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PROJECTION DE L'IMAGE

896. Projection de l'image. — Les objectifs microscopiques sont, par construction, réglés pour projeter une image réelle à 0m16 ou 0'"25 de l'origine du tube du microscope. On ne peut donc projeter directement une image correcte sur un écran placé à une distance quelconque de l'extrémité du tube, du moins avec les bons objectifs. Mais Moitessier a reconnu que par l'emploi des appareils à petites épreuves, dans lequel la surface sensible est à 0m16 ou 0m25 de l'objectif, on obtient des imagos remarquablement nettes. Frappé des défauts de l'image projetée directement par l'objectif, Woodward employa l'amplificateur; après lui Vvon. Viallanes, etc., ont utilisé cet appareil; actuellement, on se sert (Voculaires à projections.

Lorsque l'objet est bien éclairé, l'objectif étant corrigé, on supprime les verres fumés interposés sur le trajet des rayons pour protéger la vue, on met la chambre noire en place et on procède à une première mise au point. Cette opération se fait comme d'habitude sur la glace dépolie de la chambre noire, après que Ton a enlevé l'oculaire du microscope pour le remplacer par un oculaire à projection. On fait sortir du tube l'oculaire projecteur jusqu'à ce que l'image du diaphragme soit nette sur l'écran ; l'image est alors à peu près nette. On perfectionne la mise au point ; pour cela, on substitue à la glace dépolie une glace transparente portant sur colle do ses faces qui regarde l'objet une croix tracée au diamant : sur cette croix, on met au point une forte loupe des photographes, et cette loupe ainsi réglée sert à observer l'image : on termine la mise au point en agissant sur la vis micrométrique du mouvement lent du microscope. Il semble que les

petits déplacements de l'objectif ainsi produits peuvent modifier la correction de l'objectif; il n'en est rien, pourvu que la première mise au point ait été faite avec une précision suffisante.

La vis micrométrique se manie ;'i distance à l'aide d'une longue tige munie d'un joint universel ; à l'aide de ce dispositif on peut mettre an point quel que soit le système de projection adopté.

Si on se sort de Vtihiplificttleur, aussitôt que la mise au point avec l'oculaire est terminée, on enlève le tube de tirage et l'on visse à son extrémité l'amplificateur; on enfonce alors ce tube jusqu'à ce que l'on obtienne sur l'écran une image nette dans son ensemble; on termine ensuite la mise au point à l'aide de la loupe et de la vis microniétrique. Il faut faire ces

diverses manœuvres avec précaution pour n<' pas altérer La position de l'objectif.

La projection à l'aide de l'objectif seul s'effectue d'une manière très simple : il suffit d'agir sur la vis micrométrique jusqu'à ce que L'image soit

nette dans tous ses détails; dans ces conditions, il arrivera souvent que la projection n'aura pas la netteté de l'image examinée avec l'oculaire.

On peut enfin employer un oculaire orthoscopique pour projeter l'image; dans ce cas, si l'éclairage a été réglé en se servant d'un oculaire de cette nature, il suffit d'allonger le tube de tirage pour que l'image soit nettement projetée sur l'écran. La mise au point s'effectue avec précision à l'aide de la vis micrométrique lorsque l'on a obtenu une première mise au point approchée.

L'avantage que présente l'emploi des oculaires à projection réside en ce que l'image oculaire est projetée telle qu'elle est et que ce n'est pas une nouvelle image qui se forme. Il n'en est pas de même lorsqu'on projette soit à l'aide de l'amplificateur, d'un oculaire achromatique ou de l'objectif. Il arrive souvent que dans ce dernier cas on aperçoit sur la projection de l'image des anneaux ou cercles lumineux provenant de la réflexion de la lumière sur les parois du tube. On n'aperçoit pas ces défauts lorsqu'on projette à l'aide des oculaires à projection, ou bien lorsqu'on regarde directement l'image, parce que les diaphragmes des oculaires éliminent ces rayons réfléchis. Par suite, si l'on n'emploie pas les oculaires à projection, il y aura avantage à se servir de microscopes ayant des tubes aussi larges et aussi courts que possible. L'intérieur du tube doit être absolument noir ; en pratique, on le garnit d'un tube de carton garni à l'intérieur avec du velours noir qui ne donne aucun reflet.

L'image bien éclairée doit se montrer sur l'écran avec des contours bien arrêtés ; si elle est nette au centre et floue sur les bords, c'est que le pinceau éclairant est d'une trop grande ouverture ; au contraire, une image terne dont les contours sont épaissis par les effets de diffraction provient d'un pinceau éclairant de trop petite ouverture ; enfin , le champ doit être uniformément éclairé si tous les appareils sont bien réglés; en enlevant la préparation, le champ éclairé sur la glace dépolie doit présenter une teinte uniforme sans apparence de parties sombres. Lorsque toutes ces conditions sont réalisées, on obtient une bonne épreuve photographique si le temps de pose a été déterminé avec une précision suffisante.

897. Emploi des divers appareils d'éclairage. — Les renseignements que nous avons donnés pour l'emploi de la lumière solaire indiquent ce que l'on doit faire lorsqu'on se sert de toutes autres sources de lumière, telles que la lumière solaire employée indirectement, la lumière électrique, la lampe à pétrole, etc. L'emploi de l'éclairage au pétrole est généralement réservé aux appareils à petites épreuves et surtout aux appareils verticaux

appareils d'éclairage.

lorsqu'il s'agit de photographier avec an objectif faible. Dans ce cas, à l'aide de la lentille collectrice, on projette sur une glace dépolie l'image de la lampe; avec le condensateur, on met au point sur l'objet cette même image de la lampe, on enlève Le verre dépoli et l'on termine les opérations comme d'habitude.

Il y a souvent avantage, surtout lorsque Ton photographie des objets d'anatomie végétale ou animale, à se servir d'un petit objectif photographique au lieu d'un objectif de microscope. Nous avons vu que ces objectifs étaient à foyer très court par rapport à ceux employés on photographie. On les désigne par la longueur focale ((n'aurait une lentille simple qui pourrait, dans des conditions identiques, produire La même amplification que l'objectif considéré ; les plus usités sont Les suivants :

Foyer \ poom. 3* 2f. if. & * * $ à . £

En millimètres.. ii)H "> 50 85 10 • 'i 3 2.."> 2

Ouverture i 0,06 0,00 0,15 0,30 0,05 0,<M) 0,95 1,25 1,00 1,25

numérique I » >• •> >» 0,70 0,96 0,98 1^<> 1,60 1,50

La première ligue relative à l'ouverture numéri(|ue indi<jue cette ouverture pour les objectifs ordinaires à sec jusqu'à 1/6 et pour les objectifs de foyer plus court à immersion homogène; la second»* ligue indique l'ouverture des objectifs apochromatiques ; c'est dans cette série que se trouvent Les objectifs les plus puissants. Actuellement, les objectifs 1/10 sont ceux qui ont le plus fort pouvoir résolvant. En photomicrographie, il esl Inutile d'employer des

objectifs d'un foyer plus court que 1/8 de DOUOP; La limite extrême d'amplification ùlile que permet un objectif de 1,40 d'ouverture peut être déjà

atteinte par un objectif avant l/S de pouce de distance locale ; en se servant

d'objectifs de foyer plus réduit, il y ;i perte de lumière, à cause des exigences pratiques de la construction de ces appareils. On Sfl servait autrefois d'objectifs ayant L/256, l/âO" et même l/75e de pouce, comme Toiles en a construit; on a reconnu qu'il n'y avait que des inconvénients à employer de tels objectifs d'un maniement difficile et d'un prix extrêmement élevé. On tend aussi à ne plus se servir des objectifs de \ pouces, 8 pouces et 2 pouces, depuis que quelques opticiens Livrent des objectifs à long foyer spéciaux pour la microphotographie. Zeiss a construit deux objectifs (foyers ()'»0ôV) et ()">070), et llartnack. à Postdam, a établi une série d'objectifs photographiques (objectifs à projection) ax ant 0m106, O^SO, 0*54 et 0m27 de distance focale. Ces objectifs s'emploient comme objectifs photographiques ordinaires en les fixant à l'avant de la chambre noire, ou bien en les vissant au tube du microscope, comme on le fait pour les objectifs microscopiques; dans L'un et l'autre cas. on les emploie sans oculaire; ils n'ont pas de foyer chimique et La mise au point s'effectue directement sur La glace dépolie;.

Cet inconvénient du foyer chimique est complètement évité par l'emploi des objectifs apochromatiques. Mais ce n'est pas à dire pour cela que l'on ne puisse avec les anciens objectifs produire de lionnes épreuves: on trouve même dans ces objectifs des qualités précieuses pour la photomicrographie,

telles que l'absence de courbure du champ. Les anciens objectifs 1/lGe de Powel et Lealand (objectif employé par Woodward), le l/6e de Toiles, 1/4 de Dallmeyer, ceux de Swift, Nachet, Hartnack, etc., donnent de très bons résultats. Le 1/4 de pouce de Dallmeyer, en particulier, a été fortement recommandé par le Dr R. Pigott. Nous possédons un exemplaire de ce numéro d'objectif monté à correction; sa définition parfaite, son champ très plan, la facilité de son maniement, son pouvoir résolvant moyen (N. A. = 0,85) en font un excellent objectif pour l'observation directe et pour la photomicrographie en lumière monochromatique; il est tout à fait comparable aux meilleurs instruments photographiques ou astronomiques qui sortent des ateliers du célèbre constructeur anglais.

Lorsque l'on ne se sert pas d'objectifs apochromatiques ou de ceux qui sont exempts de foyer chimique, il faut forcément recourir à l'éclairage monochromatique. Dans ce cas, il est inutile d'employer un condensateur achromatique; il faut seulement que cet appareil soit exempt d'aberration sphérique, ce que l'on reconnaît en mettant au point l'image d'un objet éloigné formé par le condensateur; cette image doit être d'une grande netteté. Les condensateurs de Nachet, ceux d'Abbe, de Powel et Lealand, le petit condensateur de Klœne et Mùller sont les plus employés. On peut d'ailleurs, pour condenser la lumière sur la préparation, se servir d'un objectif microscopique ordinaire ayant un foyer de 0m008 à 0m01. Si l'on emploie les condensateurs de Zeiss, il y a tout intérêt, après avoir centré l'appareil, à unir optiquement, à l'aide d'une goutte d'essence de cèdre, la lame portant la préparation à la lentille extérieure du condensateur. L'un des avantages que présente ce dispositif réside en ce que la réflexion à la surface inférieure du porte-objet n'existe plus. On opère toujours ainsi lorsqu'on se sert d'un objectif à immersion homogène.

On peut quelquefois employer la lumière diffuse pour éclairer la préparation a reproduire lorsqu'il n'est pas nécessaire d'obtenir une image très amplifiée par rapport à l'objet. Dans ce cas, on fait arriver sur le condensateur la lumière réfléchie par une surface blanche, telle qu'une feuille de bristol éclairée par le soleil ou bien la lumière envoyée par des nuages blancs ; cette lumière est alors dirigée vers le condensateur par l'intermédiaire d'un miroir. Ces différents éclairages seront utilisés d'une manière indirecte, c'est-à-dire que l'on projettera sur un verre dépoli l'image de la source lumineuse ; l'image du verre dépoli sera à son tour projetée sur la préparation.

898. Éclairage des corps opaques. — On peut avoir h photographier des objets microscopiques, tels que certains cryptogames végétaux, de petites coquilles, des foraminifères, des radiolaires préparés de telle sorte qu'ils ne peuvent être éclairés par la lumière transmise; dans ce cas, il faudra diriger la lumière dans les appareils Savant en arrière. Tous ces sujets n'exigent pas l'emploi d'objectifs

ÉCLAIRAGE DES coups OPAQUES. 1(59

de fort pouvoir. Ou les éclairera très facilement à l'aide du miroir de Lieberklihn qui a été employé pour la première fois par Leeuwenhoek1 pour l'éclairage des corps opaques : il consiste en un miroir concave, de forme parabolique, s'adaptant au tube de l'objectif: l'extrémité du tube de l'objectif du côté de la frontale s'engage dans une ouverture percée au centre du miroir; cette ouverture est munie d'un tube glissant à frottement sur celui de l'objectif et permettant de faire coïncider le foyer du miroir avec l'objet à examiner ; généralement, cette coïncidence est obtenue une fois pour toutes par le constructeur. Après avoir mis en place ce miroir, on enlève le condensateur, on dispose la préparation (fui se trouve recouverte par le miroir comme par une cloche; on fait arriver sur le miroir un faisceau de rayons parallèles, et les rayons se réunissent au foyer de ce rétlecteur, c'est-à-dire sur l'objet à éclairer.

Un autre dispositif consiste à diriger sur le miroir concave du microscope la lumière rétléchie par l'héUostal : ce miroir est monté sur un support mobile permettant de concentrer les rayons lumineux sur l'objet; au lieu de ce support, on se servira avec avantage du dispositif de Zentmayer. Dans les microscopes ainsi construits, le miroir peut tourner autour de la platine et venir se placer latéralement et au-dessus de celle-ci. On adoptera avec avantage aux microscopes qui ne possèdent pas ce système de monture un petit rétlecteur parabolique se fixant sur le ne/, du microscope, entre le tube et l'objectif: ce petit appareil est connu en Angleterre sous le nom de pardbolic reflector* Le réflecteur parabolique est particulièrement commode lorsque Ton photographie avec des objectifs de \ pouces à \ de pouce : il permet nu éclairage légèrement oblique et peut servir, alors que par suite de la trop grande distance frontale de l'objectif l'emploi du miroir de Ueberkulm n'est pas possible.

Moitessier a Indiqué un moyen très pratique pour éclairer les corps opaques (Voyez fig. 666, page l 43)*

En se servant des objectifs à immersion; il n'es! pas possible d'employer les divers moyens que nous venons d'indiquer. Dans ce cas, on se servira du vertical illutninator de Keck, pourvu que l'objet soit bien adhérent à La lamelle cou vre-objet. Cet appareil se compose essentiellement d'une petite lamelle mince (couvre-objet) agissant comme miroir et mobile autour d'un axe perpendiculaire à l'axe optique «lu microscope. Cette petite lamelle

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