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CHAPITRE IV

PROCÉDÉS PELLIGULAIRES.

1179. Négatifs sur support flexible. — L'industrie des plaques photographiques livre aujourd'hui d*excellentes couches sensibles étendues sur support transparent et flexible. La Compagnie Eastmann, la Société Cristallos, la maison Lumière, livrent Témulsion au gélatino-bromure étendue sur une matière transparente plus ou moins semblable au celluloïd ; Tétendage du gélatino-bromure se fait à la machine, et l'on peut obtenir des rouleaux de pellicules ayant plusieurs mètres de longueur. Eastmann emploie comme support le produit de l'évaporation d'une solution alcoolique de coton-poudre et de camphre ; à cette solution, on ajoute un peu d'alcool amylique et d'acétate d'amyle; elle est versée sur une plaque de verre enduite de cire. Lorsque la couche est sèche, on la recouvre d'une légère solution de silicate de potasse, puis Témulsion sensible est étendue et séchée. M. Eckstein a trouvé une substance propre à remplacer le celluloïd. Il appelle hyaline cette matière, qui se fabrique au moyen du coton-poudre mélangé d'une égale quantité de colophane, de laque, de copal, de térébenthine, ou d*un mélange de ces diverses substances. Il peut dénitrer cette matière et la rendre ainsi peu combustible. Il obtient un produit très tenace, peu transparent, sans odeur, très élastique et bien moins dangereux à manier que le celluloïd.

MM. Lumière ont perfectionné la fabrication des plaques souples et supprimé l'emploi d'huile de ricin dans le collodion , cette huile amenant très souvent l'altération de la couche sensible. M. Planchon, de Boulogne-sur- Mer, prépare des pellicules qu'il appelle auto-tendues et qui sont fixées à un cadre métallique très léger. Ces pellicules se placent dans les châssis exactement comme s'il s'agissait d'une glace; on les traite absolument comme le verre pendant toute la série des manipulations; on les détache de leur bordure métallique lorsque toutes les opérations sont terminées.

La plupart de ces surfaces sensibles peuvent être employées dans des châssis à rouleaux ; toutes peuvent être utilisées en se servant des châssis ordinaires, ou mieux du nouveau châssis à répétition pour vingt-quatre plaques souples, châssis imaginé par M. Balagny i. A l'aide de cet appareil, on peut emmagasiner, dans une boite peu épaisse, un certain nombre de plaques

1, Bulletin delà Société française de photographie, 1892, p. 4i4.

souples, toutes séparées les unes des autres, et les faire passer alternativement les unes après les autres devant l'objectif. Les plaques qui ont été exposées à la lumière vont prendre place au fond du châssis; on peut, à la Un de la journée, les retirer et les remplacer par de nouvelles surfaces sensibles. Chaque pellicule ou plaque souple est chargée dans une chemise spéciale à rideau ayant environ 2 millimètres d'épaisseur et portant par derrière un numéro, ce qui permet de rechercher et de retrouver immédiatement la plaque que Ton veut développer. Quand une plaque a posé on referme le rideau, puis, après avoir mis en position deux clés qui commandent le châssis, on tire le rideau, et c'est ce mouvement du rideau que M. Balagny a eu l'idée d'utiliser pour faire passer la plaque souple derrière le châssis, de telle sorte que la plaque no 1 vient se mettre dos à dos avec la plaque no 24, la plaque n© 2 dos h dos avec le no 1, et ainsi de suite. Si l'on veut développer ces deux plaques, on ouvre la partie postérieure du chùssis, on enlève les deux plaques posées, et on les remplace par deux autres, aOn que le ch&ssis ne travaille jamais h vide, puisque son mécanisme est fait pour marcher avec une épaisseur donnée ; en cas de manque de plaques, on pourrait remplacer celles-ci dans leur chemises respectives par une feuille de papier. L'épaisseur de ce châssis est la même, 0«»,075, quelle que soit la dimension de la plaque employée.

1180. Séchage des négatifs pelliculaires. — M. Balagny a proposé d'employer le bain suivant qui permet de conserver une certaine souplesse aux négatifs pelliculaires. On fait dissoudre 8 grammes de tannin pur dans 20 c. c. d'alcool, on verso dans ce liquide 1 litre d'eau et on ajoute 50 à 70 c. c. de glycérine. Les négatifs fixés et non alunés sont plongés dans ce bain pendant deux heures : la gélatine absorbe celte solution et prend en même temps de la souplesse et une extrême dureté.

L'inconvénient que présente l'emploi de la glycérine pour les négatifs pelliculaires réside en ce que des taches apparaissent quelquefois sur l'image négative î\ la suite d'un tirage un peu considérable sur papier aux sels d'argent. Si la quantité de glycérine est trop forte, le négatif est toujours humide et pendant le tirage le papier se distend inégalement, ce qui provoque un manque de netteté de l'image ; ce défaut est surtout visible avec les négatifs de grande dimension.

On évite ces insuccès en employant un vernis au borax et à la gomme laque dissous dans l'eau (313) ; on plonge la pellicule dans ce vernis, on la suspend par deux anj?les et on l'abandonne à la dessiccation. La formule suivante donne un très bon vernis pour plaques souples : dans 500 c. e. d'eau bouillante on fait dissoudre 6 grammes de carbonate de soude, 24 grammes de borax et 32 grammes de gomme laque réduite en menus

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