ACCESSOIRES DES OBJECTIFS
Le D' Macb, de Prague, a appliqué les images données par les miroirs de verre argenté à la photographie des projectiles et à certaines recherches scientifiques toutes spéciales, recherches pour lesquelles l'emploi des objectifs photographiques ordinaires présentait des inconvénients*.
§ 5. — Accessoires des objectifs.
1082. Miroirs et prismes redresseurs. — L'image donnée par l'objectif est symétrique de celle du sujet à reproduire par rapport à un point situé sur l'axe de l'objectif; elle est renversée et de sens inverse. C'est là un inconvénient auquel on a cherché à remédier dès les débuts du daguerréotype. On a d'abord employé les prismes redresseurs. Gauche^ a utilisé dans ce but un prisme à réflexion totale; Chevalier^ s'est servi d'un prisme dont l'hypothénuse était étamée au mercure ou bien argentée. On plaçait ce prisme à l'avant de l'objectif; la section du prisme était un triangle rectangle isocèle, l'hypothénuse était inclinée à 45° sur l'axe de l'objectif. Il n'est pas nécessaire, avec un prisme à réflexion totale, que l'hypothénuse soit argentée. L'inconvénient de ces prismes réside en ce que leurs dimensions sont souvent considérables; il est difficile d'obtenir des faces rigoureusement planes, et presque toujours ces prismes modifient la distance focale principale de l'objectif par leur interposition sur le trajet des rayons lumineux. En diminuant le diamètre de la lentille antérieure de l'objectif on peut réduire les dimensions du prisme dont la construction est délicate et fort coûteuse; aussi a-t-on essayé de remplacer le prisme par un miroir plan de verre argenté placé soit à l'avant, soit à l'arrière de l'objectif. Mais l'entretien d'un tel miroir, son réglage par rapport à Taxe de l'objectif demandent du soin. Derogy (I, p. 123) place le prisme à l'intérieur de la monture (1 79) ; l'axe de la lentille antérieure fait un angle de OO^' avec l'axe de la lentille postérieure, et chacun de ces axes est incliné de 45<> sur le plan réfléchissant. La monture de ces objectifs doit être faite avec le plus grand soin pour obtenir un bon centrage des lentilles.
Quel que soit le système adopté, la durée du temps d'exposition de la plaque sensible sera toujours augmentée quand on se servira de
1. Sder, Aut/urliûhes Bàndbuohty 1981, p. 17S. — 2. Comptes rendue^ 11 noYembre 1839. S. Comptée rendw, 26 juillet 1841.
ces accessoires nécessaires pour obtenir des négatifs retournés. Avec certains prismes, cette durée d'exposition doit être d'environ 30 % plus longue que lorsque l'on ne se sert pas de cet instrument.
1083. Compensateur. — L'image photographique négative obtenue avec un objectif embrassant un grand angle est plus intense au centre que sur les bords (87). Nous avons indiqué les causes de cette différence d'intensité. Avec certains instruments, tels que les nouveaux périgraphes, les pantoscopes, qui embrassent un angle supérieur à 90*, cette différence est extrêmement sensible, comme cela résulte du tableau (185— C).
Il y a donc nécessité, pour obtenir une image uniformément éclairée, de diminuer la lumière au centre, tout en la conservant sur les bords. Le D' Miethe est parvenu à ce résultat en se servant d'un compensateur, constitué par une lentille plan convexe en verre fumé, collée à une lentille plan concave de verre incolore, possédant le même indice de réfraction et le même pouvoir dispersif. L'ensemble constitue une lame de verre à faces parallèles que l'on place à distance convenable de l'objectif et qui permet de diminuer dans une assez large mesure la lumière qui arrive au centre de la plaque sans modifier beaucoup celle qui atteint les bords. Ce compensateur, construit par la maison Hartnack, de Postdam, permet d'obtenir des images uniformément éclairées; mais, par son emploi, la durée du temps de pose doit être deux ou trois fois plus longue que si l'objectif était utilisé à la manière ordinaire. Ce petit appareil remplace avantageusement le diaphragme-étoile (87).
1084. Montures, diaphragme iris. — Les constructeurs s'efforcent de réduire le plus possible le volume et le poids des montures contenant les lentilles photographiques. Dans ce but, ils tendent à remplacer le laiton par l'aluminium, métal dont la densité est très faible et la résistance considérable. Le prix de ce métal ayant fortement baissé dans ces dernières années, l'emploi de l'aluminium se généralise de plus en plus.
Le diaphragme à vannes (85) est remplacé par presque tous les constructeurs par le diaphragme iris (86). Ce type de diaphragme entraine une légère augmentation du poids et du volume de la monture de l'objectif; mais ces inconvénients sont largement compensés par la facilité que présente le changement de diaphragme.