OBJECTIFS DE MICROSCOPE
M. W. H. Walmsley ^ se sert d'une petite chambre à main qu'il place sur un support très solide disposé en regard du microscope, Taxe de ce dernier étant horizontal; un soufflet de cuir unit le microscope à la chambre noire. Pour les négatifs obtenus avec faible amplification , on peut terminer la mise au point en examinant l'image qui vient se peindre sur la glace dépolie munie d'un couvre-objet très mince collé à l'aide de baume du Canada ; on examine l'image à la loupe et l'on agit en même temps sur la vis micrométrique. La source de lumière utilisée est une simple lampe à pétrole que l'on place tout près du condensateur sans employer de miroir. Les forts grossissements peuvent être obtenus à l'aide d'un « amplifier, » lentille négative achromatique placée à l'intérieur du tube : c'est à l'aide de cet amplificateur (878) que Woodward a obtenu en 1871 ses belles microphotographies.
M. le D' Capranica ^ se sert pour la microphotographie instantanée d'un oculaire analogue à Toculaire sléréoscopique de Abbe : Tun des oculaires sert de chercheur, l'autre est obturé par un prisme à réflexion totale servant d'obturateur et qui peut être ramené en arrière pour donner passage à la lumière au moment convenable. Pour réussir ces sortes de microphotographies il faut un pied de microscope absolument stable (tels que ceux de Powel et Lealand, le modèle de Ross avec « swing! ng-substage, » celui de Nachet, etc.), et un éclairage suffisamment intense.
1237. Objectifs. — Presque tous les bons opticiens fabriquent aujourd'hui des objectifs apochromatiques (876). Parmi les instruments de ce genre qu'il convient de signaler, nous citerons en première ligne la nouvelle série apochromatique et en particulier l'objectif 1/12 de Powel et Lealand à immersion homogène. L'ouverture numérique de cet objectif est égale à 1,40; sa distance frontale est suffisamment grande pour que l'instrument soit d'un usage pratique; la beauté des images qu'il fournit est absolument remarquable. Cet objectif et le 1/8 apochromatique homogène de Zeiss sont les deux meilleurs instruments qui existent actuellement pour la microphotographie. A côté de cet appareil, il convient de citer le nouvel apochromatique de Zeiss de un millimètre et demi de distance focale et d'ouverture numérique 1,30 à immersion homogène; cet objectif est précieux pour les travaux d'histologie et de bactériologie.
Spencer et Smith * ont construit avec les verres d'Iéna des apochromatiques d'un excellent usage pour la microphotographie. L'ouverture numérique des objectifs 1/5 et 1/8 dépasse 0,96; la netteté des images ne laisse rien à désirer.
Reichert, à Vienne, a établi sous le nom d'objectifs semi-apochromatiques des objectifs tout semblables aux apochromatiques, à la seule différence près que la fluorite n'entre pas dans leur composition. Zeiss a considérablement amélioré le système des anciens objectifs achromatiques par l'introduction des verres nouveaux et des modifications nombreuses dans les courbures des lentilles : ces objectifs sont en réalité des semi-apochromatiques, donnant de bons résultats lorsqu'on les emploie avec l'éclairage
1. Amer, mon, Hier. Joum, XI (1890), p. 257.-2. ZeiUoh.f. WUs, Mikr, (1889), p. 1. — 8. Amer, mont, Micr, Joum,, XIII (I89e), p. 93.
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homogène; mais ces résultats ne sont pas comparables à ceux que fournissent les apochromatiques inventés par cet illustre opticien.
Le Dr S. Czapski S dans son étude sur l'avenir du microscope, a £ait remarquer que la formule fondamentale qui établit la puissance réelle du microscope est
dans laquelle 5 représente le plus petit intervalle d'une structure régulière que Ton puisse résoudre à Taide d'un objectif optiquement parfait, X la longueur d'onde dans le vide de la lumière employée, et a l'ouverture du système. En général, on mesure un progrès dans le pouvoir d'un objectif de microscope par la petitesse des éléments d'une structure qui peuvent être distingués : on peut donc représenter ce pouvoir par 5 qui, étant le quotient de deux grandeurs, décroît quand a augmente ou bien quand X diminue.
Augmenter «, c'est augmenter l'ouverture de l'objectif, résultat poursuivi avec succès par les opticiens pour perfectionner le microscope.
Or, si l'on représente par n l'indice de réfraction de la substance en contact avec la frontale de l'objectif, par u l'angle que forme avec Taxe de la lentille le rayon extrême qui peut y pénétrer, on a :
a=zn sinu.
Comme il est nécessaire qu'il y ait un petit intervalle entre l'objet et l'objectif, ne serait-ce que pour placer le couvre-objet, sin u ne peut guère s'élever au-dessus de 0,95; donc, pour augmenter a il faudra forcément augmenter la valeur de n indice de réfraction du médium placé devant l'objectif; c'est là ce qui a conduit au principe de Yimmei^sion. Et par immersion il faut entendre que la préparation est examinée de telle sorte qu'il n'y ait entre l'objet et le liquide d'immersion aucune couche, quelque faible qu'elle soit, dont l'indice de réfraction soit inférieur à celui du liquide employé pour l'immersion *. On ne prête pas en général assez d'attention à cette remarque; c'est ainsi qu'il est inutile de se servir d'un objectif à immersion homogène d'ouverture numérique 1,40 pour examiner des préparations qui nagent dans la glycérine dont l'Indice de réfraction est 1,83. Dans ce cas, l'ouverture utilisée de l'objectif n'est plus a, elle se réduit àa = 1,33. L'indice de réfraction des couvre-objets employés pour couvrir les préparations varie de 1,52 à 1,53. Ces couvre-objets peuvent en pratique fournir de bons résultats avec des objectifs dont l'ouverture numérique ne dépasse pas 1,45.
Si l'ouverture de l'objectif dépasse ce nombre, il faut que le couvre-objet soit fait d'un verre plus réfringent. Schott et G« ont fabriqué des couvreobjets dont l'indice de réfraction va jusqu'à 2,00; mais ces lamelles sont très
1. Zeitê.f. Wiêêen, Mikrog, undf. Mikr. Ibehnik, YIII (18d2), p. 145, et Van Henrck, Ifâ mierosoope, p. 306.
2. JSnt.f. WiêêtncK Mikr., etc., VI, 1889, p. 417, et Peragallo, BvUe^n de la Sotnité éfhUtaire natnrélle de Tindouêe 1882,