PROTUBÉRANCES SOLAIRES
d'Argus semble prouver qu'entre 1837 et 1871 une portion brillante et bien définie de la nébuleuse, près de y) Argus, a disparu.
Le Dr Gill a insisté sur la prédominance des rayons chimiques dans la Voie lactée. L'influence du fond éclairé sur les estimations photoraétriques n'explique pas l'écart dû vraisemblablement, comme Ta indiqué le professeur Pickering, à une proportion plus forte d'étoiles assurées du type de Sirius; de sorte que suivant les idées qui ont cours sur Tâge des étoiles quelques-unes des parties de la Voie lactée seraient relativement récentes *.
M. J. Scbeiner a photographié les nébuleuses planétaires h 2098 et h 2241. Les photographies de ces nébuleuses laissent facilement reconnaître un noyau central^ relativement brillant, tandis que l'observation directe ne le montre pas dans h 2241.
M. V.-H. Pickering a obtenu au sommet du mont Wilson, élevé de plus de 2,000 mètres, des photographies de la grande nébuleuse d'Orion. Elles montrent des filaments nébuleux, non encore remarqués entre les étoiles, ainsi qu'une grande nébuleuse spirale dont l'extrémité extérieure se trouve dans le voisinage de 7 Orion. Ce résultat tiendrait à montrer que les étoiles et la nébuleuse sont liées ensemble.
1254. Nébuleuse variable. — La variabilité du noyau de la grande nébuleuse d'Andromède a été mise en évidence par M. Tsaac Roberts *. Les photographies prises de 1885 à 1890 ont permis de constater ce fait. Les négatifs montrent un noyau stellaire (1890, nov. 1 et déc. 9), ce qui n'avait pas lieu à d'autres dates.
§ 3. — HÉUOPHOTOGRAPHIE.
1255. Photographie des taches solaires. — M. Janssen a obtenu plusieurs grandes photographies qui permettent l'étude des mouvements et des transformations successives des noyaux.
1256. Photographie des protubérances. — Les protubérances avaient été jusqu'ici étudiées par l'observation oculaire avec leur radiation rouge due à l'hydrogène; mais M. Deslandres' a reconnu que les radiations H et K du calcium dans ces protubérances sont au moins aussi intenses que celles de l'hydrogène; elles sont violettes et se prêtent aisément à un relevé j^hotographique supérieur au relevé fait jusqu'ici par l'observation oculaire. Les épreuves sont obtenues avec un spectroscope à fente étroite, ce qui permet d'avoir, outre les dimensions de la protubérance, la vitesse avec laquelle ses différents points se rapprochent ou s'éloignent de la terre.
On a fait au Collège Harvard diverses tentatives pour photographier les protubérances solaires à l'aide d'un spectroscope adapté à une lunette horizontale de 12 pouces d'ouverture, qui a un miroir mobile de 18 pouces.
1. Bulletin astrammique, 1892, p. 28. — 2. Ibià.t 1891, p. 804. — 8. Comptée renduiy 1892, 1, p. 1046.
3o8 TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOGRAPHIE.
Bien que llntervention du miroir, qui est déformé par la chaleur, gâte les images, on a pu constater qu'il était possible de reproduire les contours des protubérances. M. Halle a essayé divers procédés dont l'un consiste à laisser défiler la protubérance derrière la fente du spectroscope (placé dans la position radiale) pendant que la plaque sensible se meut derrière une fente prés du foyer. Un autre procédé consiste à faire mouvoir les deux fentes, étroite, tandis que l'image solaire et la plaque restent immobiles. On pent remplacer la plaque par un cylindre tournant. Le procédé avait été déjà indiqué par le P. Braun".
M. Deslandres' a fait à l'aide de la photographie de nouvelles recherches sur l'atmosphère solaire. Dans ses expériences, l'image du Soleil était projetée par le sidérostat et un miroir concave argenté de 8 pouces de diamètre sur un spectroscope photographique à réseau et à lentilles de quartz. La partie du spectre particulièrement étudiée s'étend entre les longueurs d'onde i 410 et X 350. Plusieurs protubérances observées pendant le second semestre de 1891 ont montré la série des raies ultra- violettes de l'hydrogène, reconnues pour la première fois par M. Huggins dans les étoiles blanches. On a photographié en même temps les spectres de taches et de facules. Les raies H et K du calcium apparaissent souvent brillantes et sont particulièrement favorables pour l'étude des déplacements et des vitesses radiales.
M. Deslandrcs • a photographié, le 4 mai 1892, de X 400 ii X 360, le spectre d'une protubérance extraordinairement intense qui offre le rayonnement le plus riche et le plus complet qui ait encore été observé dans cette région. On peut reconnaître cinq radiations nouvelles, qui suivent si régulièrement celles de l'hydrogène que l'on est conduit à les rapporter aussi à ce gaz. Les mesures exécutées à l'aide de cette photographie ont permis de vérifier pour les radiations de l'hydrogène la fonction de Balmer
dans laquelle N est le nombre de vibrations, A et B deux constantes, n un nombre entier variant de 3 à 16. La protubérance exceptionnelle photographiée par M. Deslandres offre un grand intérêt par les rapprochements qu'elle permet avec l'étoile nouvelle du Cocher (1251). En effet, le spectre de cette étoile, dans la région de l'épreuve, est identique par la composition à celui de la protubérance, ce qui vient à l'appui de l'hypothèse du Dr Huggins qui attribue l'éclat passager de l'étoile à des protubérances énormes développées par l'approche de deux corps voisins. Le spectre de l'étoile est formé de raies groupées par deux, une raie brillante étant accolée h une raie noire, les deux raies brillante et noire offrant des renversements, avec un déplacement continuel des raies renversées. Or, les raies brillantes du calcium à la base de la protubérance offrent aussi un renversement. D'autre part, lorsque les protubérances, au lieu d'être au bord, se
1. Bulletin attrfinomigw, 1891, p. 35. — 2, Omptei rendtUy 1892, I, p. 276. -> 3. Ihid^, 1892, p. 1406.