ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL
boite de distribution à cinq branches : quatre de celles-ci sont munies d'un petit tuyau en cuivre de 0«n50 de longueur, ayant l'extrémité recourbée de façon à pouvoir recevoir une charge de poudre de magnésium; à la cinquième branche s'adapte le tube en caoutchouc d'une forte poire pneumatique. L'extrémité de chaque brûleur est entourée d'un bourrelet d'étoupee qu'on imbibe d'alcool et que l'on enflamme avant d'opérer. Lorsqu'on chasse l'air dans le tuyau de la soufflerie, les quatre charges de magnésium sont projetées à la fois dans les quatre flammes d'alcool si les tuyaux ont la même longueur. La lumière très intense qui est produite par ce moyen se diffuse par son passage à travers l'écran blanc et les ombres portées ne sont pas trop intenses.
M. Boyer < a obtenu des photographies reproduisant les principales scènes de pièces de théâtre en se servant de huit à douze fortes lampes brûlant de la poudre de magnésium. Dans les reproductions de cette nature l'on a à photographier de grandes surfaces, ce qui nécessite l'emploi de plusieurs foyers lumineux afin d'obtenir le moins possible d'ombres portées tout en conservant le relief. On place les lampes à'droite et à gauche de l'appareil, un peu en arrière, à l^ôO du sol, en ayant soin d'en mettre un plus grand nombre d'un côté que de l'autre; le magnésium est envoyé dans la flamme des lampes à l'aide d'un soufflet donnant un débit continu d'air. La lumière ainsi produite peut durer pendant plusieurs secondes et l'on peut ne commencer la pose que lorsque les personnages sont habitués à cet éclairage intense; mais ils doivent conserver l'immobilité complète pendant la pose.
L'éclair magnésique peut être très utile pour la reproduction d'intérieurs dans lesquels se trouvent des ouvertures fortement éclairées par la lumière extérieure. Avec des poses longues et par l'emploi des plaques ordinaires il est impossible d'éviter le phénomène du halo. Dès 1888, M. P. Nadar obtenait de bonnes reproductions d'intérieurs en donnant une exposition préalable permettant de reproduire l'image des ouvertures sans que le halo se manifeste, puis terminant la pose avec la lumière provenant de la combustion d'un ou plusieurs fils de magnésium. L'éclair magnésique produit soit par une lampe, soit par la poudre-éclair est d'un emploi encore plus pratique que la combustion de rubans de magnésium.
1146. Éclairage artificiel à l'aluininium. — M. Vilon a essayé de substituer au magnésium, l'aluminium, métal qui coûte trois fois moins cher que le premier; mais l'aluminium en fil ou ruban ne brûle bien que dans la flamme du chalumeau oxhydrique. On peut produire une poudreéclair presque aussi active que celle obtenue par l'emploi du magnésium à l'aide de l'une des formules; suivantes :
I. Chlorate de potasse, 20 grammes; aluminium, 8 grammes; sucre, 2 grammes.
II. Chlorate de potasse, 25 grammes; nitrate de potasse, 5 grammes; sulfure d*antimoine, 4 grammes; aluminium, 10 grammes.
III. Chlorate de potasse, 25 grammes; cyanure jaune, 3 grammes; sucre, 2 grammes; aluminium, lOJgrammes. Toutes ces substances doivent être très finement pulvérisées avant d'être mélangées. La poudre résultant de ce
1. BuUetin de la Société française de photographie, 1892, p. 160.
mélange doit être manipulée avec tout autant de précautions que s'il s'agissait de la poudre h éclair magnésique.
Si l'on veut brûler la poudre d'aluminium dans une lampe à l'alcool, il faut disposer la lampe de telle sorte qu'elle puisse recevoir un jet d'oiygêne A son centre. On projette alors dans la flamme ainsi disposée et par un ajutage spécial une certaine quantité d'aluminium; mais il faut que la flamme de l'alcool soit fortement oxydunte.
M. Vilon conseille de mélanger à la poudre d'aluminium du lycopode et une petite quantité de nitrate d'ammoniaque dans les proportions &uivanlea : aluminium, 100; lycopode, 2."); nitrate d'ammoniaque, 5. L'emploi de ce mélange n'est pas sans danger avec toutes tes lampes; il en est de même des mélanges suivants destinés à obterir des flammes colorées.
ng. 107.
Flamme rouge. ~l. Aluminium, 100; chlorate de strontiane, 10; lycopode, 25; nitrate d'ammoniaque, 5.
II. Aluminium, 100; oxalate de strontiane, 12; lycopode, 25; nitrate d'ammoniaque, 5.
Flamme verte. — Aluminium, 100; lycopode, 20; nitrate d'ammoniaque, 5; oxalate de baryum, 10; chlorate de baryum, 2.
Flamme jaune. — Aluminium, 100; lycopode, 20; nitrate d'ammoniaque, 5; oxalate de soude, 12.
Dans la préparation de toutes ces poudres-éclairs il est indispensable de pulvériser très finement les diverses substances avanl de les mélanger. Le mélange doit être fait sur une grande feuille de papier, à l'aide d'un couteau en corne, en évitant l'emploi de corps métalliques'.
En principe, on ne doit brûler que des poudres métalliques pures dans les lampes h. alcool, & moins que ces lampes ne possèdent des réservoirs ouverts à l'air libre; on s'exposerait à de très graves explosions si l'on pla-