HYPOTHÈSES DIVERSES
suffisamment intense, produit, il est vrai, une décomposition du bromure d'argent; mais ce n'est pas là ce qui est la cause du développement de l'image latente : on suppose que les ondes lumineuses, avant de décomposer la substance sensible, produisent un bouleversement de ses molécules, l'amenant ainsi à un état moléculaire nouveau sous lequel il serait facilement décomposante parles révélateurs.
Cette manière de voir est d'accord avec les faits. L'action de la lumière peut alors être comparée à celle de la chaleur produisant des corps isomorphes. Dans cette hypothèse, tout corps insolé changerait d'état: îiprès l'insolation, on n'aurait pins le corps primitif, maison aurait :
Corps insolé +Q calories.
et h> nombre O de calories serait suffisant pour produire le travail préliminaire indispensable pour que la réaction chimique puisse s'accomplir, qu'il y ait composition ou décomposition. On s'explique ainsi comment les composés d'argent à ['état de pureté et primitivement insolés perdent spontanément la propriété de fournir une image développante : cette transformation est comparable à celle du soufre
prismatique qui se transforme spontanément en soufre octaédrique
avec un dégagement de 00**04. On ïl'e8t pas encore parvenu à mesurer le nombre de calories nécessaires pour que la réaction chimique du développement puisse s'accomplir: mais rien ne lait prévoir que cette mesure soit impossible à effectuer, malgré les réelles difficultés présentées par une opération de cette nature.
997. Hypothèses diverses — On peut traiter théoriquement La question du développement de l'image négative et examiner ce que produisent les ondes lumineuses venant frapper Lea composés sensibles: elles doivent écarter leurs centres molécolair68 el affaiblir par suite les liens qui unissent
les molécules les unes aux aulres. Les molécules ainsi séparées acquièrent une certaine énergie potentielle leur permettant d'exercer sur les corps environnants une attraction plus grande que 1 attraction exercée par les molécules intimement combinées. Si l'on recouvre une plaque impressionnée d'un réactif contenant «le l'argent facilement précipitante, La réaction Commencera aux divers points contenant des molécules frappées par La lumière: Parlent se déposera seulement sur les parties de la plaque qui correspondent aux clairs de Limage. Les réactifs qui agissent ainsi sont appelés, des révélateurs physiques ; ils permettent de révéler les plaques contenant peu d'argent connue les plaques au collodion humide.
On peut aussi traiter la couche insolée par un corps capable de réduire Le sel d'argent. La réaction s'effectuera en divers points contenant des molé-
cules sensibles écartées les unes des autres par la lumière; dans les autres parties de la couche qui n'auront pas été insolées, il ne se produira pas de réduction du composé argentifère. Les réactifs qui agissent ainsi sont des révéla te u rs chi m iq nés.
Lermantoff1 a étudié le mode de formation de l'image négative dans le procédé du collodion humide. Il admet que le produit de la décomposition des couches au collodion humide à l'iodo-bromure d'argent est de l'argent métallique. Ces molécules forment des couples voltaïques locaux avec les molécules d'azotate d'argent et de sulfate de fer ou d'acide pyrogallique du révélateur; par le dépôt d'argent l'image devient visible. Davanne a constaté que si l'on trace sur une carte des lignes à peine visibles avec une lame d'argent, ces lignes se développent dans un bain réducteur additionné d'azotate d'argent. On peut donner une autre forme à cette expérience qui vérifie la manière de voir de Lermantoff : sur une glace nettoyée au tripoli et à l'iode, on trace avec de la paraffine, un crayon, du cuivre, de la soudure d'étain,le nom de ces substances, puis on verse sur la glace le révélateur au sulfate de fer mélangé d'argent. Les mots soudure, platine, cuivre, crayon se développent, mais le mot paraffine forme un négatif, car la glace se recouvre d'un voile; l'empreinte du doigt qui tenait la glace a disparu pendant le développement; il en est de même avec le révélateur pyrogallique. Si l'on examine la glace au microscope, on constate que les grains d'argent réduit sont identiques à ceux qui constituent un négatif; il suit de là que les molécules d'un corps conducteur de l'électricité fixée à la surface du verre suffisent pour former une image à l'aide du révélateur, ce qui conduit à dire que le phénomène du développement est un phénomène galvanique ou galvanoplastique. En effet, un couple voltaïque moléculaire pourrait se former d'une molécule d'argent ou de quelque autre corps conducteur, d'une molécule d'argent et d'une molécule de sulfate de fer, au milieu du révélateur mélangé de sel d'argent et versé sur la glace. Si la force électro-motrice de cet élément est suffisante, l'azotate peut se décomposer et une molécule d'argent peut se déposer sur la première. Le mouvement du liquide met continuellement d'autres molécules d'azotate et de sulfate en contact avec l'argent déjà déposé, etl'action se continue jusqu'à épuisement du mélange.
Si cette hypothèse est vraie, on peut former un élément voltaïque de dimensions ordinaires avec une lame d'argent courbée en V, un révélateur et une solution d'azotate d'argent séparés par une cloison poreuse en parchemin végétal. Lermantoff a réalisé cet élément en employant un révélateur à sulfate double de fer et d'ammoniaque et la solution d'argent servant à renforcer. Les lames ont 0m003 sur 0m00i de section. Peu de temps après la composition du couple, l'électrode plongée dans l'azotate d'argent se recouvre de cristaux métalliques, et une heure après on obtient des aigrettes d'un blanc éclatant. Si l'on se sert d'un fil de platine la quantité d'argent déposée est moindre. Le révélateur à l'acide pyrogallique donne d'abord quelques cristaux, mais les liquides se mélangent bientôt à travers la cloison poreuse.
Garey Lea2 a étudié les différentes substances propres à développer les