‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 100 sur 178 · RÉFECTION DES NÉGATIFS · texte numérisé non relu

RÉFECTION DES NÉGATIFS

de transparence ; en imprimant le négatif ainsi modifié on obtient une bonne photocopie.

1182. Retouche par imbibition. — Lorsqu'il s'agit d'obtenir des réserves au pinceau sur de larges portions de l'image négative, on peut, comme l'a proposé M. Vidal, faire usage de teintures que l'on introduit par imbibition. On recouvre de vernis au bitume toutes les parties du phototype qui ne doivent pas être modifiées ; lorsque le vernis est sec, on immerge la plaque tout entière dans une solution aqueuse de jaune d'aniline, rouge d'aniline, rouge magenta, chrysoïdine; on lave rapidement à l'eau après l'action du bain de teinture, et après séchage on peut recommencer le même traitement s'il y a lieu; lorsque la couche de gélatine est complètement sèche, on enlève avec de la benzine tout le vernis et l'on a un négatif dont la translucidité a été atténuée dans certaines parties.

Lorsqu'il s'agit, au contraire, d'éclaircir les portions trop opaques d'un négatif, il faut diminuer l'épaisseur de la couche de gélatine en usant uniformément cette couche. Aucun procédé n'a encore permis de remplacer le grattage à l'aide de pierre ponce très fine que l'on applique à la surface de la couche sensible au moyen d'estompés en papier et en peau. Le négatif, placé sur le pupitre à retoucher, est fortement éclairé. Il faut opérer avec soin pour ne pas tracer de raies dans la couche de gélatine. On doit frotter légèrement pendant que la pointe de l'estompe décrit une série de petits cercles sur la surface à retoucher; ce moyen, recommandé par Garlier*, était employé par Grashoff en 1868 pour retoucher les négatifs obtenus par le procédé du collodion humide.

1183. Réfection des négatiis. — Les négatifs d'une intensité trop faible ne donnent que difficilement de bonnes photocopies et l'on ne peut toujours les amener à un état convenable par le renforcement. Ce qu'il y a de mieux à faire en pareil cas consiste à fixer le négatif, le laver avec soin et le plonger dans une solution de bichlorure de mercure ; on le sèche : le négatif présente alors J'aspect d'un positif sur verre. On l'applique sur une surface d'un noir mat, du velours par exemple, et l'on copie ce positif à l'aide de la chambre noire, comme s'il s'agissait de faire un négatif d'une gravure quelconque ; on obtient de bons résultats par l'emploi de ce procédé.

La copie directe du négatif à refaire peut quelquefois donner d'excellents résultats. M. Schleifer^ dispose dans le châssis-presse le négatif et au contact de celui-ci une glace au gélatino-bromure peu sensible ; il recouvre d'un verre vert la glace du châssis-presse et expose le tout pendant environ cinq minutes à la flamme d'une bougie placée à 1 mètre du châssis. L'image est développée à l'aide d'un bain contenant 25 grammes de sulfite de soude, 1,000 c. c. d'eau, 5 grammes d'hydroquinone, 20 grammes de soude caustique, 2Rr5 de salicylate de soude. Les grandes lumières de l'image ne doivent apparaître qu'après cinquante ou soixantes secondes ; si elles se montraient plus tôt, c'est que le révélateur serait trop énergique et il faudrait

1. VAwuOeur pkatoffraphe, 1891, p. 152. ~ 2. BtiUetin de la 8(Hnité français de photographie, 1891, p. 864.

rétendre d'eau. Au bout d'une minute on place la glace dans une soluliou plus concentrée renfermant : eau, 1,000 c. c; sulfite de soude, 50 grammes; hydroquinone, 10 grammes; soude caustique, 40 grammes; acide salicylique, 5 grammes. Lorsque l'image est visible au revers de la glace, on lave la couche, on la plonge dans le bain d'alun, puis dans un bain d'hyposulfite à 8 o/o. L'épreuve positive ainsi obtenue sert à reproduire par des opérations toutes semblables un négatif; la durée du temps de pose doit seulement être prolongée à raison de l'iulensité de l'image positive. C'est ce dernier négatif qui sert à imprimer les épreuves sur papier au gélatinobromure. On doit avoir le soin de placer le verre vert au-dessus du châssis négatif et d'imprimer vigoureusement. Si l'on n'a pas de glace verte de la teinte voulue, on étend une solution de gélatine à 10 o/o sur une glace bien nettoyée ; lorsque la gélatine a fait prise, on fait durcir la couche dans un bain d'alun et on la plonge dans une solution de vert de méthyle à 10 o/o-

1184. Gk>loration Jaune des négatifs. — La coloration jaune des négatifs est souvent produite par l'emploi d'eau ayant séjourné dans des récipients métalliques et principalement dans des récipients en zinc. Pour enlever cette coloration, on se sert le plus souvent d'une solution aqueuse d'alun à laquelle on ajoute une petite quantité d'acide chlorhydrique (15 c. c. par litre de solution). Si la coloration jaune se manifeste par places sous forme de taches, on peut, comme l'a recommandé Cowani, blanchir le négatif au moyen d'une solution de perchlorure de fer, puis développer à l'aide de l'oxalate ferreux : l'image se révèle en noir et sans la moindre tache. Un procédé analogue réussit fort bien pour enlever les voiles vert ou rouge qu'on observe parfois sur les négatifs développés à l'aide d'acide pyrogaÛique. Après le développement, on lave la plaque pendant une minute dans l'eau distillée, puis on la plonge dans une dissolution de perchlorure de fer à 20 o/o. Il suffit d'une immersion prolongée pendant vingt ou au plus quarante secondes; on traite ensuite la plaqpie lavée par le bain pyrogallique qui fait noircir le négatif.

Le jaunissement des négatifs se produit quelquefois lorsque la durée du développement se prolonge outre mesure avec les bains d'hydroquinone. Le plus souvent le voile jaune n'a d'autre effet que de ralentir légèrement la venue de l'épreuve positive ; mais si l'on veut obtenir une photocopie sur gélatine bichromatée, divers inconvénients résultent de cette coloration que l'on peut faire disparaître, d'après M. Imbault^, par l'emploi du prussiate rouge de potasse dissous à la dose de 5 grammes pour 1 litre d'eau. On plonge le négatif dans une cuvette contenant cette dissolution, on retire la glace du bain lorsque la coloration a complètement disparu, on lave alors à grande eau, puis on plonge le négatif pendant cinq à six minutes dans un bain d'hyposulfite de soude à 10 o/o et l'on termine par des lavages soignés.

L'emploi du bain fixateur recommandé par Lainer* permet d'éviter presque toujours le voile jaune, grâce à l'emploi du sulfite de soude (442). Il prépare ce bain en ajoutant à 1 litre de solution concentrée d'alun une

1. The Britiêh Journal ofPhotography, 1889, no 1498.— 2. Bulletin de la Soeièti françaiee de photographie, 1890, p. 334. — 3. Phot Oorresponâenz, juillet 1889.

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