CHAPITRE IV
GHRONOPHOTOGRAPHIE
1260..Prooédé8 de M. Marey. — M. Marey i a étudié par le chronophotographe (061) les mouvements du cœur. Il a obtenu, pendant une révolution cardiaque, une série dlmages successives, prises à des intervalles de temps très courts, sur lesquelles on peut suivre les phases du mouvement et les changements d'aspect des différentes parties du cœur. Le même procédé lui a permis de montrer aux yeux le mécanisme de la pulsation du cœur.
M. Demény ' a appliqué la chronophotographie à l'étude des muscles de la face : il a analysé les mouvements des lèvres chez un homme qui parle. Les épreuves obtenues sont assez nettes pour que la forme de la bouche soit parfaitement définie dans les différentes articulations des sons émis. Avec ces images analytiques, il a construit un zootrope qui lui a permis d'en faire la synthèse. Un observateur ordinaire a néanmoins de la peine à deviner les paroles prononcées au simple vu du mouvement des lèvres; mais si Ton présente ces épreuves à un sourd-muet qui, par une éducation spéciale, a appris à lire sur la bouche et s'est habitué à articuler des sons en imitant les mouvements qu'il voit exécuter par les individus normaux, le zootrope renouvelle, chez ce sourd-muet, des sensations déjà connues, et la lecture peut avoir lieu sur les photographies successives (988).
En employant un éclairage suffisant, M. le Df Marey est parvenu à photographier les globules de sang circulant dans un vaisseau capillaire. Ces résultats extrêmement remarquables ont été obtenus sur une pellicule sensible qui se déplace entre deux images successives et qui est immobilisée pendant le temps de pose.
L'analyse du vol des insectes a fait l'objet de nombreuses recherches par M. Marey. Grâce à l'emploi d'un éclairage puissant, il a obtenu les photographies des divers mouvements de l'aile de certains insectes : la durée du temps de pose est voisine de l/40000c de seconde.
1270. Emploi de la lumière artificielle. — M. A. Londe a employé l'éclair magnésique pour obtenir des photographies médicales qu'il était impossible de produire par tout autre procédé. La durée extrêmement courte (1/50® à l/80e de seconde) et la puissance lumineuse considérable provenant de la combustion du magnésium en présence d'un excès de matières oxydantes lui ont permis de photographier avec une très grande netteté les attitudes de malades atteints de certaines névroses.
1. Comptée rendue^ 18$)2, p. 486. — 2. Paris^Photographe, 1891, p. 806.