‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 44 sur 276 · Décembre · texte numérisé non relu

Décembre

La mise au point doit s'effectuer avec le plus grand soin. On remplace la glace dépolie ordinaire par le châssis négatif à collodion humide, dans lequel on place une glace ordinaire bien polie au centre de laquelle on a tracé quelques fines hachures avec un diamant ; à l'aide d'une forte loupe à tirage, on examine d'abord ces traits et on arrête la mise au point de la loupe pour cette glace; on peut alors mettre au point l'image du négatif à reproduire par transparence. Cette mise au point doit se faire à l'aide d'une vis sans fin qui entraîne la partie antérieure de la chambre noire. Il est mieux, sous le rapport industriel, d'avoir une chambre à foyer fixe et dans laquelle la distance du sujet aux objectifs et celle des objectifs à la glace sensible est à peu près invariable; la réduction est toujours à la même échelle, ce qui abrège beaucoup le travail.

Le procédé employé pour préparer la couche sensible est celui du collodion sec, qui, bien que nécessitant un temps de pose plus long que si l'on employait le collodion humide, offre de grands avantages sous le rapport de la finesse de l'image. On ne peut songer à se servir des préparations au gélatino-bromure d'argent parce qu'elles présentent un grain considérable lorsqu'elles sont agrandies ; de plus, lorsque l'on coupe les images pour les séparer, la pellicule de gélatine se soulève presque toujours, ce qui entraîne la perte de l'épreuve.

Dans certains cas, lorsqu'il s'agit d'obtenir des images extrêmement fines, telles que reproductions de livres, de manuscrits, etc., on se sert du procédé sur albumine qui donne une très grande finesse.

Le développement de ces images ne présente rien de particulier, si ce n'est que l'on doit suivre l'opération en s'aidant d'une loupe ; le fixage et les lavages s'effectuent comme à l'ordinaire. La plaque est vernie à l'aide d'un vernis contenant 15 grammes de benjoin pour 100 c. c. d'alcool. On examine alors l'image, et à l'aide d'une très forte loupe, on vérifie si les diverses épreuves sont assez bonnes pour être fixées au stanhope ; on marque d'une croix celles qui doivent être rejetées. On découpe alors les photographies par petits carrés à l'aide d'un diamant ordinaire ; l'opération s'exécute avec une règle spéciale qui permet d'obtenir d'abord des bandes des petites images, puis de petits carrés. La plaque de verre repose à plat sur plusieurs doubles de papier buvard ; c'est sur le côté opposé à la couche que l'on fait passer le diamant.

Les images étant destinées à être vues avec le petit cylindre de verre AB (fig. 631) appelé stanhope, il faut coller la petite épreuve

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sur la face plane B. On essuie d'abord la face du verre portant l'image, puis on chauffe le stanhope à l'aide d'un bain de sable B (flg. 632), composé d'un plateau creux en tôle, garni de sable fin et recouvert d'un drap noir G; on place les stanhopes sur ce drap à droite, et on dispose symétriquement à gauche les petits carrés portant l'image, la couche en dessus; on enduit avec un peu de baume

Fig. G31.

du Canada F préalablement chauffé la surface du stanhope (pie l'on saisit avec des pinces: on l'applique directement sur un des petits carrés de verre en pressanl à l aid*' de la pince K : on regarde alors par l'extrémité arrondie du cylindre qui, faisant microscope, montre agrandie el distincte l'image fixée à la bas.', si des bulles d'air apparaissent encore, c'est <jue l'on n'a pas pressé assez fortemi nt ou

Fig. C32,

Issez également contre la base du stanhope ; on le remet alors sur le drap pour rendre au baume du Canada un peu de fluidité et l'on recommence le collage avec plus de précautions. Cet examen ne se fait que lorsque toute une séri ! de stanhopes est refroidie; avec de l'habitude, le montage s:> fait très rapidement et d'une manière en quelque sorte mécanique; certaines ouvrières peuvent arriver à monter plus de cinq cents épreuves à l'heure. 11 ne reste plus pour terminer le travail qu'à affleurer ou arron-

dir le stanhope et l'image qui ne font qu'un tout; on y parvient en employant une meule d'opticien. On peut alors livrer l'épreuve au commerce de la bimbeloterie.

Dagron1 se servait d'une chambre noire à un seul objectif: la mise au point s'effectuait en faisant tourner l'objectif sur un pas de vis. Duboscq2 a construit un appareil à multiplicateur permettant d'obtenir quatre-vingt-dix épreuves sur une glace en employant un seul objectif. La glace sensible est placée dans un cadre rectangulaire qui peut être animé d'un mouvement horizontal; du côté opposé à ce cadre multiplicateur se trouve un objectif combiné à deux verres qui peut recevoir un mouvement vertical de bas en haut; l'image est mise au point à l'aide d'un microscope composé en employant un micromètre tracé sur une glace que l'on place dans le châssis à épreuves.

La mise au point pour le microscope et pour l'objectif s'effectue non pas à l'aide de crémaillère ou de vis sans fin, mais au moyen d'un anneau que l'on anime d'un mouvement de rotation soit à droite soit à gauche : on obtient ainsi une mise au point à mouvement lent et par suite très précise.

La plaque préparée au collodion sec est placée dans le châssis, et il s'agit dp faire glisser ce châssis de manière que l'objectif vienne occuper toutes les positions correspondant au mouvement horizontal que le cadre peut exécuter: on élève ensuite l'objectif d'une division do son mouvement vertical et l'on fait revenir le cadre horizontalement ; à chaque division du mouvement du cadre on s'arrête pendant le temps nécessaire à la pose. Le mouvement horizontal du cadre (mouvement identique à celui des multiplicateurs ordinaires) comporte quinze divisions; le mouvement vertical de l'objectif comportant six divisions, on pourra placer quatre-vingt-dix épreuves sur la glace entière. Ces épreuves sont développées, fixées et terminées comme nous l'avons indiqué.

Bertsch a fait construire, sous le nom de chambre microscopique, un petit appareil en métal consistant en une chambre noire avec objectif à très court foyer donnant des images nettes à partir de 1 mètre. Cette chambre, qui a servi à faire des réductions microscopiques, est une des premières chambres automatiques qui aient été construites; elle pouvait servir soit à obtenir des phototypes négatifs, soit des positives transparentes de format très réduit.

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