‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 48 sur 178 · ÉCRANS COLORÉS · texte numérisé non relu

ÉCRANS COLORÉS

ayant la forme d'une portion de couronne. Ces lames tournent autour de Tune de leurs extrémités sur un pivot fixé sur Tembase et portent à l'autre bout un petit tenon saillant qui s'engage dans des fentes rayonnées, pratiquées sur une couronne pleine en cuivre recouvrant l'ensemble des lamelles. Cette couronne, appelée le moteur, est solidaire par une cheville d'une contre-bague qui coiffe tout le système et porte une embase recouvrant exactement l'embase inférieure. Deux vis» l'une fixe dans l'embase inférieure, l'autre facilement serrée ou desserrée, grâce à une tête moletée, assemblent les deux embases ; la contre-bague supérieure est munie suivant un diamètre de deux boutons de manœuvre, et porte deux encoches circulaires au droit des vis, de manière à ce qu'on puisse lui imprimer un mouvement de rotation d'une amplitude d'environ 60®. En agissant sur les boutons de la contre-bague on force les extrémités des lamelles à se rapprocher du centre, et par leur entrecroisement elles forment une ouverture qui va en se rétrécissant au fur et à mesure que le mouvement s'accentue.

La manœuvre de l'appareil est des plus simples : il suffit de présenter le pas de vis de l'objectif, débarrassé de sa rondelle, dans l'ouverture, et de la rétrécir en agissant sur les boutons jusqu'à ce qu'elle saisisse fortement l'objectif; on serre à fond la vis moletée. On a eu soin dans cette opération de serrer fortement l'embase sur l'iris; de cette façon, on évite toute introduction de lumière.

1087. Écrans colorés pour plaques orthochromatiques ; objectifs colorés. — L'usage des écrans colorés remonte aux premières années de l'emploi du collodion humide. Les glaces à faces parallèles, de couleurs diverses (verre fumé, vert, jaune d'ambre pâle, etc.) placées dans la monture de l'objectif permettaient, comme l'avait fait observer Gulliver ^ de reproduire les différentes couleurs d'un tableau par le procédé du collodion humide. Berthiot* a fabriqué longtemps après des glaces à faces parallèles (bleues, jaunes, etc.) qui étaient d'un bon emploi dans l'application du procédé de Ducos du Hauron. Â l'aide de ces glaces on peut modifier avantageusement la nature du phototype à obtenir (472).

Au lieu de se servir d'un écran coloré on a proposé de recouvrir de

1. Joum, of the Phat, Soc, London^ 9 ayril 1859 ; Bulletin de la Société française de photographie^ 1859, p. 174. — 2. BvUetln de la Société française de photographie, 1875, p. 119.

vernis spécial la lentille antérieure de l'objectif; ce procédé est peu pratique. Attout-Tailfer a récemment fait construire des objectifs en verres jaunes, objectifs qui sont d'un bon emploi avec les plaques or thoch ro matiques .

L'utilisation de verres colorés pour la construction des objectifs a été proposé par Gaudin'. Il recommandait pour cet usage l'emploi du verre bleu, et afin de compenser la différence d'épaisseur du centre et des bords de la lentille, il proposait de n'employer que la partie centrale de celle-ci. Claudet*, sur les conseils de sir David Brewster, avait construit des lentilles en cristal de roche et en topaze. L'on était obligé de déterminer à l'aide du focimètre {fig. 32)1^ position du foyer chimique. Pour obtenir le plus de lumière possible, ces lentilles furent taillées aussi minces que le permettaient leurs courbes; dans les lentilles de topaze les rayons de courbure furent dans le rapport de 6 à 7, afin de réduire au minimujn l'aberration de sphéricité. Le

Fig. 82.

temps nécessaire pour obtenir un portrait avec ces sortes d'objectifs était cinq à six fois plus long que lorsque l'on opérait avec les objectifs ordinaires. Ces instruments ne présentaient pas à cette époque l'intérêt qui s'attache aujourd'hui à leur emploi; aussi leur construction fut abandonnée. Les lentilles de topaze nécessitent d'ailleurs une assez longue durée du temps d'exposition à la chambre noire.

8 6. — Détermination des constantes d'un objectif.

1088. Constantes instrumentales. — Les constantes d'un objectif sont :

1» La distance focale principale ;

1. La Lumière, 1867, et Bulletin belge de la photographie, 1867, p. 129. — 2. BuUetih belge de la photographie, 1868, p. 81.

CONSTANTES INSTHUMENTALES. 109

3° La position des points nodaux;

3° L'angle du champ ;

4" Le coefficient d'ouverture utile;

5" Le coefficient de transparence ;

6» La profondeur de foyer et la forme du volume focal ;

70 La profondeur du champ.

La détermination de ces constantes peut être faite d'une manière suffisamment précise à l'aide d'un matériel extrêmement simple. Il sufât que la base de la chambre noire soit munie d'une règle graduée en millimètres portant un vernier permettant d'apprécier Je Vio'-

Un autre appareil très utile pour ces déterminations a été construit par M. Garpentier». Il consiste ifig. 33) en un plateau circulaire formé de deux disques superposés pouvant tourner l'un sur l'autre autour de leur axe commun.

Le disque supérieur est garni sur son pourtour d'un cercle divisé et porte une denture avec laquelle engrène un pignon dont l'axe est

Fig. 33.

monté sur l'autre partie; celle-ci porte, en outre, un vernier de façon à permettre d'apprécier avec précision les déplacements relatifs des deux pièces.

La pièce inférieure porte au centre un écrou semblable à ceux des chambres noires, de façon à pouvoir se monter sur les pieds eu usage pour ces dernières.

La pièce supérieure porte de son côté, en son centre, une tige saillante, âletée, ayant les dimensions des vis de pied de chambre noire, de façon à pouvoir se visser dans l'écran de celle-ci.

Grâce à cette disposition, on peut toujours interposer le double plateau entre une chambre noire quelconque et son pied, et, cette

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