‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 42 sur 178 · POUVOIR OPTIQUE · texte numérisé non relu

POUVOIR OPTIQUE

rapport k Tunité, on peut admettre comme longueur minimum du tirage de l'appareil :

L = 2 (<p + fi).

Il ne faut pas attacher dans la photographie à distance une importance considérable au grossissement. Ici, comme en photomicrographie (876), comme en astronomie, la question est secondaire : mieux vaut avoir une petite image bien nette dont tous les détails sont nettement perceptibles à la loupe, qu'une grande image présentant des détails confus, non résolubles, ou même privée de détails. Il faut avant tout se préoccuper du pouvoir optique de l'objectif, de sa clarté et de retendue du champ embrassé; ce sont là en quelque sorte les constantes de la longue-vue photographique.

1078. Pouvoir opticpie, clarté, étendue du champ. ~ Le pouvoir optique, ou pouvoir séparateur, est la propriété en vertu de laquelle un objectif peut séparer à grande distance deux points lumineux voisins. Ce pouvoir optique est proportionnel au diamètre de l'objectif, et en pratique on peut admettre que

un objectif de OmOl dédouble ^jïnô ^^ ^^ distance.

Oraio — ît; X s=r

Par conséquent, à la distance de 5»000 mètres, l'objectif de On»01 verra

deux traits blancs tracés sur une mire noire qui seraient séparés par un

intervalle de ssw) = 0^20, tandis qu'un objectif de 0^10 séparera deux

1 5000 traits distants <ie îtî X ôSwi = 0™02. Ici', comme en microphotographie,

le pouvoir séparateur varie pour les rayons de différentes couleurs, de manière à amener la plus grande puissance de définition aux rayons les plus réfrangibles; ce sont précisément ceux qui agissent sur la plaque sensible.

On peut se servir d'un bon objectif simple, achromatique, dont on n'utilise que les rayons centraux. De tels objectifs existent dans le commerce , mais ils ne sont pas spécialement construits pour concentrer en un foyer unique les seuls rayons parallèles reçus par la surface entière de l'objectif. Il faudrait donner aux faces des lentilles une autre forme que la forme sphérique pour obtenir les meilleurs résultats.

L'oculaire-projecteur de très court foyer permet d'obtenir une amplification considérable, tout en réduisant la longueur du tirage de la chambre noire; mais il serait absolument illusoire d'augmenter cette amplification si elle ne permettait pas de percevoir plus facilement la séparation de cer-

Ô4 TRAITÉ ENCTCLOPÉDIQUE DE PHOTOGllAPHIË.

tains détails. Soit, par exemple, un objectif dont le diamètre D = OmiO, de distance focale ç = ln>50. Son pouvoir optique, proportionnel à son diamètre, lui permet de former des images distinctes de deux points distants entre eux

de 0»n04 et éloignés de l'objectif de 10,000 mètres (^ X ^^ = 0»04 \ . Les

deux images de ces points seront sur Tépreuve séparées par une distance égale à

quantité trop petite pour être perceptible ii Toeil nu. Pour utiliser pratiquement les qualités optiques de l'image, il faut quo l'oculaire-projecteur donne des deux points une image assez grande pour être distinctement visible à Tœil nu. Admettons que l'œil normal distingue 0«n0001. Pour ôlre rendue visible, Timage des deux points devra être amplifiée dans le rapport de

d'une manière générale v = — X 250 .

Si Ton admet pour tous les objectifs simples la même clarté (le rapport — =rpY V devient égal à 16,66, soit 17. Dans ces conditions, le grossissement par l'oculaire doit être au moins égal à 17 pour que la visibilité des détails sur Timage amplifiée soit en rapport avec le pouvoir optique de l'objectif. Au delà de cette amplification, l'image ne gagne rien; on grossit simplement ses défauts. En admettant ce chiffre de 17 pour les téléobjectifs à grande portée, la longueur de l'appareil devient

Le champ variant en raison inverse du grossissement, il y a souvent intérêt à ne pas augmenter ce grossissement. Si Ton suppose que Ton se serve d'un objectif de 1 mètre de distance focale principale, d'un oculaire projecteur équivalent à une lentille simple de 0™002 de distance focale, le tirage de l'appareil sera

L= f +i^^i = i mètre -h 19 X 0,02 = lin38.

Si l'on prend un oculaire* composé, positif, donnant un champ d'égal éclairement de lo23', le champ mesuré dans le plan focal de l'objectif correspond à un cercle de 0™024 de diamètre, lequel amplifié dix-sept fois aura 0n»41, ce qui est suffisant pour couvrir une glace de 0"a21 X 0m27.

Les appareils destinés aux observations de détails à très grande distance

TÉLÉOBJECTIF DE DALLMEYÊR. 95

doivent être composés d'un objectif d'un pouvoir optique fort (grande ouverture et long foyer) et d'un oculaire à court foyer. Le champ d'un tel appareil est très réduit, moindre qu'un degré. On peut, pour des instruments destinés h opérer à de moins grandes distances, se servir d'objectifs dont le pouvoir séparateur est moindre, la distance focale plus grande, et qui permettent d'obtenir un champ plus considérable. Enfin, si l'on veut opérer instantanément, on emploiera des objectifs de moins de 1 mètre de foyer, et l'on aura un champ de 2 à do.

1079. Appareils à lentilles convergentes. — Jarret a construit sous le nom de téléobjectif un appareil qui se visse sur une chambre ordinaire. L'objectif, de petit diamètre, a 0n»20de foyer; Toculaire est un oculaire astronomique ordinaire; le champ est relativement grand (fig. 29), Cet instrument est facile à manier, mais son pouvoir séparateur est insuffisant et se prêterait mal à des observations précises ; tel qu'il est construit , cet instrument est d'un excellent emploi pour le touriste qui veut photographier un sujet dont il ne peut s'approcher à une distance suffisante.

M. Âllotte de La Fûye a adopté la disposition suivante : une longue chambre noire en bois porte à la partie antérieure l'objectif, et à la partie postérieure, entre la glace dépolie et l'objectif, une planchette sur laquelle

Fig. 2».

se fixe l'oculaire-projecteur. Cette planchette est mobile, de manière à ce que Ton puisse l'approcher ou l'éloigner de la plaque sensible. La glace dépolie est mobile comme dans les systèmes usuels, de façon à permettre la mise au point. En somme, cet appareil constitue une chambre à trois corps (104), la planchette intérieure portant l'oculaire-projecteur, à court foyer, qui permet d'obtenir des grossissements variables.

M. le D' Stolze * s'est servi d'un aplanat de 0ra28 de foyer combiné avec un aplanat de O^Oi de distance focale faisant l'office d'oculaire-projecteur et grossissant l'image formée par le premier objectif.

1080. Objectif de M. Dallmeyer. — M. Dallmeyer^ a cherché à produire des images de fort grossissement et cependant d'éclat suffisant pour pouvoir être rapidement fixées par les substances sensibles. Il se sert d'un système convergent associé à une lentille divergente. En principe, l'objectif se compose d'un élément antérieur A, ayant un large diamètre et une courte distance focale, et un

1. Ph4ft. Wbehenblait, 1887, p. 7. — 1. Photo-gazette, 1892. p. 48.

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élément postérieur B, qui est une lentille divergente dont la distance focale n'est qu'une fraction de celle de A (fig. 30). Cet instrument diffère donc de beaucoup de l'orthoscopique de Petzval. En effet, dans l'orthoscopique, la combinaison négative est introduite uniquement pour corriger la distorsion et possède une distance focale plus que double de celle de l'objectif entier. La seule ressemblance que présentent les deux objectifs consiste en ce que, dans l'orthoscopique, le point nodal d'émergence est rejeté un peu en avant de la monture. Dans le nouvel objectif, ce point nodal est rejeté à une grande distance en avant de l'axe. Une lentille N équivalente à ce téléobjectif nécessiterait un tirage de chambre noire NF bien plus long que le tirage AP.

Suivant la position respective des deux lentiUes, le faisceau émergent correspondant à un faisceau incident de rayons parallèles pourra

Fig. 80.

être convergent , parallèle ou divergent. Dans ce dernier cas, l'instrument fonctionnera comme lunette de Galilée; mais pour la photographie, il faut que le faisceau émergent soit convergent.

On peut donc assimiler cet appareil à une longue-vue photographique à oculaire divergent; la distance focale de la lentille équivalente sera, d'après les notations que nous avons adoptées,

*~" 8 • La longueur de l'appareil sera de même :

Par suite, pour un grossissement donné, c'est-à-dire pour une valeur donnée de v, l'appareil a une longueur bien moindre que celle des lunettes à oculaire convergent; la différence est de quatre fois la longueur fi.

Le grossissement est variable et peut être obtenu aussi grand que

TÉLÉOBJECTIF DE DALLMEYER. 97

Ton veut en écartant progressivement la glace de l'objectif et en réglant convenablement la distance des deux lentilles : grâce à ce réglage, la position de la glace dépolie pourra être quelconque. On pourra amener l'image d'un objet à se faire sur la glace. Si celle-ci est en PL et les deux lentilles en A et B ifig. 31) disposées de manière à être au point sur un objet éloigné, nous pourrons amener la glace dépolie en P' L' : il suffira pour avoir une image nette du même objet de déplacer la lentille convergente de A en A'.

L'écart des deux lentilles étant fixé et la mise au point étant faite sur un objet éloigné, on ne pourra trouver aucune position de la glace où elle reçoive des images nettes d'objets trop rapprochés; les rayons venant d'un point trop voisin sortiraient divergents de l'objectif. La lentille A tend, en effet, à donner d'un objet une image qui se ferait au delà de son foyer ; la lentille B empêche cette image de se former et lui en substitue une autre, plus grande et de même sens, qui n'est réelle que si la première est comprise entre B et son foyer.

Fig. SI.

Or, si l'objet se rapproche, la première image s*éloigne du foyer de A, et quand elle dépasse le foyer de B, l'image définitive devient virtuelle.

Inversement, si l'instrument est réglé pour la mise au point sur des objets rapprochés, on ne pourra obtenir d'images d'objets éloignés qu'en modifiant l'écartement des deux lentilles. Le foyer de la lentille A étant plus grand que celui de B, cet écartement devra être plus grand pour la mise au point sur des objets voisins de l'objectif que pour des objets éloignés.

La profondeur de foyer de cet objectif varie entre un minimum qui dépend des distances focales élémentaires (et qui est atteint quand la glace dépolie est le plus près possible de la lentille divergente) et un maximum qui n'est limité que par le tirage de l'appareil.

Pour calculer la rapidité de l'objectif, on doit considérer la lentille antérieure comme reportée au point nodal d'émergence. Si, par exemple, l'objectif donne d'un objet une image dont les dimensions

soient celles que Ton obtiendrait avec un objectif ordinaire de 0"60 de foyer, et si la lentille A a O^OS d'ouverture, l'ouverture relative de rinstrument est //20.

Le nouvel instrument construit par M. Dallmeyer réduit au mini* mum le volume, le poids et la perte de lumière. Cet opticien livre depuis peu de temps des objectifs téléphotographfgues utilisant des combinaisons bien connues. Les personnes qui possèdent soit l'objectif stéréograpbique, soit le IB ou le 2B à portraits, peuvent acquérir séparément la lentille négative avec sa monture en laiton ou en aluminium ; on peut établir trois objectifs :

L'objectif téléphotographique n» 1 se compose de l'objectif stéréographique breveté (distance focale principale 0,127, diamètre de la lentille 0,038) et d'une combinaison négative négative de 0^015 de diamètre.

Le n» 2 est formé par l'objectif breveté pour portraits IB (diamètre des lentilles 0*"051, distance focale principale 0™15) et d'une combinaison négative de 0'"022 de diamètre.

No 2.

ANGLE EMBRASSii:

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