S .*{. — PROCÉDÉS OPÉRATOIRES
894. Opérations à effectuer. Lo microphotographie ayant pour but de reproduire par La photographie les Images fournies par lé microscope, il faudra pour photographier un objet : 1" l'éclairer; projeter SOU image; 3° fixer cette image sur la plaque sensible.
L'éclairage de L'objet est du ressort de la technique microscopique, et ce n'est pas dans un traité de photographie que l'on peut indiquer avec détail quelles sont les meilleures méthodes d'éclairage. ( >r. en micrographie, Bi Les appareils sont pour quelque chose dans les résultats obtenus, les méthodes sont tout, et malheureusement bien «1rs traités du microscope sont muets sur ces méthodes. Nous croyons donc être utile à nos lecteurs en rappelant d'une façon sommaire La série «les manipulations à effectuer pour employer correctement les appareils de micrographie. Nous supposerons que l'opérateur est muni des instruments Les plus perfectionnés et que les opérations doivent être faites eu vue d'obtenir une image photographique; de plus, la lumière solaire étant celle qui nécessite le plus de soins dans son
installation, nous prendrons comme exemple L'emploi de cet éclairage.
895. Éclairage de l'objet. — Nous supposerons que L'on veu.1 reproduire un objet à structure délicate et que Fou dispos»» des appareils suivants : oculaire compensateur, objectif à immersion et cor* rection de 1,30 d'ouverture, condensateur formé par un objectif apo- Obromatique (0,'iON. A.), et que Ton emploie La lumière solaire: il s'agit d'obtenir un bon éclairage de L'objet en lumière centrale :
1° La première opération à l'aire consiste à amener les rayons IV M
solaires dans l'axe du microscope ; pour cela, avant de placer l'oculaire, l'objectif et le condensateur, on donne à la chambre noire le maximum de tirage, et, à l'aide du miroir qui se trouve sur le banc optique dont les diaphragmes sont enlevés, on dirige les rayons solaires dans l'axe du microscope : ces rayons doivent produire au centre du verre dépoli une tache ronde ayant le diamètre du tube. Pour effectuer rapidement cette vérification, il est bon de tracer au centre de la glace dépolie deux cercles concentriques, l'un plus grand, l'autre plus petit que le diamètre du tube : la circonférence limitant le cercle lumineux est alors comprise entre celle des deux cercles.
2° On repère immédiatement la direction des rayons solaires en mettant en place les porte-diaphragmes, comme nous l'avons indiqué : l'un, le plus rapproché du miroir, est muni d'un diaphragme convenable; l'autre reçoit une plaque de verre dépoli sur laquelle on trace au crayon le contour du disque lumineux formé par les rayons solaires.
3° On sépare la chambre noire d'avec le microscope, on met en place l'oculaire, on visse à l'autre extrémité du tube un objectif faible (objectif désigné sous le nom de 3/4 de pouce, ou bien 1/2 pouce de distance focale), on place Fobjet à photographier sur la platine, on le maintient à l'aide des volets, on visse l'objectif apochromatique sur la sous-platine: à l'aide de la crémaillère de la sous-platine, on amène l'objectif apochromatique assez près de la préparation et l'on agit sur les vis de la sous-platine de manière à amener approximativement, d'après la position des montures, les axes des deux objectifs à être sur la même droite ; cela fait, on regarde dans l'oculaire et on abaisse ou l'on élève le tube du microscope à l'aide de la crémaillère ou du mouvement lent jusqu'à ce que l'on perçoive nettement l'objet. Cette mise au point étant obtenue, il faut centrer le condensateur. Pendant ces opérations, ainsi que pendant toutes celles où l'on regarde des images fortement éclairées par le soleil, on doit se servir de verres fumés pour préserver la vue.
4° On enlève l'objet, et à l'aide de la crémaillère de la sous-platine on élève l'objectif apochromatique jusqu'à ce que, regardant par l'oculaire, on aperçoive nettement le cercle métallique qui sert de monture à la lentille frontale de cet objectif ; agissant alors sur les vis de centrage de la sous-platine , on amène ce cercle à être concentrique à celui qui représente le champ du microscope.
5° On remet en place l'objet, on substitue l'objectif à immersion à
CENTRAGE L>KS APPAREILS.
l'objectif faible, on unit la préparation à la lentille frontale avec le liquide d'immersion, et. à l'aide des vis du chariot de la platine, on met en place la partie de la préparation à photographier : l'objet se trouvant au centre du champ, on ne doit plus toucher à la préparation ; cela fait, on munit le condensateur d'un diaphragme convenable réduisant son ouverture au tiers de celle de l'objectif, on remplace l'objectif fort par un objectif faible, on essuie légèrement la préparation, et regardant par l'oculaire on amène sur l'objet la petite image solaire; on met cette image au foyer eu agissant BUT la crémail-
Kg. 671.
Fie. 67!
1ère ou sur la vis micrométrique de la sous-platine, el on remplace l'objectif faible par l'objectif à immersion que l'on doit employer définitivement .
Tous ces changements d'objectifs sont assez longs el assez ennuyeux à exécuter; niais ils sont obligatoires à cause «1rs changements de centrage provenant soit des objectifs, soit des revolvers ou adapteurs employés; le centrage de ers appareils se dérange forcément an bout d'un certain temps. Zeiss a construit un système d'adapteur à coulisse <pii permel de centrer Les objectifs les uns par rapport aux autres et dont L'emploi est bien plus commode que celui du Cenlering //ose pièce construit en Angleterre. L'adapteur
de Zeiss, représenté en coupe (fig. 671), se compose d'une pièce se vissant au tube et d'une pièce portant l'objectif {fig. 672). La partie lixe se visse solidement au tube, les rainures de la coulisse dirigées d'avant en arrière ; la direction de la coulisse n'est pas perpendiculaire à l'axe optique, mais un peu inclinée sur celui-ci : cette inclinaison est la même dans la pièce portant l'objectif; par suite, lorsqu'on enlève l'objectif, il s'élève un peu et n'endommage pas l'anneau de vernis fermant la préparation. Une vis butante, que l'on peut tourner à l'aide d'une clef, permet d'arrêter le patin et par suite l'objectif dans la même position. Cette vis constitue le mécanisme à centrage dans le sens de la direction de la coulisse. Une vis sans fin, se tournant à l'aide de la même clef, produit le centrage dans la direction perpendiculaire à la coulisse: après un bon centrage, le même point de la préparation revient exactement au milieu du champ après chaque changement d'objectif1. Nachet a tout récemment construit un revolver porte-objectif, dans lequel on peut obtenir le centrage de chaque objectif par un système analogue à celui employé dans Tadapteur de Zeiss.
6° On enlève l'oculaire et on regarde dans le tube si le diamètre du petit disque central vivement éclairé est le tiers du diamètre du cercle faiblement éclairé qui représente le champ de l'objectif. On obtient ce résultat en munissant l'objectif condensateur d'un diaphragme convenable; il ne reste plus qu'à placer la cuvette contenant la dissolution colorée ou le verre à faces .parallèles et à effectuer la correction de l'objectif. Cette correction est indispensable si l'on veut photographier un objet présentant des détails très délicats, ou bien si l'éclairage est vif et intense, comme dans le cas de la lumière solaire. On peut effectuer empiriquement cette correction en tournant le collier de la monture d'objectif à correction dans un sens ou dans l'autre, tout en examinant un détail connu de la préparation ; on manie en même temps la vis micrométrique et on s'arrête lorsque l'objet est vu avec la plus grande netteté et présente le mieux les détails de sa structure; ce résultat obtenu, on peut projeter l'image.
Les caractères suivants permettent de reconnaître si l'éclairage est convenable2 : l'objet se détache avec des détails et contours bien nets, bien noirs sur l'image solaire, assez nettement limitée et embrassant la plus grande partie du champ optique. L'objet ainsi éclairé donnera une image riche en contrastes ; avec un éclairage mal réglé, au contraire, les détails et les contours de l'image sont noyés dans une vive lumière : on obtient alors ces épreuves faibles, grises, sans vigueur, qui sont si connues de tous les débutants.