‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 158 sur 178 · A. Bergel, Photographie iet etndeur*, 1891, p. M · texte numérisé non relu

A. Bergel, Photographie iet etndeur*, 1891, p. M

GHROMOPHOTOGRAPHIE. 381

cuve contenant une dissolution de bichromate de potasse : les rayons bleus sont arrêtés ; on impressionne la partie correspondant du vert au rouge du spectre.

Enfin, le bleu et le violet s'impriment sans l'interposition d'aucune cuve. Le temps de pose peut être limité à quelques secondes pour cette partie du spectre.

Le développement peut se faire par tous les procédés utilisés avec les plaques au coUodion sec ; mais on ne doit pas oublier qu'un développement fortement alcalin attaque la couche d'albumine. Si la plaque est préparée avec cette substance, il vaut mieux employer le développateur acide. On conduira l'opération avec une extrême lenteur, en ne se servant que d'une faible quantité d'argent au début de l'opération. La glace est d'abord baignée avec la solution d'acide pyrogallique ou d'acide gallique, puis l'on ajoute la dissolution de nitrate d'argent acidifiée (252). Il est bon d'immerger la couche sensible en dessous^ en la maintenant à une certaine distance du fond de la cuvette à l'aide de petites cales en verre. On ajoute peu à peu la solution de nitrate d'argent jusqu'à ce que l'image ait l'intensité d'un négatif un peu faible.

Il vaut mieux obtenir cette intensité par un développement lent que par un renforçage rapidement conduit qui produirait des empâtements. En un mot, on doit conduire l'opération comme s'il s'agissait d'obtenir un négatif d'une fine gravure. Après le développement, on lave et on fixe dans un bain contenant 150 grammes d'hyposulfite de soude pour un litre d'eau ; la couche étant très mince, le fixage se fait très rapidement. On lave la plaque qui, à la suite de ces opérations, présente l'aspect d'un négatif ordinaire.

Les couleurs commencent à apparaître dès que la plaque commence à se sécher, car les couches d'argent se placent alors à la distance qu'elles avaient lorsqu'elles ont été produites par l'action des interférences de la lumière sur la plaque sensible qui était sèche lors de l'exposition. Pour voir les couleurs, il faut examiner par réflexions la glace éclairée par de la lumière diffuse ; on ne doit pas regarder la plaque éclairée directement par une source lumineuse.

Les couleurs complexes se reproduisent exactement comme celles du spectre solaire.

L'image obtenue sur verre peut être détachée de son support et transportée sur une feuille de papier glacé, d'après les procédés usuels.

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Les plaques orthocbromatiques étant sensibles à l'action de certaines couleurs sont d'un excellent emploi pour la cbromophotographie. On se servira de plaques préparées d'après les anciens procédés, car les glaces au gélatino-bromure que Ton trouve dans le commerce ne permettent pas de reproduire les couleurs.

M. Lippmann a obtenu des photographies du spectre solaire et de divers objets colorés : un vitrail à quatre couleurs, un groupe de drapeaux, un perroquet, des fleurs, etc. La durée de la pose a été de plusieurs minutes. On pouvait prévoir par la théorie la possibilité de la fixation des couleurs composées : c'est la complexité de la question qui avait pu seule donner lieu à une opinion contraire.

M. Lippmann* a obtenu les photographies du spectre sur albumine bichromatée. Une couche de cette substance est coulée et séchée sur une glace fixée à la petite cuve à mercure ; après exposition à la chambre noire, il suffit d'un simple lavage à Teau pure pour développer et fixer les couleurs qui sont extrêmement brillantes et visibles sous toutes les incidences : l'explication du phénomène est basée sur la théorie des interrérences, exactement comme si l'on se servait des sels d'argent.

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