Comptes rêndygf 1892. — 2. Ibid,, janvier
PHOTOGRAPHIE DES PLAlîÊTES. 361
Elles sont si bien réussies que leur examen montre tout ce que MM. Denning et Stanley William avaient observé sur cette planète *.
Les photographies de la surface de Mars, prises sur le mont Wilson par W. H. Pickering, montrent dans les taches polaires des changements caractérisés qu*on peut suivre de jour en jour.
La réduction dos mesures des photographies de Jupiter, prises à l'Observatoire Lick en 1890, ont démontré un résultat important. Étant donnée la petitesse des erreurs probables, ces mesures sont comparables pour la précision avec les meilleures mesures micrométriques 2.
1260. Planètes nouvelles. — Deux négatifs photographiques obtenus par M. Max Wolf les 22 et 23 décembre 1891 ont permis de reconnaître la présence de deux planètes de douzième grandeur, dont Tune paraît nouvelle et recevra le numéro (333), tandis que l'autre est probablement Sapientia (275).
M. Gharlois*, de l'Observatoire de Nice, observatoire que Ton doit à la libéralité de M. Bischoflfheim, a découvert par la photographie trois nouvelles planètes. L'instrument employé consiste en un objectif à portraits d'Hermagis de 0™15 d'ouverture et de 0"»80 de distance focale, monté provisoirement sur l'équatorial coudé de M. Lœwy. M. Gautier en a fait la partie mécanique. Installé depuis le 12 septembre 1892, cet appareil a permis à M. Gharlois d'obtenir, jusqu'aux premiers jours d'octobre, huit négatifs distincts (seize en tout en les répétant), qui représentent chacun un carré du ciel de 11® de côté environ. Une durée de pose variant, suivant les circonstances, de deux heures et demie à trois heures, a fourni toutes les étoiles visibles dans une lunette de 0»n38 d'ouverture. Plusieurs de ces négatifs contiennent de huit à neuf mille étoiles chacun. En tenant compte des empiétements d'un carré sur les carrés voisins, les huits négatifs, placés les uns à la suite des autres le long de l'écliptique, reproduisent une bande du ciel de 80® de long sur 10« de haut. Un examen attentif de ces négatifs a permis d'y relever la présence de trois planètes nouvelles contre huit anciennes.
M. Perrotin^ pense qu'après s'être rapidement succédées, ces découvertes ne tarderont pas à diminuer, et le moment n'est peut-être pas éloigné où, avec les instruments actuels, il sera fort difficile et extrêmement rare de trouver une planète de douzième ou treizième grandeur; et ce fait se produira bien avant que le nombre des astéroïdes, maintenant connus, se trouve doublé. Pour pousser plus loin il sera nécessaire de recourir à des objectifs plus puissants que ceux dont on dispose aujourd'hui.
La photographie, dit M. Perrotin, porte en elle-même le remède à cette sorte de confusion qu'elle semble devoir jeter dans la recherche des astéroïdes. En raison, en effet, de la sûreté, delà rapidité et de l'étendue de ses investigations, de la facilité avec laquelle elle permet de retrouver une planète dont les éléments sont incertains, il ne sera plus nécessaire de calculer à l'avenir, avec la môme précision que par le passé, les positions de ces astres, ni de les observer d'une façon aussi régulière. Il suffira de retoucher les éléments de temps à autre, abstraction faite des perturbations, sauf dans
1. Bulletin aHranomique, 1892, p. 34. — 2. Ibid.f 1891, p. 414. — S. Compte rendu, 1892 (2), p. 650. — 4. Ibid., 1892 (2), p. 661.
le cas (le recherches spéciales. Tout au plus pourra-t-on, pour les planètes les mieux connues et les plus brillantes, avoir éfçard aux termes les plus importants des inégalités séculaires et périodiques de Jupiter, en construisant une fois pour toutes des tables générales qui serviront pour tous ces petits corps. La photographie fera le reste. En résumé, le résultat le plus net de l'introduction des procédés photographiques dans cette branche de l'astronomie sera de faire connaître, avant qu'il soit longtemps, le nombre probable des petites planètes et leur mode de distribution avec la distance, questions qui, sans cela, seraient restées sans réponse pendant de longues années encore.