PHOTOMÈTRES AU CHLORURE D'ARGENT
blanc de zinc avec 1 partie de noir de fumée. La lumière qui produirait cette teinte en une seconde est prise pour unité, d'où il suit que la valeur de la teinte type est aussi L'unité. On cherche sur l'épreuve le point qui offre la teinte type et on lit en marge le temps d'exposition correspondant; si ce temps est de une, deux, trois... n secondes, l'intensité de la lumière dont on a fait usage se trouve en divisant par i, 2, 3... n la valeur de la teinte obtenue qui est l'unité; l'intensité cherchée est donc respectivement
1, 5 , g ... — . Connaissant ainsi, par le temps d'exposition correspondant
à la teinte type, l'intensité de la lumière employée, on en déduit immédiatement la valeur absolue de toutes les autres teintes de répreuve-étalon en multipliant par cette intensité les temps d'exposition marqués en marge.
Il faut préparer un papier d'une sensibilité uniforme et constante. Le papier est sensibilisé! dans un bain de 30 grammes de sel marin pour 1 litre d'eau; il est séché, puis immergé dans une solution contenant 120 grammes de nitrate d'argent pour 1 litre d'eau. Ce papier séché conserve toutes ses propriétés pendant vingt- quatre heures. Bunsen et Roscoé" ont constaté que si l'œil peut saisir de petites différences dans la teinte du papier lorsque sa coloration est faible, la comparaison n'est plus possible lorsqu'il est plus noirci.
Les photomètres employés habituellement pour mesurer les temps «l'exposition nécessaires aux photocopies sur gélatine bichromates sont extrêmement nombreux. Les plus simples, te] que celui «le Monckhoven, consistent en une boite cubique analogue à un encrier de poche dont le couvercle est formé d'une plaque de verre peinte du ton que prend le papier lorsqu'on l'expose à la lumière; cette teinte offre au centre une lacune; sous cette partie transparente glisse l'extrémité d'un rouleau de papier sensible contenu dans la boite. On prend connue imité de temps l'espace que met le papier à se colorer du ton voulu, et on laisse la gélatine préparée exposée à la lumière sous le négatif pendant une, deux, trois OU plusieurs unités. Les photomètres de Monckhoven, celui de Lamv, de la Compagnie autotype, de Woodbury et bien d'autres sont basés sur ce principe. Nous avons décrit les pins usités ( 668).
Dans le photomètre de Monckhoven, la boite qui contient le rouleau de papier sensible possède deux couvercles : l'un porte le verre rouge-chocolat, sauf un carré situé au centre, et peut être recouvert par un deuxième couvercle muni d'un verre dépoli et d'un volet à coulisse gradué en 10 parties; on détermine par expérience quelle ouverture du volet il faut donner suivant le caractère du négatif. Le papier sensible employé pour le photomètre Monckhoven est préparé en trempant du papier dans une solution de 10 grammes de chlorure de sodium pour 2 litres d'eau ; on immerge le papier pendant deux minutes dans ce bain et on le suspend dans l'obscurité pour le faire sécher; on le fait plonger ensuite dans un bain de 200 grammes de nitrate d'argent pour 2 litres d'eau, on lave ce papier pour éliminer l'excès de nitrate d'argent et on fait sécher; on le coupe ensuite en bandes de 0m01 de large que l'on dispose en rouleaux. Gomme ce papier est peu sensible à la lumière, on dispose à côté de lui dans le photomètre un morceau gros comme un pois de carbonate d'ammoniaque entouré d'un peu de papier Joseph.
1019. Photomètres à échelles. — Lanet de Limency 1 a construit, sous le nom de lucimètre, un instrument analogue à celui qui avait été employé pour mesurer l'intensité de la lumière : il consiste en une série de bandes de papier végétal superposées, les bandes étant de longueur inégale, de telle sorte que par l'une des extrémités de la série la lumière passe à travers une seule feuille de papier; à l'autre extrémité la lumière est obligée de traverser plusieurs épaisseurs. Une feuille de papier sensible placée sous cet appareil noircit par teintes plates successives de moins en moins foncées.
Vogel 2 a construit un photomètre destiné à déterminer la durée nécessaire à l'insolation des mélanges de gélatine et bichromate de potasse. Cet instrument se compose d'une boîte de bois à double couvercle, contenant des bandes de papier bichromaté, et une échelle sous verre en papier, dont la transparence varie par degrés numérotés.
La boîte étant garnie, on l'expose à la lumière en même temps que le négatif à imprimer; au bout d'un certain temps, on couvre un tiers du négatif quand le photomètre marque 10 par exemple, on en couvre un second tiers quand il marque 12, et le dernier tiers quand il marque 14. La lumière traversant l'échelle transparente brunit graduellement la bande de papier sur laquelle on peut lire en blanc le numéro du degré qui sur l'échelle est marqué en noir; on dépouille l'image du négatif et on choisit le numéro qui convient le mieux au tirage. Pour effectuer avec précision la vérification du photomètre il faut opérer à la lumière d'une lampe, et pendant l'examen de la bande de papier le châssis positif doit être placé dans l'obscurité. On prépare le papier bichromaté en trempant des bandes de papier Rives ou de Saxe dans une dissolution formée de 1 gramme de bichromate de potasse et 30 d'eau; ce papier, séché dans l'obscurité, est ensuite débité à la dimension convenable pour le photomètre.
Bing3 s'est servi comme échelle photométrique de feuilles de mica superposées portant un numéro d'ordre. Ce photomètre s'emploie comme celui de Vogel; il en est de même de celui de Sawyer, qui contient une échelle à dix numéros.
Spencer4 a construit un photomètre consistant en une boîte dont le couvercle porte douze trous garnis de une à douze lamelles de collodion teintes en rouge; on expose derrière ces lamelles du papier bichromaté; mais l'appareil exige des temps d'insolation très longs, il manque de sensibilité.
Abney 5 a proposé d'employer un photomètre permettant d'éviter la cause d'erreur qui provient de l'absorption des diverses radiations par des épaisseurs inégales d'une même substance. Il construit l'échelle transparente en faisant tourner autour de son centre une étoile en carton noir placée contre l'ouverture d'une fenêtre ayant un ciel bien clair derrière elle : on obtient un négatif qui montre une image finement dégradée, variant depuis la transparence la plus parfaite jusqu'à l'opacité à peu près absolue. Ce négatif au collodion est viré à l'aide d'un bain contenant 0,26 de bichlorure de platine,