Comptes rendus, 1858 et
BOLÀRISATÏON.
dans l'obscurité. L'interposition d'une lame de verre, de mica, de cristal de roche, empêche l'action de la lumière emmagasinée. Une gravure enduite de gomme ou de vernis ne se reproduit pas; si elle est enduite de gélatine ou de collodion on peut obtenir une image.
Un étui en métal fermé d'un bout et tapissé à l'intérieur de carton blanc est exposé, l'ouverture en avant, aux rayons du soleil pendant une heure; on applique ensuite l'ouverture contre du papier sensible : au bout de vingtquatre heures l'image de l'ouverture est reproduite sur le papier. Si l'on interpose entre le tube et Le papier une gravure sur papier de Chine, on obtient une reproduction de la gravure. Le tube fermé hermétiquement peut conserver pendant longtemps la lumière emmagasinée. Ces expériences ont été variées de bien des manières : c'est ainsi qu'en appliquant sur le papier sensible une plaque de marbre noir et blanc, ou bien une plume noire et blanche préalablement insolées, les parties blanches s'impriment sur le papier.
Diverses substances phosphorescentes ou fluorescentes, telles que le sulfate de quinine, le phosphore, le nitrate d'uranej le citrate de for, la peau animale, la porcelaine, etc., possèdent la propriété de condenser énergiquement la lumière. Ces substances, préalablement insolées, peuvent réduire la solution de nitrate d'argent. < >s phénomènes paraissent dus à une action chimique produite par 1< s radiations obscures ; ils expliquent pourquoi en enveloppant les plaques au gélatino-bromure dans du papier blanc on obtient souvent des images voilées, si l'on se sort de papier imprimé, les caractères se reproduisent sur la plaque, et, comme L'a observé Laoureux1, si l'on conserve des plaques ou des papiers au gélatino-bromure insolés et placés au contact ou à une petite distance de plaques n'ayant pas subi l'action de la lumière, on peut développer une faible image sur la plaque non insolée. Testelin avait observé le même l'ait en se servant de papiers préparés à l'iodure d'argent. TOUS ces phénomènes se rattarlient aux expériences de Xiepce de Saint-Victor.
1001. De la solarisation. On a constaté, dès le début du procédé du daguerréotype, qu'une plaque sensible exposée pendant trop longtemps à l'action de la lumière perdait la propriété de lixer les vapeurs de mercure ou de noircir par Les agents révélateurs; on dit alors que l'image est solari&ée. Ce phénomène se produit bien avant que toute image apparaisse par la seule action de la lumière non aidée d'un dévcloppateur. D'après Monckhoven2, c'est là une preuve que l'action produite par la lumière est purement physique, car si c'était une action chimique, plus l'image serait visible par la seule action de la lumière et mieux le dévcloppateur devrait agir pour la rendre intense; en réalité, il n'en est rien. On attribue ce phénomène à l'action des rayons rouges qui détruisent l'effet des rayons chimiques.
Hersehell', en 1899, constata que ta lumière rouge possède une action
1. Bulletin de V Association belge de photographie, 1880, p. 152.