‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 106 sur 178 · ÉMULSION SUR PAPIER · texte numérisé non relu

ÉMULSION SUR PAPIER

Lea a recommandé le traitement de l'eau de lavage par le zinc et Tacide sulfurique pur; le mélange est placé dans un flacon, et on couvre l'ouverture de ce flacon avec une feuille de papier mouillée légèrement par places d'une solution d'acétate de plomb. Si l'eau de lavage (qui doit être de l'eau distillée) ne contient pas d'hyposuifîte, le papier ne noircit pas^.

Le permanganate de potasse en solution est immédiatement réduit par rhyposulfite de soude; mais si l'on traite l'eau de lavage par ce réactif, la réaction n'est concluante que si les sels solubles du papier sont éliminés aussi bien que l'hyposulfite lui-môme. Abney et Robinson conseillent l'emploi d'une] solution contenant 10 grammes de permanganate de potasse, 100 grammes de carbonate de potasse et 1 litre d'eau. L'emploi du carbonate de potasse est le plus souvent inutile. On place une petite quantité de Feau à[examiner dans un tube h essai et l'on y ajoute une goutte de la solution de permanganate; s'il y a de l'hyposulfite, la coloration violet rose disparaît. Il est bon de faire en même temps cet essai avec de l'eau pure employée pour le lavage.

I 2. — PHOTOCOPIES SUR PAPIER A l'ÊMULSTON.

1194. Épreuves au gèlatlno- chlorure par noircissement direct. — Les images au gélatino-chlorure d'argent par noircissement direct s'obtiennent très rapidement si Ton emploie une émulsion préparée de la manière suivante : Â) dans 100 c. c. d'eau on fait dissoudre 20 grammes d'acide citrique et on ajoute une quantité d'ammoniaque suffisante pour ramener au bleu le papier de tournesol; B) dans 400 c. c. d'eau distillée on fuit dissoudre 25 grammes de nitrate d'argent; G) dans 400 c. c. d'eau on fait dissoudre 7 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque et on fait gonfler 25 grammes de gélatine; D) on fait une dissolution de 22 grammes de nitrate d'argent dans 100 c. c. d'eau distillée, on fait dissoudre à l'aide d'un bainmarie la gélatine de la dissolution C, et ce résultat étant obtenu on ajoute la solution D lentement en agitant continuellement, puis on verse dans le mélange la solution A et enfin la solution B. Si l'émulsion obtenue est trop granulaire, on la chauffe au bain-marie à la température de 80<> C. pendant environ cinq minutes; on la laisse alors faire prise par refroidissement, on la force à passer à travers une toile à canevas, exactement comme s'il s'agissait de laver une émulsion au gélatino-bromure ; on la lave dans une première eau pendant cinq minutes en agitant constamment les grumeaux d'émul-

1, Bulletin de l^ SoeUté françaUe de fhotographie, 1867, p. 26f

sien, on renouvelle plusieurs fois ce traitement et on recueille les parcelles d'émulsion qu'on fait égoutter avec soin; on fait alors dissoudre cette émulsion et on la filtre sur du coton : elle est alors prête à être étendue sur papier.

Le papier sur lequel on étend cette émulsion est du papier cotiché des lithographes. On place Témulsion dans une cuvette chauffée au bain marie, et on fait glisser la feuille de papier à sa surface; on peut aussi mouiller le papier, puis le placer sur une feuille de verre et le recouvrir d'émulsion, comme on le fait pour le collodio-chlorure d'argent.

L'émulsion au chloro>citrate est plus sensible aux rayons les moins réfrangibles du spectre que celle au chlorure seul. A une lumière faible, le papier préparé avec cette émulsion s'imprime plus rapidement que le papier albuminé. Cette sensibilité peut d'ailleurs être augmentée en faisant digérer l'émulsion à la chaleur, comme on le pratique pour l'émulsion au gélatino-bromure d'argent. Le papier émulsionné demande donc à être traité avec beaucoup de précautions : il noircit à une faible lumière, est facilement taché par des doigts malpropres ou humides. On peut cependant le conserver pendant plusieurs mois ; lorsqu'il prend une teinte rose ou brune, on peut encore en faire usage, parce que cette coloration disparaît par le virage et le fixage.

Le papier doit être coupé à la dimension de la glace qui porte le négatif, puis on le place dans le châssis-presse, en ayant soin de mettre au contact du verso du papier un matelas de feutre ou de papier buvard épais, de manière à l'empêcher de se déplacer, ce qui pourrait arriver s'il n'était fortement comprimé contre le négatif. Les meilleures épreuves s'obtiennent avec des négatifs légers, doux, bien détaillés et sans de trop grands contrastes. L'image doit être vigoureusement imprimée au sortir du^châssis-presse ; les grands blancs doivent être légèrement teintés et les ombres nettement bronzées.

Le virage peut se faire à la manière ordinaire, mais il est utile de traiter les épreuves à l'alun avant de virer. Au sortir du châssis-presse on lave les épreuves en les plaçant face en dessous sur de l'eau pure jusqu'à ce qu'elles commencent à s'enrouler, on les immerge alors complètement, et Teau est changée cinq ou six fois; on les retire de Teau, on les fait égoutter et on les plonge dans un bain contenant 10 grammes d'alun de chrome pour un litre d'eau; à cette solution on ajoute de l'ammoniaque goutte à goutte jusqu'à ce qu'il se produise un trouble persistant, on filtre, et le bain est prêt à servir. La durée de l'immersion dans ce bain est de cinq minutes,

ÊMULSION SUR PAPIER. 269

puis on lave avec soin pour éliminer Talun, enfin on procède au virage. Le hain d*alun durcit la couche et Tempêche de se soulever dans les bains de virage contenant du sulfocyanure de potassium.

On obtient des tons d*un beau noir par l'emploi d'un bain de virage contenant 1 litre d'eau, 1 gramme de chlorure d*or, 20 grammes de bicarbonate de soude et 1 gramme de nitrate d'urane. Gel bain ^oïi être employé immédiatement après sa préparation; il se décompose assez vite. Le fixage s'effectue dans une dissolution de 200 grammes d*hyposulfite de soude dans un litre d*eau; le bain est additionné de quelques gouttes d'ammoniaque.

On peut, avec ce papier, utiliser le bain de virage au platine, comme Ta recommandé Stieglitz. Si Ton imprime vigoureusement et que le virage soit poussé jusqu'au noir, si Ton fait sécher la couche de gélatine sur une surface mate, l'image ressemble absolument à celle que l'on obtient par l'emploi des sels de platine. Pour préparer ce bain de virage, on fait dissoudre 100 grammes d'oxalate neutre de potasse et 50 grammes de phosphate de potasse dans un litre d'eau distillée; d'autre part, on fait une dissolution de 1 gramme de chloroplatinite de potasse dans 20 c. c. d'eau distillée, on mélange six parties de la première dissolution avec une partie de la seconde.

On reconnaît que le bain de virage est trop concentré si l'épreuve vire plus rapidement sur les bords qu'au centre. Quelquefois, certaines portions de rimage refusent de virer : ce sont celles qui ont été touchées avec les doigts imprégnés d'hyposulfiie ou de matières grasses, ou bien qui ont été lavées face en dessus. Dans ce cas, il peut se former un précipité à la surface de l'image. Les tons rosés sont produits par un séjour trop prolongé dans un bain de virage trop faible; les tons bleu ardoise proviennent d'un excès de virage; les tons verts sont dus à l'usage d'un bain trop vieux. La perte des détails dans le virage et le fixage est causée par un manque d'exposition à la lumière sous le négatif. En général, les tons obtenus sont moins délicats par un virage et un fixage faits successivement que lorsque ces deux opérations sont exécutées à Taide d'un seul et même bain.

Un excellent bain de virage et fixage a été indiqué par Liesegangi; il contient : eau, 1000 c. c; alun, 50 grammes ; hyposulfite de soude, 125 grammes; azotate de plomb, 1b''5; sulfocyanure d'ammonium, 65 grammes; chlorure d'or, Off"*!. On prépare ce bain de la manière suivante : dans 200 c. c. d'eau on fait dissoudre l'hyposulfite de soude; dans 200 c. c. d'eau on fait dissoudre Talun, on porte les deux liqueurs à l'ébuUition et on les mélange; on laisse refroidir et l'on ajoute 50 c. c. d*eau contenant en dissolution l'azotate de plomb, on laisse déposer et l'on filtre ; d'autre part, dans 400 c. c. d'eau on fait dissoudre le sulfocyanure d'ammonium; lorsque ces deux dissolutions sont limpides, on les décante, on les mélange et on leur ajoute le liquide obtenu en dissolvant 0«'l de chlorure d'or dans 100 c. c. d'eau.

La formule suivante permet de préparer un bain qui agit très vite : eau, 1000 c. c; hyposulfite de soude, 210 grammes; sulfocyanure d'ammonium, 22 grammes; acétate de plomb, 8 grammes; nitrate de plomb, 8 grammes; acide citrique, 8 grammes; chlorure d'or, Og^S; lorsque le bain est clarifié par dépôt, on ajoute le chlorure d'or et l'on filtre. Si les bords de l'image

L jPhat. Archiv. 1S91.

virent plus vite que le centre, c'est qu'il faut ajouter au bain une plus grande quantité d'eau ^.

Bayart^ emploie une formule qui diffère peu de la précédente : e^u, 1000 c. c; hyposulfitede soude, 250 grammes; sulfocyanure d^ammonium, 27 grammes; alun en poudre, 7gr5; acide citrique, 7gr5; nitrate de plomb, 10 grammes; chlorure d'or, Ofîô.

Il est très important que le bain virant et fixant à la fois contienne une quantité suffisante d'hyposulfite de soude. En effets l'hyposulfite double de soude et d'argent n'est stable à l'état dissous qu'en présence d'un excès d'hyposulfite de soude ; dans le cas contraire, le sel double se décompose et le sulfure d'argent se dépose à la surface de l'épreuve. Par conséquent, sous le rapport de la conservation des épreuves, il est très utile d'opérer avec des solutions fraîches contenant une quantité suffisante d'hyposulfite de soude'.

Pour obtenir une épreuve à surface mate, on applique la couche portant l'image encore humide contre une glace dépolie. Pour empêcher la gélatine de se coller à la glace, il est nécessaire de recouvrir la face dépolie d'une solution de 1 partie de cire jaune dans 3 parties de térébenthine chaude ou 3 parties d'éther. La solution est étendue sur la glace, qui est ensuite polie avec un morceau d'étoffe de laine. Le côté portant l'image est mis en contact sous l'eau avec la surface cirée, on la retire lentement, puis on la recouvre d'une toile caoutchoutée et on la frotte fortement de façon à chasser les bulles d'air.

Si l'on désire que l'épreuve terminée présente une surface brillante, il faut, pour le montage^ faire usage d'une colle dont le dissolvant soit l'alcool ou la benzine.

1195. Épreuves au gélatino-bromure par développement. —

M. Stolze ^ a constaté que Ficonogène permettait l'obtention de riches tons noirs quand la durée du temps de pose et le développement étaient combinés de telle façon que la réduction puisse se faire à fond sans devoir être arrêtée trop tôt. En général, les formules de révélateur à Ficonogène adoptées pour le développement des négatifs peuvent être également employées pour révéler les images sur papier au gélatino-bromure lorsque les solutions sont convenablement diluées ; à la température de 20 à 25<> G. on obtient de bons résultats par remploi de la formule suivante : eau,

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1891, p. 264. — 2. BulUftin de V Association belge de photographie, 1891, p. 483. — S. C. Fabie, Annales du Conservatoire des Arts-et-Métiers, conférence du 10 janvier 1892. — 4. BvUetin de la Société fran* çaise de photographie^ 1892, p. 868.

Page 1