenu de regarder comme caractéristique de tout phénomène chimique. Le produit transitoire formé sous l'action de la lumière ne saurait d'ailleurs se conserver indéfiniment, et l'expérience prouve qu'il en est ainsi.

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