Bder, Jarhuch fur phot, 1891, p
84 TRAITÉ ENGTGLOPÉDIQtJE DE PHOTOGRAPHIE.
Les anastigmats de Zeiss permettent d'obtenir une amplitude de champ assez grande tout en corrigeant l'aberration de sphéricité, l'astigmatisme, et conservant la surface focale à peu près plane. Ces objectifs étant formés de deux combinaisons, l'une de caractère normal, l'autre de caractère anormal, les choses se passent comme si la lentille de caractère normal était chargée de corriger l'aberration sphérique, et l'autre d'opérer l'aplanissement anastigmatique de la surface focale. On voit donc pourquoi les anastigmats de Zeiss, à netteté égale et avec même angle de champ, admettent une ouverture très notablement plus grande que les meilleurs objectifs symétriques ; ils donnent par suite d'aussi bonnes images dans des temps plus courts^.
L'expérience montre qu'en réalité il en est ainsi et que de plus la correction de l'aberration de sphéricité est mieux réalisée dans les anastigmats que dans les autres objectifs. Si l'on compare, par exemple, les anastigmats grands angulaires à d'autres objectifs donnant la même amplitude de champ (le pantoscope, par exemple), on constatera qu'avec le diaphragme f/lS l'anastigmat donne une image plus nette au centre et sur les bords que celle fournie par le pantoscope diaphragmé à /740. Avec le dernier diaphragme /771, l'image donnée par le pantoscope est moins nette vers les bords que celle de l'anastigmat diaphragmé à //60; ceci tient à ce que l'astigmatisme est moins bien corrigé pour le premier objectif. Bien que l'anastigmat ne soit pas symétrique, il donne une image exempte de distorsion, exempte de tache centrale et très brillante.
Le capitaine Kiss, à Berlin, a comparé un anastigmat 1 : 6,3 avec un aplanat construit par un opticien renommé, le premier objectif ayant une distance focale de 0"21, le second 0"20. Le diamètre du cercle de netteté, avec le diaphragme /79, correspondait à 62^5 pour l'anastigmat; il était seulement de 31° pour l'aplanat (ce qui correspond à un excellent objectif). Le professeur Rester à Florence, le D»" Chinsoli à Milan, notre collègue le professeur Wallon de Paris*, le D»" Eder à Vienne, le D' Vogel à Berlin et bien d'autres observateurs ont constaté la supériorité des anastigmats sur les objectifs d'ancienne construction.
Le D*' P. Rudolph, d'Iéna a récemment publié' un tableau mon-
1. Wallon, r Objectif p?tatflgraphiqne, — 2. Photo- Gazette, 1892, p. 48, et Bulletin de la Société française de photographie , juin 1892.— 3. Photographi^chcn Wochenblattf 1892, n« 18-21.
ANâSTIGMâTS.
trant d'une façon saisissante les relations qui existent entre la sur* face couverte par les anastigmats à toute ouverture et les objectifs de forme usuelle.
PLOS GIAND
B OSVIITDII