‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 115 sur 176 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sont fermées avec des couvercles en platine, pouvant s'enlever facilement et percés d'un grand nombre de petites ouvertures d'un millimètre de diamètre. Dans l'intérieiu' de ces couvercles on met du coton pour empêcher l'argile de s'échapper par les petites ouvertures. On voit sur-le-champ que l'acide de la partie AB, dès l'instant qu'il réagit sur le liquide du tube B B', prend l'électricité positive, qu'il transmet à la paroi environnante; de même, la paroi du tube B' A' s'empare de l'électricité négative de l'alcali. Pour faciliter celte transmission de l'électricité de l'argile humide au platine, on mêle cette argile avec une quantité plus ou moins considérable de platine en poudre.

Les choses étant ainsi disposées, si l'on fixe des fils de platine aux crochets 1 1! ^ ces fils peuvent servir à transiuettre le courant résultant de la combinaison de l'acide avec l'alcali, dans les solutions que l'on veut soumettre à son action; mais ce n'est pas tout ; on plonge l'extrémité A dans un bocal rempli d'acide nitrique, et l'extrémité A' dans un bocal rempli d'une solution alcaline. L'une et l'autre solution monte dans les tubes recourbés à travers les petites ouvertui'es pratiquées dans les couvercles. Cette disposition nous paraît la plus avantageuse à adopter pour recueillir le plus possible d'électricité dans la combinaison de l'acide avec l'alcali. Quatid l'intensité du courant est diminuée sensiblement, au bout d'un certain temps, par suite de la présence du nitrate de potasse dans l'argile du tube de verre, qui, en cristallisant, lui a enlevé une partie de l'eau qu'elle renfermait, on retire alors le tube et on change l'argile. Inaction du couple devient telle qu'elle était en premier lieu.

Si l'on considère cet appareil comme formant un seul couple, et que l'on en réunisse plusieurs semblables pour former une pile, de manièi'e que la branchequi renferme l'alcali communi(|ue, au moyen d'un fil de platine, avec la branche qui renferme l'acide dans un autre couple, et ainsi de suite, on arrive à former une pile dont l'action

ai 8 DE LA. PILE A COURANT CONSTANT.

ne varie pas sensiblement dans l'espace de 24 liPnres, et qui j)eiit servit' à opi-rer des décompositions cliimi(jiies. Avant de donner les résultats (jue nous avons obtenus avec cette pile, nous allons lapporter les expériences que nous avons faites avec rapj)areil simple à tube de platine. Les deux fils conducteurs de cet appared ont été mis en communication avec les deux bouts libres des deux bélices de la balance éleclro-cbimique. Il a fallu, pour maintenir l'équilibre, employer un poids deo»',oo85. Un galvanomètre à fil court, placé dans le circuit, a donné une déviation de 'jq°. Tiois couples voltaicpies ordinaires ont donné, pour l'évaluation en poids de l'intensité du courant :

NOMDRE

de couples.

INTENSITK

du

courant exprimée en poids.

DÉVIATION

correspondante du

multiplicateur.

Un couple

Deut couples

Trois couples

ô'oOi

O.OOi . . . .

On voit sur-le-champ (pie le couple construit avec les cylindres de ])latiiie donne un courant double en intensité de celui cpie l'on obtient avec l'un des conj)les de l'ancien système, et un courant qui est à celui de trois coiq)Ies dans le rap|)ort de l\ à 3. Ce résultat est important à noter jjour les effets électro-cbimiqiies.

1254. Voyons les effets obtenus avec une pile fonnée avec quatre couples du nouveau svsièmeet fonctio?inant depuis quinze jours, dans le circuit de laquelle est placé un multiplicateurà fil court : à l'insfantoù les communications ont été établies, on a eu une dévi;ition dey(3'*,5o; une demi-beureaprès, la déviation était de '76 relie n'avaitdonc perdu qu'un demi-degré; mais en interrompant la com-

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miinicntion pendant cinq minutes, l'aigiiilîe est revenue à 'y(3°,5o. Crlte expérience, lépélée trois Iieiii'es après, a donné, comme la première fois, yb^So ; ensuite elle n'a plus varié pendant if\ heures. Otte légère difiérence oh* tenue dans les premiers instants, est due à l'action de l'acide et de l'alcali sur les corps étrangers adhérents aux lames de platine.

Ce résultat, c'est-à-dire, cette permanence dans l'intensité du courant, nous annonce un fait assez important, c'est que les sinfaces de platine ne se polarisent pas sensihiement dans les circonstances où nous opérons.

Il est facile de se rendre compte de l'effet sensiblement constant de cet appareil : on sait que les lames métaHi{jnes décomposantes faisant partie d'un circuit voltaïque, et plongeant dans une solution, se polarisent de manière à produire un courant dirigé en sens inverse du premier. La polarisation de chacune de ces lames consiste dans le dépôt des éléments transportés sur sa surface par le courant, et dont la nature dépend rie la position de cette lame par rapport aux extrémités de la pile. Tant que ces éléments lestent en contact avec la lame, il y a un courant tlirigé en sens contraire du courant primitif; mais si la substance est entourée d'un licpiide qui ait une forte affinité pour elle, elle se combine avec lui et la lame est aussitôt dépolarisée. C'est précisément ce qui arrive dans les différents éléments de la pile que nous décrivons; la lame de {;ha(jue couple qui plonge dans l'acide étant le pôle négatif, attire Talcali du sel marin et du nitrate de potasse foi nié, lequel se combine immédiatement avec l'acide environnant. De même, l'acide du se! marin et celui du nitrate de potasse est transporté sur la lame posilive et se combine avec l'alcali environnant. Il n'existe donc pas, à proprement parlei", de polarisation ; aussi il n'y a pas de raison pour que la pile éprouve des variations tant que la cond)inaison de l'acide avec Talcali, par l'intermédiaire du tube recourbé, s'effectue d'une manière lerite et régulière.

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