PHOTOGRAPHIE DES NÉBULEUSES
la série des raies de l'hydrogène au delà de h et H, série qui est caractéristique des étoiles blanches. Ces raies étaient brillantes avec des raies noires d'absorption du côté du violet. Le D' Vogel a photographié le spectre de la nouvelle étoile avec le spectroscope à fente de Postdam, et il trouve que les raies de l'hydrogène terrestre tombent entre les raies brillantes et leurs compagnes noires dans le spectre de Tétoile, ce qui indique un mouvement d'approche de la composante à raies brillantes. Le déplacement n'est pas également partagé entre les deux composantes, mais il est plus grand du côté des raies brillantes que des raies noires*.
. 1252. Étoiles doubles. — La duplicité de l'étoile ^ Cocher et de l'une des composantes de ^ Grande-Ourse a été révélée par les photographies de leurs spectres obtenues à l'Observatoire d'Harward Collège 2.
Les photographies de l'étoile quadruple e Lyre et les mesures des disques photographiques montrent qu'à l'aide du réfracteur et de Texcellent appareil de mesure de l'observatoire Lick on pourra photographier et mesurer, d'une manière très rapide, toutes les étoiles doubles dont les composantes, assez brillantes, ont à peu près le môme éclat et sont à 2' ou 3' l'une de l'autre. Les étoiles doubles très serrées et d'éclats très différents devront être observées directement'.
L. P. Fargis a fait connaître, sous le nom de pholochronographe, un instrument qui permet d'obtenir l'épreuve photographique d'un tracé de chronographe où les signaux sont remplacés par les images de l'étoile. Le P. Hagen a pensé que les négatifs fournis par l'instrument pourraient servir aussi à des mesures micrométriques d'étoiles doubles. C'est ce que confirment les essais qu'il a faits avec un négatif où Ggure l'étoile î^ Grande- Ourse et ses compagnons. L'épreuve obtenue le 9 mai 1891, dans l'espace de quatre minutes, montre quatre fois soixante images instantanées de Mizar et du compagnon très rapproché, avec des interruptions qui séparent les minutes. Parmi ces images, il s'en est trouvé soixante ou soixante et dix assez nettes pour se prêter à des mesures d'angles de positions et de distances. La comparaison des résultats obtenus avec ceux qui sont dus aux observations directes de Struve, Bond, etc., montrent que le photochronographe pourra être utilisé avec grand profit pour les mesures de ce genre ♦
§ 2. — PHOTOGRAPmE DES NÉBULEUSES.
1253. Photographie des nébuleuses. — M. Archenhold ^ a utilisé pour la photographie des nébuleuses un objectif photographique ordinaire, et a obtenu Timage d'une nébuleuse à peu près inconnue, signalée par Barnard, et située dans le voisinage de 5 Persée; l'étendue de cette nébuleuse est de 30.
L'avantage des objectifs doubles à court foyer, lorsqu'il s'agit de photo-
1. Bulletin attronomiqtte , 1892, p. 364. — 2. Ibid., 1891, p. 142. ^ 8. Ibitl, 1891, p. 564. — 4. Jbid., 1892, p. 89.
graphier des surfaces, est de donner une intensité lumineuse considérable. En effet, dans le cas d'une étoile dont l'image se réduit à un point, l'intensité ne dépend que de Touverture O de l'objectif ; mais dans le cas d'une
surface (comète ou nébuleuse), cette intensité dépend du rapport = de l'ouverture à la distance focale, et les objectifs à court foyer l'emportent alors
sur les objectifs des réfracteurs où le rapport p ne dépasse guère ttt. C'est
ce que prouvent les chiffres suivants relatifs à quelques instruments dont M. Archenhold a pu connaître les dimensions. On a supposé l'intensité
proportionnelle à O» pour une étoile et à •=■ pour une nébuleuse, en prenant pour unité celle que donnerait le réfracteur normal employé pour la Carte du Ciel.
OnTertnx*.
Réfractenr nonaal 0"840
Télescope 0,607
Télescope 0,260
Objectif Yoigtlaender ou
télescope Biiche 0,208
Objectif KraDz 0, 134
— Hermagis. 0,056
— Willard 0,160
— BaBch(l) 0,167
— Busch (2) 0,079
iBtenilU.
itoik.
NébnleoM.
ObBBmtaan,
Robert
Gotbard.
Pickering.
Wolf.
Wolf.
BAmard.
Archenhold.
Archenhold.
L'objectif à portraits Busch (2) avait déjà servi précédemment à photographier les nuages noctiluques sur lesquels M. O. Jesse a récemment attiré l'attention des astronomes.
En réduisant convenablement la durée d'exposition, on peut présenter Timage photographique d'une nébuleuse sous l'aspect d'une étoile de la neuvième ou dixième grandeur qui pourra se pointer aisément. M. Holden pense qu*une série de négatifs pris pendant le courant d*une même année, toujours avec la môme durée d'exposition, fournirait un moyen de déterminer la parallaxe des nébuleuses ».
M. Barnard* a obtenu des photographies de la Voie lactée à l'aide d'un objectif ordinaire ti portraits, monté équatorialement. Le môme auteur a fait observer que l'on peut obtenir des photographies d'étoile avec une lunette ordinaire. L'essentiel est de chercher le foyer des rayons chimiques; on y parvient aisément en comparant les traînées photographiques d'une étoile sur quelques négatifs.
M. H.-C. Russel, de l'Observatoire de Sydney, a obtenu une photographie de la région de y) Argus avec huit heures de pose. La comparaison de cette photographie et d'autres analogues, avec ce qu'on connaît de la région i]
1. Bulletin attronomique, 1892, p. 276. — 2. Société oitronomique du Pacifique, II, publication n« 10. — 3. JBuUetin astronomique, 1892, p. 68.