ACTION J)KS DIVERS RÉVÉLATEURS
diverses images photographiques latentes : il a constaté qu'on obtient des images par l'emploi du phosphate, du borate, du sulfite et de L'hyposulfite de fer en dissolution dans l'oxalate d'ammoniaque ou de potasse. 11 a remarqué certaines anomalies : le formiate de fer développe faiblement; le phosphate et le métaphosphate de fer sont très actifs. Le pyrophosphate ne possède en aucune façon cette propriété. Les sels de 1er les plus actifs sont le phosphate dissous dans l'oxalate neutre d'ammoniaque et le borate, le sulfite, l'oxalate en dissolution dans l'oxalate neutre' de potasse.
Les révélateurs doivent ètrr des substances avides d'oxygène, c'est-à-dire facilement réductrices, décomposant le sel d'argent par l'intermédiaire de l'eau. Dans le procédé au gélatino-bromure d'argent, il est nécessaire que le révélateur soit facilement oxydable, car son avidité pour l'oxygène d'une part, et la tendance que possède l'hydrogène de s'unir au brome d'autre part, suffisent pour déterminer les réactions qui amènent la décomposition du bromure d'argent. Il ne faudrait p;is croire que toutes les substances facilement oxydables puissent être employées connue révélateurs, attendu que le produit de leur oxydation tend quelquefois à déterminer une réaction inverse prédominante: c'est ainsi que des réducteurs puissants, tels que l'acide sulfureux et l'hypophosphite «le sodium, ne peuvent pas développer l'image latente1, l ue plaque d'argent poli, exposée aux vapeurs d'iode, de
brome ou de chlore, condense la vapeur de mercure aux places frappées par La lumière, (l'est Daguerre qui a observé le premier cette condensation du mercure et en a fait la base de son procédé de photographie sur plaqué d'argent.
Poitevin a montré que pour que La lumière puisse réduire une substance il fallait (pie cette substance lut en contact ou mélangée avec une autre
pouvant absorber L'élément perdu et former un composé plus Btable à la lumière que le premier9. 11 a émis l'opinion que L'action de La lumière sur L'iodure d'argent chimiquement pur sel nulle Lorsque cet iodure est Isolé de toute substance pouvant retenir l'iode qu'elle tend à mettre en liberté: il admettait que La Lumière produisait une action chimique sur L'iodure d'argent3.
Carey Lca4 a prouvé que par Le développement d'une plaque au collodion
humide il ne disparaissait pas d'iodure ou de bromure d'argent. Kn ell'et, la dissolution de pernitrate de mercure 1res étendu l'ait disparaître en trois ou quatre minutes une image obtenue sur plaque préparée RU collodion humide. On lave la plaque, on obtient une couche uniforme; il n'y a pas départ d'argent, par suite pas .l'iodure ou de bromure employé à former l'image. Si après le développement on fait agir le pernitrate de mercure dans L'obscurité l'image disparait. Après lavages on peut traiter la plaque par le révélateur, composé de sulfate de fer. nitrate d'argent et acide citrique. L'image se développe régulièrement, donc la couche avait conservé le pouvoir de reproduire une deuxième lois l'image ; par suite l'iodure d'argent a subi une modification physique bien distincte de La réduction. On arrive
1. De La baume IMuvinel, Le développement de l'image latente, p. .*».
2. Traité de l'impression photographique sans sels d'argi nt . p. 129.
3. Bulletin de la Société française de photographie, 1866, p. 200. •i. Philadelphia photographe)-, 15 juin 1866 et 16 mars lSiitJ.
au même résultat par l'emploi du révélateur pyrogallique. On voit donc que l'impression produite par la lumière sur la couche sensible n'est pas épuisée par le premier développement. La simple pression d'ailleurs suffit pour obtenir une image latente. Carey Lea a comparé le développement aux précipités qui se forment suivant les traces laissées dans les verres à expérience parles baguettes qui servent à agiter les précipités. A. Girard 1 a montré que l'iodure d'argent soumis à la pression est susceptible de se développer sous l'action des révélateurs. Il a fait l'expérience en comprimant l'iodure d'argent à l'aide de matières inorganiques qui ne peuvent céder aucune substance à ce composé, et dans ce but s'est servi de tubes de verre, plaques de quartz, etc. On peut, d'après Carey Lea2, admettre que la lumière agissant sur l'iodure d'argent produit une action physique. Si l'iodure est pur, il y a simple modification de l'iodure; s'il se trouve en présence de nitrate d'argent, l'iodure insolé réagit sur le nitrate d'argent. Presque toujours dans le mode de préparation des glaces au collodion humide il se forme une combinaison de matière organique et de nitrate d'argent. Dans le but de prouver que, contrairement à l'opinion de Poitevin, l'iodure d'argent pur est sensible à la lumière, Carey Lea3 a transformé en iodure le dépôt d'argent métallique formé sur verre par le procédé d'argenture des miroirs; la couche obtenue, sensibilisée par la teinture d'iode et lavée, permet d'obtenir une image, et cependant il n'y a pas de matière organique en présence. On peut aussi répéter cette expérience en employant, pour transformer l'argent en iodure, la dissolution d'iode dans l'iodure de potassium. La couche bien lavée fournit une surface sensible qui, exposée à l'action de la lumière, permet d'obtenir une image par développement. Cependant il est certain, comme l'a démontré Vogel4, que la sensibilité de l'iodure d'argent à la lumière est exaltée à un haut degré par les corps qui absorbent l'iode. Ces corps, tels que les sels d'étain, Parséniate de soude , les sels d'argent, exercent une action sensibilisatrice sur l'iodure d'argent. Le sulfate de fer absorbe l'iode en présence de la lumière.
Carey Lea5 admet que l'iodure d'argent frappé par la lumière est dans un certain état vibratoire; tant que cet état se maintient, l'iodure d'argent est apte à se décomposer instantanément lorsqu'il est mis en contact avec une quelconque des substances qui en auraient déterminé sa décomposition si, conjointement avec cet iodure, elle avait subi l'impression lumineuse. Il compare ce phénomme à celui de la phosphorescence et l'appelle Yactinesee?ice. Il définit l'actinescence la faculté de pouvoir retenir l'action des radiations chimiques et, par suite, de pouvoir subir la décomposition sous l'influence de la lumière.
Terry6 admettait que l'image métallique était due à une action galvanique; il n'avait pas cependant fourni de preuves permettant de vérifier cette hypothèse.
1. Bulletin delà Société française de 2>hotog rapide, 1866, p. 89.