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OBJECTIFS DE MICROSCOPE

coûteuses et facilement altérables; de plus, il faut que l'objet soit monté dans un médium d'un indice au moins égal à celui de la lamelle, ce qui est possible, mais difficile à réaliser, car les substances organiques sont attaquées par ces liquides de préparation; par suite, on est toujours obligé d'employer en pratique des substances dont les indices sont compris entre 1,35 et 1,G0. n paraît donc peu probable que l'on puisse parvenir à augmenter l'ouverture numérique au delà du chiffre atteint aujourd'hui.

Il taut .donc chercher à diminuer la valeur de X qui représente la longueur d'onde de la lumière employée pour l'observation. L'intensité de l'impression que produit la lumière blanche sur l'œil normal varie d'après une loi figurée par une courbe dont le maximum de hauteur se trouve à X = 0,55 {JL. Ce sont les rayons de cette longueur d'onde qui impressionnent le plus vivement l'œil, puis viennent les rayons les plus voisins de ceux-ci. Cette impression est tellement dominante que celle provenant des autres longueurs d'onde, plus grandes et plus petites, est ou bien détruite, ou au moins rendue inactive, excepté dans les cas où leurs propriétés équivalent à celles qui forment l'image X = 0,55 fi. En supprimant ces rayons X = 0,55 fi, en ne faisant parvenir à l'œil que les rayons plus courts, on peut arriver à rendre actifs ces rayons courts, bien entendu dans certaines limites. Par exemple, en employant la lumière bleue on augmentera (comme l'expérience le prouve) la puissance résolvante de l'objectif. On voit alors que des stries, des détails délicats qui restaient invisibles dans la lumière blanche, sont, avec le môme objectif, toutes les autres conditions égales d'ailleurs, parfaitement résolues; l'œil, en effet, est encore suffisamment sensible aux rayons ayant une longueur d*onde X = 0,44 [n pour obtenir sur la rétine une image très vive formée par ces rayons. 11 est à remarquer qu'une réduction de 0,55 à 0,44 donne le môme effet optique final que si l'on élevait l'ouverture d'un objectif de 1,40 à 1,75.

C'est là ce qui montre comment, en théorie, la photographie est un moyen d'augmenter Ib, puissance résolvante d'un objectif; mais si l'on passe à la pratique, on constate qu'avec les objectifs achromatiques ordinaires il n'en est pas ainsi, parce que ces objectifs ne sont pas construits pour donner des images tout aussi bonnes avec les rayons de faible longueur qu'avec la lumière blanche que l'on emploie d'habitude. On constate que l'image optique active est mauvaise; elle n'est pas assez corrigée pour l'aberration sphérique et trop corrigée pour l'aberration chromatique. Les images qui correspondent aux diverses longueurs actives du spectre ne coïncident pas, contrairement à ce qui a lieu dans les objectifs apochromatiques. Dans ces objectifs, les images données par les diverses longueurs d'onde du spectre, jusqu'au violet compris, coïncident en pratique d'une manière complète en lieu et en grandeur.

Môme avec ces objectifs on ne peut espérer le maximum de pouvoir résolvant que par l'emploi des radiations de faible longueur d'onde, toutes les autres radiations étant éliminées, car lorsque les rayons de grande longueur contribuent à la formation du négatif photographique tous les effets observés dans l'emploi de la lumière blanche peuvent se produire; les rayons les plus longs prédominent et masquent l'image plus faible donnée par les rayons plus courts.

La photographie par l'objectif peut présenter cependant des avantages sur

la vision directe dans deux cas principaux : 1» quand Tobjectif est corrigé de telle sorte que Timage formée par les rayons de faible longueur d'onde coïncident avec celle formée par les rayons qui agissent le plus sur l'œil. Cette correction, qui se faisait pour X = 0,44 ou X =0,5, peut s'obtenir pour des rayons plus courts. On pourra trouver et déterminer par la photographie elle-même l'indice de réfraction de verres qu'il faudra employer pour l'objectif à utiliser avec les rayons qui n'ont plus une action marquée sur la rétine.

Une des difficultés qu'il faudra surmonter en pratique provient de ce que les milieux interposés entre la source lumineuse et la plaque photographique (milieux qui constituent l'objectif) absorbent considérablement les radiations, telles que X r= 0,3. M. Czapski conclut que les rayons lumineux d'une longueur X = 0,35;i. constituent la dernière limite de diminution de X , pratiquement réalisable. L'emploi d'une telle lumière comparée à la lumière du jour présentera les mômes avantages que si l'on augmentait l'ouverture des objectifs de 1,40 à 2,20.

1238. Condensateurs. — La maison Zeiss a établi dans ces derniers temps un condensateur d'ouverture numérique 1,60. Cet appareil est spécialement destiné au nouvel objectif apochromatique 0. N. 1,60 : c'est le condensateur qui possède l'ouverture numérique la plus forte qui existe actuellement. Mais cette ouverture énorme n'est utilisable que dans quelques cas particuliers; le plus souvent on se servira, soit du condensateur achromatique de Zeiss (870), soit du nouveau condensateur apochromatique de Powel et Lealand.

Ce condensateur, très difficile à construire et fort coûteux, est, d'après le Dr H. Van Ileurck*, l'appareil le plus parfait qui existe actuellement. La partie optique, qui possède une ouverture numérique de 1,40, est formée de quatre lentilles superposées, et l'ensemble est apochroraatisé ; la partie mécanique permet tous les systèmes d'éclairage : elle est formée d'un tube entrant inférieurement dans le substage et portant supérieurement la partie optique. Dans ce tube glisse un autre tube portant un anneau à mouvement excentrique ; mais comme ce deuxième tube peut monter et descendre à volonté, on n'a pas besoin pour changer les diaphragmes de déranger la position du condensateur, et ce mouvement du tube intérieur permet de porter le diaphragme t\ une distance notable des lentilles ; on réalise ainsi le mouvement des diaphragmes à tubes sans condensateurs , ce qui permet de modifier l'éclairage de bien des manières.

1230. Sources d'éclairage. — Les diverses sources d'éclairage que Ton utilise le plus souvent sont : la lumière solaire, l'éclairage électrique, l'éclairage oxhydrique, l'éclairage au pétrole, et enfin la lumière des nuages blancs.

Baker 2 a construit un petit hélioslat à deux miroirs, très pratique pour les travaux de microphotographie; les deux miroirs peuvent être ajustés très facilement.

L'éclairage par arc voltaïque nécessite un appareil extrêmement bien

1. Le Mia^oscojfe, 1891, p. 88. — 2. Joum. of the iZ. Mier, Sûo,^ 1892, p. 424.

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