‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 211 sur 276 · Traité général de photographie, 1* edit., p · texte numérisé non relu

Traité général de photographie, 1* edit., p

3. Bibliothèque u ni rnselle de (,'oihe, nouvelle série, XXIII, p. 1S5.

spéciale sur le papier préparé. Fizeau et Foucault1 ont nettement démontré l'action des rayons rouges. Dans ce but, ils ont exposé à la lumière d'une lampe une plaque daguerrienne recouverte d'une couche d'iodo-bromure d'argent; lorsque la couche fut régulièrement impressionnée, ils firent tomber sur elle un spectre solaire. Après le développement aux vapeurs mercurielles, le côté violet du spectre, depuis l'orangé jusqu'aux radiations ultra-violettes, avait donné une image et les vapeurs s'étaient fortement déposées sur la couche ; du côté rouge, il n'y avait pas trace d'image. En prolongeant l'exposition, les rayons oranges et jaunes auraient fini également par détraire l'impression primitive causée par la lampe.

Draper2 a étudié à diverses reprises le phénomène de la solarisation. Il a obtenu un effet de solarisation depuis la ligne G jusque dans l'ultra-rouge en exposant une plaque de daguerréotype à l'action simultanée du spectre et d'une faible lumière diffuse. 11 a constaté que les raies de Fraunhofer apparaissaient en positives sur l'image3. Lerebours en 1846, Glaudet4 en 1847 s'étaient spécialement occupés de la solarisation sur plaques préparées parle procédé de Daguerre et signalée par Moser. Claudet5 avait constaté que lorsque le temps d'exposition était fortement dépassé les vapeurs de mercure ne fournissaient pas d'image; si l'exposition à la lumière était prolongée plus longtemps encore, on développait une image négative au lieu d'une positive. La durée de l'insolation nécessaire pour produire ce renversement de l'image était variable suivant la nature des radiations.

Abney6 a émis l'hypothèse que le renversement de l'image photographique pendant le développement était ordinairement dû à l'oxydation du sous-sel d'argent formé par la première impression lumineuse sur le sel d'argent soumis à l'exposition; cette oxydation est due à l'action de la lumière, les rayons de moindre réfrangibilité étant les plus puissants accélérateurs de l'oxydation. Le renversement d'une image peut être dû à la présence d'un chlorure, bromure ou iodure alcalin; dans ce cas, le renversement est partiellement dû à l'action de la lumière sur le composé haloïde et partiellement à la tendance d'oxydation du sous-sel d'argent. La présence d'un acide minéral tend puissamment à produire un renversement7.

Waterhouse, Janssen et plusieurs autres savants ont étudié le renversement de l'image et ont montré que ces phénomènes se rapprochent de ceux que l'on constate dans la phosphorescence : les radiations rouges détruisent l'action produite par les bleues.

L'influence de la solarisation sur la reproduction photographique des objets colorés est considérable : les objets colorés en bleu, en violet, ceux d'une teinte neutre bleutée très claire se reproduisent aisément par la photographie; si la durée du temps de pose est trop prolongée, une partie de l'effet produit par les radiations émises par ces objets est détruit. Les objets

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