‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 157 sur 178 · MÉTHODE DE M. LIPPMANN · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE M. LIPPMANN

1282. Principe de la méthode. — La méthode de chromophotographie indiquée par M. Lippmann^ est basée sur le principe des interrérences (21, 1036). Elle nécessite remploi d'une surface réfléchissante recouverte d'une couche sensible à la lumière^ mais transparente, continue et dépourvue de grain, de manière à ce que Ton puisse faire interférer l'onde directe et l'onde réfléchie. Il est à remarquer que les couches photographiques dépourvues de grain ou présentant un grain de dimensions négligeables vis-à-vis de la demi-longueur d'onde sont peu sensibles, et jusqu'à présent il esta peu près impossible d'appliquer ce procédé à la reproduction des objets animés.

1283. Procédé opératoire. — On utilisera les procédés sur albumine au bain d'argent (258) ou ceux donnant une couche à grain très fin (253 à 257). Si l'on veut employer les procédés du collodion humide appliqué sur couche argentée, il faudra que (883) le bain d'argent soit acidifié par un acide faible, tel que l'acide borique, et que le collodion ne renferme pas d'iode libre, condition assez difficile à réaliser en pratique ; il arrive donc le plus souvent que la couche d'argent faisant office de miroir est attaquée.

M. Lippmann utilise les procédés de collodion sec et emploie le dispositif suivant : la plaque sensibilisée G {flg. 175) forme la paroi antérieure d'une petite auge rectangulaire dont les parois latérales sont constituées par un cadre d'ébonite E et dont le fond est une

l. VoyoB Traité encyolopédi^ue de phatographU^ t. IV, p. 878-1.

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plaque de verre V ; les deux plaques G et V sont serrées contre le cadre par des pinces en laiton P. A l'aide d'un entonnoir terminé par un long tuhe de verre effilé, on verse du mercure dans i'auge, de manière à remplir celle-ci sans laisser de bulles d'air. Comme la couche sensibilisée de la glace est tournée vers l'intérieur, elle est directement en contact avec le mercure qui forme derrière la couche imperméable un miroir parfait. Ce petit appareil, qui réalise pratiquement toute les conditions imposées par la théorie, peut être

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modifié de bien des manières ; l'important est d'obtenir un contact optique entre la couche sensible et le mercure.

On peut donner à l'appareil une épaisseur assez faible pour que le tout puisse tenir dans un châssis k collodion humide. La couche sensible n'étant pas au contact de la feuillure du châssis, il faudra dans la mise au point tenir compte de cette différence, et après avoir mis au point sur la glace dépolie, on rapprochera de l'objectif le cadre portant le châssis négatif; on l'avancera vers l'objectif d'une quantité égale à l'épaisseur de la glace portant )a couche sensible.

Dans certains cas, si l'on désire obtenir une grande précision, on opère exactement comme en microphotographie et l'on fait la mise au point sur la surface de la glace placée dans le châssis négatif; à l'aide d'une loupe réglée sur la surface de la glace, on examine l'image de manière à donner au châssis la position correspondant au maximum de netteté; on prépare ensuite la plaque sensible, on installe la cou-

che en la tournant vers l'intérieur de la cuve, on fait le remplissage, et l'on peut commencer la pose.

S'il s'agit de reproduire les couleurs du spectre, on utilise comme source de lumière soit un liéliostat, soit une lampe électiîque L (fîg. 170). A l'aide d'une lentille, la lumière est concentrée sur uoe fente F. A la suite de cette fente se trouve une seconde lentille A, qui reprend les rayons et en forme un faisceau parallèle; P est le prisme à vision directe qui décompose la lumière blanche et produit le spectre; est l'objectif de la chambre photographique C; et enfin E représente la cuve à mercure supportant la plaque sensibilisée. Tel est le dispositif adopté pflr M. Lippmann '.

Fi«. 176.

Le temps de pose est généralement fort long et dépend de la nature des couleurs à photographier. Si l'on veut obtenir l'extrémité rouge du spectre qui comprend les radiations très peu actives au point de vue chimique, il faut prolonger la durée de l'exposition de la plaque et empêcher le bleu et le violet, radiations actives, de solariser la couche. Ainsi donc, il faut laisser poser le rouge pendant longtemps, ne permettre au vert qu'une durée d'impression un peu moindre, et, enfin, diminuer considérablement la durée de la pose pour les radiations bleues ou violettes.

M. Lippmann atteint ce résultat en faisant d'abord absorber les radiations vertes, bleues et violettes, et ne laissant passer que les rouges et les jaunes. Il obtient ce résultat en interposant sur le trajet des rayons lumineux une petite cuve de glace pleine d'une dissolution d'hélianthine rouge ; puis, quand le rouge et le jaune ont posé un temps à peu près suffisant, on remplace la cuve à hélianthine par une

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