Wiener Akat!., LXXX, oct
§ 5. — PHOTOMÈTRES, USUELS.
1018. Photomètres au chlorure d'argent. — Les photomètres usuels sont basés sur l'emploi du papier sensible préparé soit au chlorure d'argent, soit au bichromate de potasse. Le premier de ces appareils a été proposé par Malagutti1. Herschell2, Claudet3, et plusieurs autres ont proposé de mesurer l'intensité de la lumière à l'aide du noircissement du papier au chlorure d'argent. Heeren 4, puis Schall5, ont appliqué ce papier à la mesure de l'intensité lumineuse pour les opérations photographiques.
C'est ce moyen qu'ont employé Bunsen et Roscoë pour évaluer les effets chimiques de la lumière. Ils ont cherché le rapport qui existait entre l'intensité d'une lumière et la teinte plus ou moins foncée de l'épreuve qu'elle fournit dans un temps donné. On a reconnu qu'il n'était pas possible d'employer une .méthode fondée sur une définition directe de la teinte parla vigueur de la coloration ; mais l'expérience a prouvé que le temps d'exposition nécessaire pour obtenir une teinte déterminée est toujours en raison inverse de l'intensité de la source lumineuse. Une lumière d'intensité 1 qui agit pendant deux secondes donne le même résultat qu'une lumière d'intensité 2 que l'on fait agir pendant une seconde seulement; la teinte est toujours la même si le produit de l'intensité lumineuse par le temps d'exposition reste le même. Ce produit, qui représente la quantité totale de lumière versée sur le papier sensible, peut être pris pour mesure de la teinte d'une épreuve ; il en représente numériquement, la valeur. Il suffit donc d'avoir une série d'échantillons de teintes dont on détermine la valeur absolue en notant les temps d'exposition nécessaires pour les obtenir avec une lumière d'intensité connue. L'intensité d'une lumière quelconque se trouvera en cherchant parmi les échantillons fixes la teinte identique à celle que cette lumière a produite sur le papier sensible et en divisant la valeur connue de cette teinte par le temps d'exposition observé.
Bunsen et Roscoë6 obtiennent une gamme d'échantillons régulièrement dégradés du noir au blanc en exposant une bande de papier sensibilisé sous une fente recouverte d'un écran mobile qui se retire peu à peu, de manière à découvrir successivement toute la longueur de la bande : on obtient ainsi une échelle de teintes de plus en plus foncées dont on connaît les temps d'exposition que l'on marque en marge. Roscoë s'est aussi procuré des teintes d'une valeur relative connue en exposant simultanément six bandes de papier sous un nombre égal de boîtes cylindriques percées d'ouvertures dont la grandeur variait dans le rapport de 1 à 12. On prend pour point de départ une teinte type, qui est donnée par un mélange de 1,000 parties de