‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 101 sur 178 · RESTAURATION DES NÉGATIFS · texte numérisé non relu

RESTAURATION DES NÉGATIFS

quantité de sulfite de soude telle que le précipité d'abord formé, puis redissous, se reforme de nouveau ; il suffit pour cela de 200 à 800 c. c. de solution concentrée de sulfite : le mélange obtenu est ajouté à 1 litre de bain fixateur.

Robicheck < fait disparaître la coloration jaune par l'emploi de Teau de brome faible. Cette solution de brome est placée dans une cuvette de porcelaine; on immerge la plaque dans ce bain, et aussitôt que la couche commence à blanchir, on l'expose à l'action de la lumière solaire : la coloration disparaît rapidement; il suffit généralement de six à huit minutes; le négatif est alors lavé à l'alcool, puis abandonné à la dessiccation.

1185. Restauration des négatiis. — Il peut arriver qu'un négatif précieux soit brisé en plusieui*s fragments. Il est relativement facile d'utiliser un tel négatif* : on place les fragments de la glace, gélatine en dessous, sur une feuille de verre de dimension un peu plus grande que celle du négatif, on passe sur la tranche des morceaux brisés, après les avoir légèrement chauffés, un peu de baume de Canada chaud, et on les réunit en pressant fortement; on enlève l'excès de baume. On recouvre alors le négatif, du côté du verre, d'une glace de même dimension, préalablement enduite du vernis suivant : sandaraque, 3 grammes; mastic en larmes, 3 gr.; éther sulfurique, 50 grammes ; benzine, 25 grammes, on soulève le tout en le retournant, et après avoir enlevé la feuille de verre support et l'excès de baume qui aurait pu se produire sur la couche de gélatine, on borde le négatif de bandes de papier gommé. Si l'opération est bien faite, on ne voit pas trace des lignes de fracture.

1186. Emploi des plaques au gélatino-bromure ayant subi Taotion de la lumière. — Les plaques au gélatino-bromure qui par accident ont subi l'action de la lumière peuvent être utilisées pour l'obtention des négatifs. M. Rossignol ^ emploie la solution suivante : eau, 1 litre; teinture d'iode ordinaire, 20 c. c; eau saturée de brome, 50 c. c; on verse dans une cuvette de porcelaine une quantité de ce liquide suffisante pour couvrir la plaque qu'il s'agit de régénérer. L'opération s'effectue dans le cabinet noir, aussi est-il bon de recouvrir la cuvette contenant le bain, de manière à éviter la diffusion des vapeurs de brome; après deux ou trois minutes d'immersion, on retire la plaque, on la rince et on l'abandonne à la dessiccation.

Ce mélange de brome et d'iode peut ramener à l'état impressionnable une plaque développée et non soumise à Faction dissolvante de Thyposulfite. Si l'épreuve est mauvaise, on continue le développement au jour jusqu'à ce que toute la surface apparaisse uniformément noire. On lave soigneusement pour enlever le mélange révélateur, puis on immerge la plaque dans un bain contenant 20 c. c. d'acide chlorhydrique pour 1 litre d'eau. Cet acide chlorhydrique se combine aux dernières traces d'alcali; on lave la planche et on la plonge dans le mélange de brome et d'iode, mélange qui doit être assez fortement concentré, on l'abandonne dans ce bain jusqu'à ce que toute la surface ait blanchi, on lave la plaque et on la fait sécher dans

1. BtdUtin de la Sociiii française de photographie^ 1891, p. 151. — 2. WUsotCs Phot, JUagaaine, 1891. — 3. Bulletin de la Société française de photographie^ 1891, p. 188.

l'obscurité. La sensibilité nouvelle ainsi obtenue n'est pas aussi grande que celle des plaques n*ayant pas été soumises à Taction de la lumière.

On peut aussi employer dans le môme but une solution de bichromate de potasse 1, dont il faut éliminer complètement les dernières traces après l'opération. On plonge les plaques dans un bain contenant : eau distillée, 1,000 c. c; bichromate de potasse, 50 grammes; bromure de potassium, 10 grammes; on laisse les plaques dans ce bain pendant dix minutes, puis on les place pendant dix minutes dans une cuvette contenant de Feau distillée. Après une Immersion de dix minutes on les place dans un second bain d*eau distillée à laquelle on ajoute un peu d'ammoniaque (2 c. c. pour 1 litre d'eau distillée) pour neutraliser les acides et former du chromate jaune de potasse; on continue les lavages jusqu'à ce que l'eau ne soit plus colorée en jaune. Pour vérifier si tout le chromate a été éliminé, on essaie l'eau de lavage à l'aide du carbonate d'argent. On prépare du carbonate d'argent frais (par Faction du bicarbonate de soude dissous sur Fazotate d'argent dissous), et après avoir lavé ce carbonate, on le fait sécher et Fon y laisse tomber quelques centimètres cubes de Feau d'égouttage des plaques lavées : la moindre trace de sel de chrome formera de suite du chromate neutre d'argent d'une couleur brun pourpre foncée. Après lavage complet, on laisse sécher les plaques sur du papier buvard dans un endroit froid, sec, et obscur. On peut utiliser les couches ainsi traitées pour la préparation des plaques orthochromatiques avec bain.

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